Tiguidou c’est Noël

Mado Lamotte
Commentaires
Père Noël, Père Noël apporte des bébelles, j’en ai eues pis j’en veux pus pis sacre toé les dans ... ( vous connaissez la suite ) Bout de viarge, chu à peine remise de mes émotions après l’épouvantable Halloween archie plate qui faut déjà que je me trempe dans l’esprit des fêtes. Pour les deux prochains mois, fini l’air bête, la déprime, le chialage. Souriez, c’est le temps des fêtes, le temps des réjouissances, le temps de se dire qu’on s’aime ( même si on s’hait le reste de l'année ) C’est aussi le temps des orgies de bouffe et d’alcool ( adieu régime et bonjour crise de foie ) et c’est surtout le temps de loader ma carte de crédit jusqu’à temps que VISA me la coupe. Les magasins de piscine sont maintenant remplis de sapins en plastique et Dollarama vend déjà sa cochonnerie de guirlandes synthétiques et autres cossins cheaps de Noël pour le plus grand bonheur des enfants et des p’tites vieilles qui passent leur journée à boire du bouillon de poulet chez Dunkin Donut. Bientôt la neige recouvrira de son manteau tout blanc le sol de notre belle province. Adieu beau gazon vert et bienvenue calcium dégoutant ! Les derniers souvenirs de l’été ensevellit sous des tonnes de slush et de gros sel. Coudonc, c’est qui le codingue qui trouve encore ça beau l’hiver. Faut vraiment vivre sur les prozacs ou l’extasy pour pas se rendre compte que l’hiver a été créé pour écoeurer le peuple. Pis dire que ça dure quasiment 6 mois c’te calvaire d’hiver-là. Bon ben j’espère que vous êtes enfin prês à vivre le cauchemard du magasinage des fêtes dans des magasins trop chauffés bondés de matantes en gros manteaux de poil et de jeunes ados en coats de ski capitonés ( maudit que c’est donc lette ces manteaux d’astronautes-là. Coudonc les jeunes, ça vous gêne pas de sortir de chez vous enroulés dans votre douillette jaune fluo ? ) J’me vois déjà en train de suer dans ma grosse peluche de chinchilla rose avec mes belles bottes en minou de 50 livres à chercher des cadeaux quétaines pour donner à du monde que je connais à peine ( aye, c’est qui le twit qui a inventé les échanges de cadeaux. Cibole, j’vas encore me ramasser avec des napperons en laine tressée, des pantoufles à tête de Garfield pis des certificats cadeaux McDonald.) Pis voulez-vous me dire pourquoi quand vient le temps de trouver le cadeau idéal pour ceux qu’on aime vraiment ça prend toujours des jours de recherche pour finir la veille de Noël à acheter n’importe quoi chez Jean Coutu. Mado prends ton mal en patience pis souris! ( Viarge, j’souris tellement pendant le temps des fêtes qu’il faut que j’me fasse recoller le dentier en janvier ) Toujours est-il que je suis quand même prête à affronter les 162 partys de Noël qui m’attendent. Ah doux Jésus, deux mois complet à boire comme une défoncée du punch pis d’la crème de menthe et à manger comme une cochonne d’la dinde aux atocats, d’la tourtière du lac pis d’la lasagne en masse. ( cossé que j’avais d’affaire à être italienne. Chu écoeurée de bouffer d’la lasagne salament! Les pâtes ça fait engraisser pis le fromage ça fait pèter. ) En tout cas, cette année je me tape pas le souper de famille, c’est pas vrai. Y’a toujours ben des limites à ce qu’une femme peut endurer ! De toute façon je sais déjà comment ça va finir ; les mononcles saoûls morts devant la télé dans le salon pendant que les matantes jouent aux cartes dans la cuisine. Moi je finis généralement la soirée dans le sous-sol en préfini avec les jeunes, frostée comme une balle sur les biscuits au pot de ma nièce Velma, en train de me faire brouter la paquerette par un cousin lointain qui frenche comme un débouche toilette pis qui empeste le Brut 33. Ah douce Ste-Verge que j’envie donc les B.S. qui passent l’hiver en Floride. Les chanceux n’auront pas à subir le calvaire du temps des fêtes et de l’hiver. Mais heureusement qu’il y a une justice en ce bas monde, car ce sont eux-autres qui seront obligés d’endurer Pier Béland, Claude Valade et Fernand Gignac. J’aime autant me geler les pattes dans deux pieds de slush et de gadoue que de subir les chants plaintifs de nos “has been” et d’aller vider mon compte de banque à Orlando effouerrée sur le bord d’une piscine bondée de grosses bédaines et de p’tits morveux qui pissent dans l’eau!
Quand je pense à Noël, j’me dis que c’est ben dommage que ça soit plus aussi traditionnel que quand j’étais fille. J’m’ennuie quasiment des p’tits crottés qui venaient gueuler “les anges dans nos campagnes” sur le pas de ma porte et qui attendaient que je leur garoche une poignée de trente sous pour qui sacrent leur camp. Ah que de beaux souvenirs. Et que dire de l’interminable messe de minuit et sa crèche vivante avec Joseph et Marie en guénilles de la St-Vincent-de-Paul et le p’tit bâtard qui faisait Jésus qui braillait comme un veau pendant tout le sermont d’une heure de Monsieur le Curé alors que j’étais en train de pomper le tuyau du sacristain dans un confessional. Ah que de beaux souvenirs! Sans oublier la joie dans nos yeux lorsque nos bas de laine se remplissaient d’oranges,de chapelets et de photos de Ste-Thérèse. ( Non mais charie pas quand même. Chu pas si vieille que ça! Dans mon temps, le bas de Noël avait déjà été remplacé par le coffre à jouets rempli de poupées qui pissent, de “pick up” Fisher Price et de livres à colorier de Candy. )
Et que dire de la télévision ? Quand j’étais jeune et jolie, le temps des fêtes était l’occasion pour se retrouver en famille devant le Noël tragique de “La petite maison dans la prairie” ( Ah Nellie Oleson, ça c’était mon genre de bitch ) ou à manger des carrés aux Rice Krispies devant le fameux “Spécial Noël” de Michèle Richard et Nicole Martin. ( nos Johanne Blouin et Linda Lemay de l’époque ) Et bien sûr, sans compter toutes les reprises de Symphorien et des Bergers ( notre Petite Vie et Le Retour de l’époque ) et sans oublier le traditionnel Bye Bye de fin d’année. ( dans le temps que Dodo et Denise étaient encore capables de nous faire rire ) Vraiment mes enfants, les temps ont bien changés... Pis c’est tant mieux Viarge ! Non mais pour qui me prenez-vous! Une vieille Sainte-Nitouche nostalgique des années 50. Non monsieur! J’aime ben trop le monde d’aujourd’hui et je suis ben trop contente de vivre la décadence de la fin du siècle. Qui aurait cru qu’un jour on en vienne à se foutre de la gueule des politiciens et de la police. Et la technologie qui n’arrête plus de m’étonner. Aye et qui aurait cru qu’un jour on puisse magasiner sur Internet et se crosser en direct avec des beaux gars d’Arabie Saoudite. Pis c’est sûrement pas il y a 20 ans qu’on aurait pus voir deux gais se frencher à pleine bouche à la télévision. C’est ça le progrès mes enfants et je suis bien contente d’en faire partie. Pis si vous trouvez encore le moyen de vous plaindre que tout va mal ben faites juste penser à ceux qui donneraient leur vie pour une toast au beurre de peanut et vous allez voir que vos p’tits malheurs de bourrelets autour de la taille et de cheveux qui frisent ne sont rien à côté des vraies tragédies qui bouleversent la planète.
Je garde quand même l’espoir que le Père Noël existe vraiment et qu’un jour tout ça changera.
Je vous souhaite un super Noël rempli d’amour et d’harmonie et si vous le pouvez mes tendres agneaux faites donc un petit quelque chose de fin pour quelqu’un qui en a besoin. C’est tellement plus agréable de donner que de recevoir.
Joyeux Nouël mes poussins
xxx
MADO

garochez-vous : le nouveau calendrier Mado 1999 est en vente chez Priape, à l’Androgyne et Archambault
too much : la Gilles Gagné au Black n Blue ( ma noire, à ton âge, j’espère être aussi folle que toi )
innocents : tout ceux qui ont voté pour Grand-Papa Bourque ( coudonc vous aimez ça vous faire niaiser )

mado°arobas.net
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