Le comité de candidature Montréal 2006

Personnalité de l’année 2001

Yves Lafontaine
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En 1997, lorsque Sydney a été choisi comme ville hôtesse des Jeux Gais de 2002, la déception fut grande à Montréal. Beaucoup d’efforts avaient été consacrés pour sensibiliser les communautés gaie, lesbienne et hétérosexuelle d’ici, les gouvernements, les fédérations et associations sportives, de même que les médias du bien fondé de cette démarche, et beaucoup de temps, aussi, à courtiser les votes des membres de la Fédération des Jeux Gais. Plusieurs personnes avaient donc la défaite amère. Et on a craint, un moment, que cette belle et surprenante collaboration de tous les intervenants n’ait pas de suites. Deux ans plus tard, une poignée d’hommes et de femmes ont heureusement repris le flambeau et se sont attelés à la tâche pour convaincre tout le monde, ici et ailleurs, que le meilleur choix pour 2006 ne pouvait être que Montréal. La mission a été accomplie avec succès et la métropole québécoise sera l’hôte des 7e Jeux Gais. Pour souligner cet accomplissement, nous avons donc porté notre choix, comme personnalité de l’année 2001, sur le Comité de candidature Montréal 2006. Les rencontres préliminaires, qui vont mener à la création de Montréal 2006, remontent à octobre 1999. À cette époque, une quarantaine de groupes communautaires sont consultés afin d’évaluer la pertinence de se lancer une seconde fois dans l’aventure et poser la candidature de Montréal pour devenir l’hôtesse des prochains Jeux Gais. De ces rencontres, ressort une volonté de la part de tous les organismes de s’impliquer dans l’organisation des Jeux Gais de 2006.

Certaines personnes (Nicolas Pomerleau, Charles Boyer et Robert Champoux, entre autres), font clairement ressortir l’importance de retrouver, dans le nouveau comité de mise en candidature, des personnes de Tourisme Montréal, de Divers/Cité et de la Fondation BBCM. Ils sont convaincus que le réseau de contacts et la synergie des efforts marketing de ces trois organismes ne peut que bénéficier à la candidature de Montréal et augmenter ses chances de succès. Ils ont raison, par les campagnes de promotions qu’ils font ici et à l’étranger, ces trois organismes sont les principaux acteurs qui façonnent l’image touristique gaie de Montréal.

Robert Vézina, président fondateur de la Fondation BBCM et Louise Roy, alors directrice Marketing pour Divers/Cité, se rendent à l’Assemblée générale annuelle de la Fédération des Jeux Gais qui se tient à Berlin, à la fin de 1999. À leur retour, ils acceptent la co-présidence du comité et le conseil d’administration de la nouvelle corporation se forme, en janvier 2000. Il compte neuf personnes issues de milieux différents, dont quatre femmes et cinq hommes. Outre les co-présidents, ce conseil est composé de Jean-Vianney Jutras, qui fut directeur du Service des loisirs, des parcs et du développement communautaire de la Ville de Montréal et qui a occupé le poste de directeur général du comité organisateur des Jeux du Québec; Johanne Roy, qui est réalisatrice et recherchiste, a réalisé plusieurs reportages sportifs; Philippe Colas, administrateur de carrière et sportif amateur; Marie-Josée Malo, une architecte et entrepreneure en construction; Carole Guérin, qui est active au sein de la communauté gaie et lesbienne du Québec depuis 15 ans; Paul Uline, fondateur et président de Maestro Plus, une entreprise spécialisée dans l’organisation d’événements à Montréal; et Jean-François Perrier, gestionnaire du dossier relatif à la communauté gaie et lesbienne à Tourisme Montréal.

Au début de 2001, l’athlète olympique Mark Tewksbury et la femme d’affaires Lucie Duguay se joignent également à l’équipe en tant que co-présidents d’honneur. Leur présence ne sera pas qu’accessoire, c’est d’ailleurs eux qui ont fait la présentation officielle de la candidature de Montréal devant les membres votants de la Fédération, en novembre dernier.

L’élaboration d’un excellent cahier de candidature, visuellement très attrayant et bourré d’informations fort pertinentes, fut l’une des premières tâches que le comité a accompli, après avoir entamé les discussions avec les nombreux partenaires politiques, sportifs, communautaires, culturels et financiers dont la collaboration était essentielle.

Ce cahier de candidature, et la campagne de marketing sans fausses notes, qui a suivi, visait à démontrer que Montréal était non seulement prête pour les jeux, mais quelle était le choix idéal : tant par sa situation géographique, que par sa population réellement cosmopolite; sa communauté gaie et lesbienne qui bénéficie d’un nombre important d’établissements s’adressant spécifiquement à elle; la reconnaissance très étendue des droits et libertés; la tenue des événements gais mondialement reconnus; la présence d’importantes équipes sportives qui organisent régulièrement des tournois; une expertise sportive reconnue dans l’organisation d’événements internationaux; le coût de la vie très bas et une qualité de la vie très élevée; du sentiment de sécurité qu’on ressent jour et nuit; et du fait qu’il s’agit d’une métropole internationale et d’une ville qui connaît un essor important.

On l’a déjà dit et on le redira encore souvent, la tenue à Montréal des Jeux de 2006 aura des retombées économiques importantes. Tourisme Montréal les estime à 150 millions $ pour la seule région métropolitaine. Mais on ne saurait limiter la tenue à Montréal de ce grand événement à la seule dimension de levier touristique. Ces jeux auront également un impact social important et contribueront au développement d’une conscience collective et à la visibilité des communauté gaie et lesbienne, ici et ailleurs.

La belle unanimité, qui règne quant à la candidature de Montréal pour les Jeux gais de 2006, est, espérons-le, un bel exemple de ce qui pourrait devenir la norme. Visiblement, le comité de candidature a su bien s’entourer et convaincre les intervenants politiques de l’importance pour eux de s’impliquer financièrement dans les Jeux gais, ce qui n’a pas dû être une mince tâche.

Un bon bout de chemin a été traversé, mais le plus important reste à venir. Le nouveau comité qui prendra forme, en janvier 2002, aura pour responsabilité de mettre sur pied et de mener à bien l’un des plus importants événements internationaux à se tenir à Montréal et au Québec. Le succès de "Rendez vous 2006" pourrait changer le monde de plus d’une manière, en commençant par l’implication énorme d’une communauté vers qui tous les yeux seront dirigés.