La bitch

Les héros de mon enfance

Mado Lamotte
Commentaires
Cette année Barbie fête ses 40 ans ( et elle n’a même pas une ride la chienne ) et je revois défiler en mémoire les plus grands héros de ma jeunesse qui , étrangement, sont presque toutes des héroïnes, ce qui a sûrement grandement influencé la jeune femme forte et fatale que je suis devenue aujourd’hui.

De Candy à Minifée en passant par Fanfreluche et Bobinette pour ne jurer par la suite que par les Charlie’s Angels, Wonder Woman et la Femme Bionique, est-il vraiment possible que ces jeunes demi-déesses aient transformé ma vie ?
Seules ombres à ce tableau presqu’exclusivement féminin, le grand Goldorak et le beau Albator, qui ont contribué plus d’une fois au réveil de ma chatte endormie en ces beaux samedis matins de mon adolescence virginale. Viarge que j’en ai taché des coussins en macramé de ma pauvre mère qui croyait à chaque fois à mon histoire de verrre de lait renversé. ( fallait bien que je camoufle mon crime indécent par un quelconque stratagème ) Ca pourra jamais battre toutes les fois où je lui faisais changer mes draps sous prétexte qu’ils étaient trempés des sueurs de mes cauchemards de jeune alcoolique en devenir, alors que je m’empressais d’envoyer tous mes vêtements et serviettes en ratine rose dans les remous d’eau bouillante de la machine à laver qui, j’espérais de tout coeur, me débarrasserait de ces petits êtres indésirables que je devais faire disparaitre en toute urgence à double dose de Kwellada. Maudites bibittes pas fines. T’as beau être la fille la plus propre au monde mais c’est immanquable, tu te réveilles un beau matin avec une horde de p’tis monstres microscopiques qui s’accrochent comme la misère su’l pauvre monde après tes jeunes poils pubiens pour essayer de te vider de tout ton sang micro goutte par micro goutte. Ah ouach, juste d’en parler ça commence à me gratter partout.
Je disais donc que si je me tourne vers le passé et que je pense à ces femmes fabuleuses qui ont exercé un pouvoir de séduction sur ma jeune personne, je réalise, fort heureusement, que je n’ai aujourd’hui absolument rien d’une Sailor Moon qui cherche à rétablir l’ordre et la justice. Au contraire, je suis plutôt devenue l’opposé, prisant davantage le désordre et l’anarchie. C’est drôle quand même, avez-vous remarqué que la plupart des personnages pour enfants évoluaient tous dans le même sens; tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Sauf peut-être cette coquine de Véronica qui ne reculait devant rien pour empêcher la jolie Betty de gagner le coeur du beau Archie et cette maudite pas fine de Nellie Oleson qui en a fait baver plus d’une fois à cette pauvre Laura.
Dans le fond je dois admettre que les méchancetés de Nellie me rendaient fort heureuse parce que, entre vous et moi, y’avait pas plus tache que Laura Ingalls.
Mais mautadine que j’en ai braillé une shot avec mon père ( un homme sensible ) devant les malheurs de Candy et les douleurs de Démetan. Comme quoi il m’arrive parfois d’avoir du coeur. Pensez-y quand même deux minutes mes enfants, c’était ça nos modèles; des victimes, des brailleuses, des malheureuses ( pardon des malchanceuses qui cherchaient un ti peu de bonheur dans leur malheur ) ou bien à l’opposé, des méchantes garces ou encore des justicières avides de pouvoir. Heureusement qu’au Québec on avait compris qu’il est important de stimuler l’imaginaire de l’enfant avec des mongoles comme Sol et Gobelet qui pouvaient se bouffer la jambe ( viarge que je me suis fait mal à essayer de faire comme eux ) des extraterrestes qui nous apprenaient à bien parler comme les Oraliens ( tu parles d’un nom toi, pourquoi pas les Analiens tant qu’à y être ) sans compter le monde imaginaire de Fanfreluche, la poupée russe qui rentre dans ses livres d’histoires ( j’ai du déchiré une bonne centaine de romans Harlequin de ma mère pour essayer de faire pareil ) et que dire des histoires sans queue ni tête de la Ribouldingue ( aye, ça mangeait des patates en chocolat c’te monde-là ! ) et encore plus weird, le monde incompréhensible des Chiboukis, les trips de champignons magiques de Picotine et l’ésotérisme de YouHou, sûrement le show de télé le plus bizarre de mon enfance. Hélas peu de gens se rappellent de ces zigotos qui faisaient du yoga sur des nuages. Tabaslack veux-tu ben me dire sur quoi ils étaient c’te monde-là. Du Yoga sur des nuages !!! Pas étonnant que la majorité des gars de 30 ans que je connais soient tous fuckés aujourd’hui. En tout cas mes chéris, faut croire que l’acide était ben bonne dans les années 70.
A l’aube de mes 18 ans, quand Passe-Partout est venue nous écoeurer avec ses états d’âmes de vieille poteuse, j’ai délaissé les héros du petit écran pour me tourner vers les idoles de la chanson.Et pas besoin de vous dire que encore une fois mon choix s’est arrêté sur des femmes. D’un côté les quétaines françaises; Dalida, Michèle Richard et Nicole Martin et de l’autre côté les chanteuses pop anglaises; Pat Benatar, Blondie et les filles d’Abba. J’ai beau cherché un seul chanteur qui m’a fait trippé et à part Barry Manilow et Michel Louvain, j’en vois pas d’autres. Même chose au cinéma, je ne jure que par la gent féminine et je craque instantanément pour Bardot, Jeanne Moreau, Deneuve, Adjani et Betty Davis. Chez les hommes il y a bien Johnny Depp et Matt Dillon qui me font mouiller ma petite culotte mais parlez-moi pas du regard vide de Brad Pitt et des moues infantiles de Leonardo. Même si je suis reconnue pour mon faible penchant pour les beaux adolescents, celui-là me fait pas plus d’effet que les cheveux gras et la face plein de boutons du petit livreur du Dépanneur.
Voyons, pourquoi je vous parle de tout ça donc ? Chu rendue loin de Barbie, la femme pas de noune et de Candy, la fille pas de totons.
Si je poussais un peu plus loin mon étude, je constate que ces jeunes femmes qui ont fait rêver plus d’une jeune fille ont eu aussi une influence directe sur la sexualité de plusieurs jeunes garçons.Je m’explique. Connaissez-vous un seul gros macho qui connait la chanson de Minifée par coeur ? Savent-ils seulement que le cinéma français ne se résume pas seulement aux Boys et que Arnold Schwazenneger et Sylvester Stallone ne sont pas la crème des acteurs d’Hollywood ? Par contre demandez leur de vous nommer leur actrice préférée et plus de la moitié vous répondra Pamela Anderson. Si vous ne me croyez pas, faites le test. Installez-vous discrètement à une table du Peel Pub et écoutez les conversations de ces beaux Ginos: le hockey, le football, les chars, la rénovation pis les pitounes. Faites la même expérience au Saloon assis à côté d’une table de jeunes gais. Qu’entendez-vous ? Le Gym ( ok ça on comprend pas personne ) les clubs, Céline, Madonna,le linge, les chansons pour enfants et le cul. Voyez-vous la différence ? Y a-t-il une différence ? Ben oui cibole ! C’est à cause de Candy, Minifée, Dalida et des Charlie’s Angels que vous êtes tous r’virés gais. Pis tant mieux, parce que croyez-moi, y’a rien de plus platte que de passer une veillée avec du monde qui trippe sur Dan Bigras pis Éric Lapointe. Pis là je parle pas des secrétaires qui passe leur temps à montrer leurs photos de bébé. J’comprends pas plus les tapettes qui capotent sur Beau Dommage et Linda Lemay, ça un jour faudra m’expliquer. Tout ça pour dire qu’on le veuille où non, nos vies ont été influencées par nos souvenirs d’enfance. Y’a un dicton qui dit: dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. Moi je dirais: dis-moi ce qui te fait tripper et je te dirai si tu es gai !
Au pays de Candy comme dans tous les pays, on s’amuse, on pleure et on rit, il y a des méchants et des gentils...
Joyeux printemps mes agneaux !
P.S. Je vous rappelle qu’il reste moins de 250 jours avant la retraite de Céline. S’ti qu’j’ai hâte.
Madoaarobas.net
www.fugues.com