Souvenirs de vacances...

Old dutch

Mado Lamotte
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Les jambes ouvertes devant toi Seigneur pour t’offrir mon ventre... C’est comme ça que mon aventure en Hollande a commencé et c’est comme ça qu’elle s’est terminée. Pensez-vous que j’étais pour passer à côté d’une occasion pareille. Viarge, j’étais au pays du pot et du sexe en liberté. Pas plus cave qu’une autre, j’en ai profité à 100 miles à l’heure! Et laissez-moi vous dire qu’après une semaine de débauche totale j’avais quasiment passé tout ce qu’il y avait de baisable en Hollande!

C’est pas mêlant, j’avais l’air d’une nymphomane lâchée lousse dans un camp de nudistes. Moi qui pensais me reposer, je suis revenue chez nous complètement épuisée avec la plotte à terre ben raide. Mais quel beau pays mes enfants! Après une fin de semaine à ne plus savoir où donner de la tête dans l’enfer d’Amsterdam, je suis partie à la conquête des champs de tulipes de la Hollande. Je sais que vous en avez rien à foutre de mes souvenirs de voyage et que vous mourrez plutôt d’envie que je vous raconte dans les moindres détails mes partys de jambes en l’air, mais sachant qu’il y a des adolescents qui me lisent, j’hésite à partager avec vous mes péripéties de guidoune vagabonde. Ah pis fuck la jeunesse! Les diaporamas ennuyants je laisse ça aux Grands Explorateurs et de toute façon asteur on trouve quasiment des condoms dans les toilettes de maternelles et mes histoires de cul sont sûrement moins scandaleuses que les débilités mentales de Jerry Springer. Ma première soirée de débauche s’est déroulée dans un bar de cuirettes d’Amsterdam, le Cockring, un nom tout prédestiné à mon libertinage. Ca faisait pas quinze minutes que j’avais pénétré dans la place qu’un géant de 6 pieds 8 tout de latex vêtu ( plus grand les Hollandais viarge, j’avais l’air d’un Schtroumpf à côté d’eux! ) m’a invité gentiment à l’accompagner dans un darkroom où il faisait plus noir que dans une mine de charbon. Une chance que je l’avais vu avant parce qu’il aurait pu peser 750 livres avec des boutons tout le tour de la bouche que je n’aurais jamais rien vu. Plus noir viarge! Et je vous dis que ça prend pas un aveugle pour comprendre que l’engin que je tenais entre mes mains était sûrement proportionnel à la longueur de ses pieds. Tabaslack, cossé tu veux que je fasse avec cette patente à gosses-là. C’est pas de valeur viarge, je savais même pas si c’est sa jambe ou son membre que j’allais m’envoyer dans le fond de la gorge. Pis quand ça shoote, tasse-toé de d’là si tu veux pas te faire crever un oeil! J’vous dis que je m’ennuyais des p’tites bizounes de mes beaux latinos de l’Exotica. Après une demi-heure de cabrioles et de contorsions dignes des jumelles Steben, mon colosse est retourné dans son moulin et moi je me suis rendue direct au bar pour me gargariser de cognac à 15 piastres la shot. A ce prix-là, j’ai compris pourquoi y’a presque pas d’alcooliques en Hollande. Anyway, le monde est ben trop stoned pour penser à se saouler la gueule. Par contre, ils ont une version assez rigolote de notre traditionnel popper. Pour environ 5$, tu peux acheter une balloune gonflée au gaz hilarant que tu aspires tranquillement et là, tu ris et tu trippes comme une folle sur la piste de danse au son de la musique de Cher et de Britney Spears. Et je vous dis qu’il faut vraiment être frosté ben raide pour aimer c’te maudite musique alliénante-là. “Do you believe in life after love, after love, after love, after love,after love...” Criss, a vas-tu la farmer sa boîte le paquet d’os shooté au collagène! Mais doux Jésus que j’ai ri de voir les grosses Gap Queen américaines sucer leur balloune comme un bébé veau qui tète les totons de sa mère. Pathétique darling. Plus ridicule que ça tu meurs! C’est là que le cognac et le décalage horaire ont commencé à faire effet et je vous dis que j’ai pas eu besoin de sucer d’la balloune pour me ramasser toute nue, les boules à l’air, en criant comme une Marie-Chantal Poutine, “Regardez-moi dans les yeux” à qui voulait l’entendre. Je sais pas comment je suis rentrée à mon hôtel mais tout ce que je sais c’est que je ne me suis pas réveillée dans ma chambre et que mes fausses valises Gucci étaient déjà rendue à la réception car ça faisait un bon moment que j’avais manqué le “check out at 11:00”. Affamée et crottée comme un quéteux du parc Berri, j’ai pris le premier train pour Haarlem, un petit village adorable à une trentaine de kilomètres d’Amsterdam. Chanceuse comme toujours, je me suis retrouvée tassée entre deux vélos et un pousse-pousse de bébé qu’y’a braillé tout le long de la “ride”, assise en face d’une grosse hollandaise de 7 pieds 14 aussi sexy que Jean-Marc Parent et d’une espèce d’imitation cheap d’Elvis Gratton au cheveux gommés à la margarine, les favoris jusque dans le cou, les dents jaune pisse avec l’haleine de crottes de fromage Gouda, les lunettes de Gino Camaro, la chemise en rayonne hawaïenne avec le col en pointes de pizza à 4$ ( la pizza à 99¢ en Hollande ça n’existe pas ) pis le gros médaillon jammé dans le poil shaggy de sa quadruple bédaine d’Heinekken qui déborde d’un pantalon en satin bleu poudre à pattes de mammouth qui reposait sur une splendide paire de bottillons en crocodile à studs chromés. Chic, vous dites? Crissement laite, je vous répondrai! Comme un malheur en attire un autre, dans ma hâte de partir d’Amsterdam, j’ai oublié d’acheter un billet de train et quand le contrôleur est arrivé ben j’ai été obligée de faire l’épaisse de touriste qui comprend rien en faisant semblant de chercher mon ticket dans ma fausse sacoche Versace. Ca pas été long que je me suis ramassée dans sa cabine à payer mon voyage en nature. Encore une fois mes belles fesses et mes petits totons m’ont sauvée d’un séjour en prison. Arrivée à destination, je suis restée béate d’admiration devant le charme et la beauté d’Haarlem. “Mais c’est donc ben cute icitte” me suis-je exclamée. “On dirait St-Sauveur” Ca faisait pas deux minutes que j’étais descendue du train qu’une gang de jeunes moumounes complètement saoules s’est pitchée sur moi, une tulipe à la main, pour me souhaiter la bienvenue dans leur beau village. Aye, il était même pas midi et ils étaient déjà packetés. Ca c’est mon genre de place! J’ai passé la journée avec eux à flâner le long des canaux, à admirer les jolies maisons de poupées en mangeant des genres de hot-dogs au pâté chinois et en buvant du schnapps à la réglisse et à garocher des peanuts aux 250 000 canards ( c’est comme les pigeons chez nous, y’en a partout ) et à niaiser les touristes qui nous demandaient des informations. Naturellement, cette journée de jeux folâtres n’aurait pas été complète sans la traditionnelle partouse dans les jardins de la Reine Béatrix. Je me suis encore réveillée avec un mal de bloc chez quelqu’un que je ne connais pas ( après ça j’me demande pourquoi ma soeur passe son temps à m’appeler Marie Couche-toi là ) et après un petit déjeuner infect typiquement hollandais de pain noir, de confitures d’oignons et de balloné rose fluo, j’ai poursuivi ma route, à vélo, vers la prochaine destination de mon odyssée extraordinaire, à travers les champs fleuris où se côtoient aisément moutons, vaches et chevaux aux pieds des moulins à vent et au milieu des millions de tulipes aux couleurs multiples. Le bonheur total. Mais une semaine mes amours, c’est court pour profiter au maximum des splendeurs de ce pays magnifique où même la Reine se promène à vélo. En terminant, tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y rien comme un bon trip de cul pour vraiment goûter à la saveur locale et pour faire partie des habitudes quotidiennes des habitants d’un pays inconnu qui ne demandent pas mieux que de partager leur culture avec la nôtre.
Le mois prochain je vous emmène au Danemark, le pays des beaux blonds et du fromage en canne.
P.S. Voulez-vous ben me dire ce qui s’est passé pendant mon absence. C’est quoi ce débat niaiseux sur la couleur de la margarine? Qu’ils légalisent donc le pot au lieu de nous faire encore passer pour un peuple d’attardés!
petit rappel : Céline prend sa retraite dans 6 mois. YES !
madoaarobas.net
www.mado.qc.ca

 

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Publié le 01 juillet 1999

par Mado Lamotte