Maman et lesbienne

Claudine Metcalfe
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Il y a quelques années, maman et lesbienne étaient deux mots qui n’allaient pas bien ensemble. Depuis cinq ans, la notion de mère-lesbienne connaît un essor incroyable, et bien que la situation ne soit ni claire ni facile, un nombre important de lesbiennes en couple ou célibataires veulent avoir un ou des enfants. Il ne se passe pas une semaine sans que des dizaines de lesbiennes ne fassent appel aux «ressources communautaires» pour avoir de l’information sur la maternité lesbienne et l’insémination. Peu de personnes dites ressources savent quoi leur répondre pour les aider, même au CLSC ou dans les cliniques du Village, plutôt spécialisées en MTS et sida. Imaginez l’ignorance dans les cliniques en région ou les CLSC de banlieue! Les lesbiennes se retournent alors vers les ressources communautaires qui font un travail de terrain en démystification et information. À l’Association des mères lesbiennes, organisation modeste de femmes ayant la maternité lesbienne à cœur et regroupant des centaines de membres, la majorité des demandes qui sont acheminées sont reliées à l’insémination. Comme il n’existe pas beaucoup d’informations, écoute, explications, groupes de discussions, soutien et renseignements sont au menu des premières rencontres. «Nous avons fait un fascicule qui explique les méthodes, la façon de procéder, et nous abordons même les questions légales», explique Mona, de l’Association des mères lesbiennes. Si l’Association des obstétriciens-gynécologues du Québec commence à être sensible à la question, au Collège des médecins, on se sait pas quoi répondre à une lesbienne qui demande de l’information. C’est pourquoi l’Association des mères lesbiennes a reçu le mandat de rencontrer les médecins afin de démystifier le désir de maternité chez la lesbienne. Le comité de sensibilisation rencontre ainsi les diverses cliniques de fertilité au Québec, soit à Montréal, Sherbrooke et Québec.