Homosexuels égyptiens emprisonnés

Le dossier ne sera pas oublié

André-Constantin Passiour
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À la suite de la condamnation de 23 hommes égyptiens par un tribunal d'exception pour mépris de la religion islamique (un euphémisme pour désigner l'homosexualité), les gais et lesbiennes d'Amnistie Internationale (à Montréal) veulent poursuivre leurs démarches, surtout que la police égyptienne a effectué d’autres arrestations depuis. Ainsi, dans une localité proche d'Alexandrie, huit hommes ont été écroués par la police le 22 janvier dernier. Le journal indépendant Al Wafd (tel que cité par le site Web uk.gay.com) rapporte que ces hommes ont été arrêtés lors d'un raid dans un appartement de la ville de Damanhour. Ces huit hommes auraient été retrouvés dans des "positions sexuelles diverses", maquillés et habillés en chemises de nuit. Ils ont été accusés de "pratique de la débauche". Le procureur chargé de l'affaire, Yasyn Zaghloul, a également demandé un examen médical (rectal) des accusés.

Cela fait suite à l'arrestation de quatre autres hommes, le 10 novembre 2001, par la police du Caire, et dont le procès a débuté fin janvier. Ainsi, en moins d'un an, les policiers égyptiens ont arrêté pas moins de 64 personnes soupçonnées d'homosexualité. Mais ça, ce sont les cas médiatisés.

Le 10 décembre dernier, ils étaient une quarantaine environ à manifester silencieusement devant la Place Ville-Marie où loge le consulat d'Égypte. Le Réseau de soutien des droits des lesbiennes et gais d'Amnistie Internationale avait organisé cette vigile pour protester contre le gouvernement égyptien qui a traîné dans la boue 52 hommes qu'il soupçonnait d'actes homosexuels. Après un procès très médiatisé, 23 hommes avaient été reconnus coupables, dont un mineur de 16 ans, et condamnés à des peines de prison et aux travaux forcés.
"On ne veut pas laisser tomber le dossier et oublier les Égyptiens gais emprisonnés. On veut assurément rencontrer le consul d'Égypte et lui remettre une déclaration signée. On veut continuer les pressions sur les autorités", a indiqué un porte-parole du groupe d'Amnistie, Jorge Flores. Ce réseau d'Amnistie a créé une large coalition comprenant, entre autres, la Table de concertation des gais et lesbiennes du Québec, le GRIS, Jeunesse Lambda et l'ALGI, afin d'intervenir plus efficacement dans ce dossier.

On se souviendra aussi qu'à l'initiative du secrétaire d'État à l'Accueil et à l'intégration des immigrants, André Boulerice, l'Assemblée nationale du Québec avait adopté, à l'unanimité, une motion d'appui aux gais égyptiens, le 20 novembre 2001. Quelques jours plus tard, c'était au Conseil de l'Europe d'en faire autant, tandis que le député néo-démocrate Svend Robinson avait lancé le bal, plus tôt à l'automne, pour que le ministre des Affaires extérieures de l'époque, John Manley, exerce des pressions moins discrètes sur le gouvernement égyptien.
Il faut se rappeler qu'en Égypte, même s'il n'y a pas de loi civile interdisant l'homosexualité, la Charia (loi islamique qui dérive du Coran), elle, sanctionne tout acte homosexuel dans ce pays majoritairement musulman.
Pour plus d'infos, on peut joindre Amnistie International au (514) 766-9766.