Atelier Science et santé gaie et lesbienne.

Cohorte Omega
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Les questions qui orientaient les discussions étaient : Où en sommes-nous avec la santé gaie et lesbienne? Les orientations ministérielles ont-elle été appliquées ? Quels sont les enjeux pour les gais et lesbiennes en matière de santé ? Santé gaie
Les thèmes discutés pour ce qui est des besoins spécifiques à la santé des hommes gais étaient : le suicide, les jeunes, l’adaptation des services sociaux et de santé pour les hommes gais et vieillir gai.

À propos du suicide, plusieurs données de la Cohorte Oméga ont été discutés. Par exemple, 71% des participants de la cohorte ont déjà eu des idéations ou des tentatives suicidaires. Cette donnée contraste fortement avec les 4,5% des hommes québécois en général qui sont dans la même situation (parmi les 15-24 ans selon Santé Québec, 1992-93). Par ailleurs les données semblent indiquer que la période la plus critique pour les hommes gais se situe autour de la période où débute le processus de « coming out ».

Cette discussion a conduit à parler des jeunes hommes gais et de la prépondérance de la détresse psychologique et du décrochage parmi ceux-ci. À ce titre, l’expérience du Projet 10 a apporté des exemples concrets qui démontrent la vulnérabilité des jeunes dans le processus de sortie. Par ailleurs, encore aujourd’hui, nombreux sont ceux qui subissent différentes formes de violences à l’école (ex : taxage, insultes/sarcasmes, agressions). On a également souligné l’importance de proposer aux jeunes des modèles positifs d’hommes gais plus âgés entre autres dans les médias de la communauté. Ce faisant, on croit pouvoir influencer leur volonté de vivre longtemps et de prendre leur santé en main.

Au niveau de l’implication du gouvernement du Québec face à ces enjeux, les participants ont constaté l’inertie du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec depuis quelques années même si ce dernier publiait en 1997 un document intitulé : L’adaptation des services sociaux et de santé aux réalités homosexuelles : orientations ministérielles. On déplore entre autres que personne ne soit présentement porteur de ce dossier au ministère de même que dans la plupart des régies régionales au Québec.

Sur le thème Vieillir gai, les participants dénoncent le peu de services disponibles actuellement à l’intention des hommes gais plus âgés. On a également souligné le manque de connaissances sur leurs besoins spécifiques en matière de santé. Par ailleurs, afin de sensibiliser les communautés à leurs besoins et à inciter les gais plus âgés à utiliser les services existants, les participants souhaitent des actions concrètes comme par exemple une campagne de marketing social sur le thème « vieillir gai et en santé ».

Voici les recommandations retenues par l’atelier :

Recommandations :

- Que la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Québec

¸ Crée un comité santé gaie et lesbienne

- Que le ministère de la Santé et des Services sociaux, dans le dossier de l’adaptation des services sociaux et de santé aux réalités homosexuelles :

¸ Nomme un porteur de dossier provincial pour assurer un suivi des orientations ministérielles;

¸ Nomme un porteur de dossier dans chacune des Régies régionales de la santé;

¸ Développe un budget pour soutenir l’application des orientations ministérielles;

¸ Mette en place un comité de suivi des orientations en incluant l’expertise des réseaux communautaires;

Et par ailleurs :

¸ Mette à jour les connaissances à partir des recherches réalisées (e.g. co-facteurs de risques, suicide) au cours des dernières années et soutienne des recherches complémentaires;

¸ Maintienne les budgets VIH/Sida et les programmes s’adressant aux gais;

¸ Développe (et finance) une expertise spécifique par des projets pilotes répondants aux besoins des gais;

¸ Finance la recherche afin d’approfondir les connaissances sur l’impact des habitudes de vie sur la santé physique et mentale des gais (ex : tabac, alcool, drogues, lieux de rencontres et de socialisation);

Quant au suicide

¸ Crée un comité interministériel MEQ-MSSS sur la prévention du suicide en milieu scolaire;

¸ Révise la Stratégie québécoise d’action face au suicide pour y inclure les populations homosexuelles;

¸ Soutienne financièrement la réalisation d’une campagne de sensibilisation visant à éliminer l’homophobie et l’hétérosexisme à l’intérieur du réseau scolaire québécois;

¸ Soutienne les initiatives visant les interventions lors du « coming-out » dans l’ensemble des régions du Québec;

Quant aux Jeunes

¸ Développe les infrastructures d’accueil pour les jeunes gais et lesbiennes et soutienne les associations étudiantes qui répondent à leurs besoins;

¸ Valorise des modèles gais et lesbiennes plus diversifiés;

¸ Voit à l’intégration des jeunes marginalisés à l’intérieur de nos communautés (ex : sans-abris, UDI, prostitués);

Quant à la problématique de vieillir gai

¸ Promouvoit la recherche pour documenter les besoins spécifiques des hommes gais plus âgés;

¸ Favorise les contacts intergénérationnels;

¸ Crée une campagne de marketing social sur le thème de vieillir gai;

¸ Adapte des services (ex : hébergement) aux réalités des hommes gais plus âgés;


Santé lesbienne

L'histoire des revendications relatives à la santé des lesbiennes remonte à 1979. On peut dire que jusqu'à maintenant elles ont été complètement ignorées par le gouvernement.

En 1993 les lesbiennes ont présenté, aux audiences publiques de la Commission des droits de la personne du Québec, plusieurs mémoires sur la discrimination en santé. Ces audiences ont conduit au rapport "De l'illégalité à l'égalité" suite à quoi le ministère de la Santé et des Services sociaux mit sur pied un comité qui publia ses recommandations en 1997 dans un rapport intitulé "Orientations ministérielles: l'adaptation des services sociaux et de santé aux réalités homosexuelles". Ce rapport est resté lettre morte. C'en est au point que n'aboutissent même pas les demandes des groupes communautaires lesbiennes et gais pour que soit simplement nommé un responsable pour voir à l'implantation des recommandations du rapport! Tout reste donc à faire.

L'atelier de la santé lesbienne propose des recommandations spécifiques en rapport avec les Orientations ministérielles, et le déborde largement. Les voici :

Recommandations :

- Il est recommandé que le ministère de la Santé et des Services sociaux :

Quant à l’Adaptation des services de Santé et des Services sociaux :

ÿ exige que les professionnels de la santé du réseau et en pratique privée suivent le programme de formation: Pour une nouvelle vision de l’homosexualité, à travers le Québec.
ÿ établisse un volet de sensibilisation obligatoire dans tous les programmes de formation: CEGEP, Universités, etc.
ÿ subventionne adéquatement les organismes et groupes de femmes pour qu'elles puissent intégrer à leurs pratiques une expertise visant à accueillir et répondre aux besoins des lesbiennes.
ÿ subventionne une recherche sur les réalités et les besoins des lesbiennes en matière de suicide, consommation de drogue et alcool, détresse psychologique, violence conjugale et MTS-SIDA.

Quant au vieillissement :

ÿ finance le projet de ligne de dépannage pour les lesbiennes âgées, les lesbiennes malades (santé physique et mentale) de tout âge, lesbiennes handicapées présenté par le Réseau des lesbiennes du Québec avec des infrastructures offrant des services.
ÿ finance le RLQ pour réaliser une recherche sur l'intégration des lesbiennes âgées dans les Centres d'accueil.
ÿ soit innovateur en créant et finançant une maison pour les jeunes lesbiennes jumelée à un Centre d'hébergement pour lesbiennes âgées.

Quant à la jeunesse :
ÿ subventionne des recherches sur les jeunes lesbiennes et bisexuelles (âgées de 14 - 25 ans) et que les données recueillies servent à élaborer des modèles d'intentions propres à cette clientèle et à ses dynamiques multiples.
ÿ subventionne des services de soutien spécifiques pour les jeunes lesbiennes et bisexuelles âgées de 14 à 25 ans à l'intérieur du réseau communautaire et de la santé et des Services sociaux.

Quant au mode de financement :
ÿ que tous les argents affectés à la santé gaie et lesbienne soit répartis dans une proportion égale de 50% - 50% entre les gais et les lesbiennes.
ÿ qu'une lesbienne porte les recommandations lesbiennes aux instances gouvernementales.

Quant aux communautés culturelles :

que le ministère subventionne une recherche sur les paliers de discriminations multiples vécues par les lesbiennes des communautés culturelles.