Au secondaire et au cégep

Les garçons, toujours les plus mal à l’aise face à l’homosexualité

Caroline Lavigne
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Moins du tiers des garçons seraient à l’aise s’ils apprenaient que leur meilleur ami est gai comparativement à plus de 75% des filles. Voilà l’une des nombreuses conclusions qui ressortent d’une recherche réalisée durant l’année scolaire 1998-1999 par le GRIS-Montréal (Groupe de recherche et d’intervention sociale gaies et lesbiennes) auprès de plus de 600 élèves de niveaux secondaire et collégial de la grande région de Montréal. Dans cette recherche, toutes les données démontrent clairement que les jeunes, garçons et filles confondus, seraient toujours plus mal à l’aise d’apprendre qu’un(e) ami(e) de leur propre sexe est homosexuel(le). De plus, la recherche vient confirmer le principe qui se trouve à la base des interventions du GRIS-Montréal en montrant que plus les jeunes connaissent de gais et de lesbiennes, plus ils se sentent bien avec eux. Et pour nombre d’entre eux, les intervenants du GRIS-Montréal sont les premiers gais et lesbiennes qu’ils voient en chair et en os et à qui ils peuvent poser toutes leurs questions.
Le GRIS-Montréal est un organisme qui œuvre depuis plusieurs années, principalement en milieu scolaire, afin de démystifier l’homosexualité. Les interventions du GRIS-Montréal sont faites en utilisant la méthode dite «par les pairs», c’est-à-dire par des lesbiennes et des gais qui viennent eux-mêmes raconter les différentes étapes de leur propre affirmation homosexuelle en répondant aux questions des élèves.
Chaque intervention du GRIS-Montréal est précédée d’un premier questionnaire qui évalue le niveau de bien-être des élèves face à une série de situations où ils auraient à être en relation avec une personne homosexuelle (travail scolaire, activité sociale, amitié, famille, etc.). Ce questionnaire permet de tracer un portrait représentatif de leur perception de l’homosexualité AVANT qu’un gai et une lesbienne ne soient venus leur parler en classe. Un deuxième questionnaire, composé des mêmes questions et rempli après chaque intervention, permet d’évaluer l’évolution du niveau du bien-être des élèves face aux mêmes situations APRÈS qu’ils aient eu l’occasion de parler à au moins un gai et une lesbienne.
En complément aux nombreuses données regroupées par le GRIS-Montréal, le rapport de recherche 1998-1999 dévoile plusieurs informations concernant le profil des répondants. Deux fois plus de filles (432) que de garçons (208) ont répondu aux questionnaires, en raison notamment de leur plus grande présence au niveau collégial. Chez les garçons comme chez les filles, seulement 1,4% des répondant(e)s ont voulu inscrire sur leur questionnaire qu’ils (elles) sont attiré(e)s par les personnes de leur propre sexe. Un même pourcentage de garçons se sont dits attirés par les deux sexes, tout comme 3,5% des filles.
Le GRIS-Montréal, tél. : (514) 590-0016

Avant l’intervention
Apprendre par mon meilleur ami qu’il est
gai (homosexuel), je serais :
Hommes : à l’aise (32,2%) / mal à l’aise (48,1%)
Femmes : à l’aise (75,7%) / mal à l’aise (11,1%)

Apprendre par ma meilleure amie qu’elle est
lesbienne (homosexuelle), je serais :
Hommes : à l’aise (49%) / mal à l’aise (26,4%)
Femmes : à l’aise (52,3%) / mal à l’aise (32,4%)

Après l’intervention
Apprendre par mon meilleur ami qu’il est
gai (homosexuel), je serais maintenant :
Hommes : à l’aise (42,3%) / mal à l’aise (30,8%)
Femmes : à l’aise (87%) / mal à l’aise (3,7%)

Apprendre par ma meilleure amie qu’elle est
lesbienne (homosexuelle), je serais maintenant :
Hommes : à l’aise (57,7%) / mal à l’aise (17,8%)
Femmes : à l’aise (72,5%) / mal à l’aise (15%)