Souvenirs de vacances...

New York New York

Mado Lamotte
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" … Attention to all passengers of flight 714 to New York city , bla bla bla …" Hein ! Cossé qu’a dit, j’ai rien compris salament. Viarge chu tu à Dorval ou ben à Toronto ! J’veux ben croire que l’avion est bourré d’anglais qui retournent chez eux, mais moé icitte chu chez nous pis j’veux savoir ousqu’on m’envoye! " … Last Call to all passengers of flight 714 going to New York City…" Ben oui, ben oui, j’embarque tabaslack ! J’espère juste que j’me ramasserai pas dans un village perdu du New Jersey !

Me voilà en route pour New York, la grosse pomme, inconfortablement squeezée dans un p’tit siège pas plus large qu’un bol de toilette à côté d’un Rabbi Jacob qui parle tu seul pis d’une grosse américaine qui pue le parfum cheap à 1 $ ( Joual vert ! Elle a tu vidé sa bouteille de Impulse au grand complet ! )
Une chance que le voyage dure juste une heure. -Waitress, Waitress, j’veux d’l’alcool, cibole ! Bon v’là la guerda pis ses criss de p’tits sacs de peanuts ramollies. Mon doux Seigneur qu’elle n’a pas l’air moune du tout celle-là avec son p’tit toupet Corey Hart jammé dans le gel. " Yes sweetheart, what can I do for you darling?" (Merde ! Cossé qu’a dit?) Euh… Waware you, fign thank you, everything is tyguidou ! Fiou elle est partie. Encore une fois j’ai du faire une vraie folle de moi. Maudite langue de bâtard. Deux ans d’enfer à l’Institut Linguistique pour même pas être capable de commander une vodka. C’pas grave chu sûre qu’il m’a trouvé ben cute pareil. D’habitude les anglais aiment ben ça nous entendre baragouiner nos niaiseries dans leur langue. Surtout quand j’en ramasse un dans mon lit pis qu’il me demande de lui dire des mots d’amour en français. " Say something in french honey,pleeeease." Naturellement j’lui dit les pires insanités du monde pis le cave en redemande encore. " Oh yeah baby. You turn me on so much. French is such a beautiful language. Tell me more." Là quand il m’écoeure trop j’y défile les spéciaux de la circulaire de chez Métro. Non mais y’a toujours ben des limites à faire le clown pendant que j’me fais brouter le pissenlit ! Bon revoilà la waitress avec son chariot de cochonneries. Si je fais ma fine elle va peut-être me passer une couple de p’tites bouteilles de vodka en d’ssous d’la tablette qui arrête pas de me revoler sur les jambes que j’ai quasiment dans le front à chaque fois qu’on pogne une poche d’air. ( Maudites poches d’air. C’est ben la première fois de ma vie qu’une poche me fasse peur de même.)

Viarge que j’hais ça prendre l’avion. Ca brasse, ça m’énerve, pis ça me donne des boutons. Les oreilles me bouchent, j’étouffe, y fait frette, y fait chaud, je sue comme une truie, ça prend une demi-heure aller aux toilettes pognée dans un line up de monde en pied de bas, les hôtesses ont l’air bête ou ben sont tellement communes que j’ai l’impression d’avoir gardé les vaches avec! Pis à part ça, j’hais ça me retouver à 1000 pieds dans les airs avec une gang d’inconnus qui sentent tous le d’ssour de bras! Evidemment pour prolonger mon supplice, on est resté jammés pendant une heure à tourner en rond au-dessus de l’aéroport parce que ça l’air qui restait pus de place pour aller s’parker en face des gros tuyaux de sécheuses ousqu’ils nous font descendre. Après deux heures de calvaire aérien, chu finalement débarquée saine et sauve de c’te maudite grosse boîte à sardines, toute en sueurs, le linge collé sur le corps, dégageant une odeur douteuse de jeune vicaire, mais tellement heureuse d’être enfin arrivée à New York, la ville qui ne dort jamais et où on peut magasiner jusqu’à minuit.

Viande à chien, y’a ben du monde icitte! Comment je vais faire pour me retrouver dans cette jungle-là. Je vous épargne l’histoire de ma "ride" de fou en taxi. De toute façon j’ai rien vu, j’avais les yeux fermés tout le long. Non mais c’est toute une gang de malades!

Ils peuvent pas conduire plus vite! C’est plus épeurant que le Monstre de La Ronde. J’ai failli faire un arrêt de coeur bout de viarge! En plus de ça j’pense que j’me suis faite fourrée ben raide ( pis j’ai rien senti ) parce que le taxi m’a chargé 80 piastres de l’aéroport au centre-ville. J’veux ben croire que c’est grand New York mais faut pas me prendre pour plus épaisse que je suis! J’trouvais ça ben louche aussi de toujours voir l’Empire Steak Building à chaque coin de rue. Chu enfin arrivée chez ma chum photographe "la Charette" ou m’attendait très inquiète "la Beaudette" ( une précieuse de Montréal qui fait des drapés avec une brocheuse dans des vitrines chics du downtown de New York ) Pas aussitôt déposé mes valises ( j’en avait trois pour mes cinq jours ) que la styleuse de chez Légaré m’avait préparé tout un programme : " Excuse-moi Mado mais chu ben fatiguée pis j’travaille demain matin, fait que j’me couche. Bonne Nuit ma pitoune." Woh back Gina ! Y’en ai pas question. J’me suis pas tapé 4 heures de misère pour me faire domper là par une p’tite cheapoune de Victoriaville qui a besoin de son 8 heures de sommeil pour pas abîmer son teint de princesse. Tu viens souper avec moé un point c’est toute. Pis si té pas contente ben c’était à toi d’y penser deux fois avant de partager ta chambre avec Mado Lamotte. T’as voulu sauver du cash sur l’hôtel ma chérie ben asteur endure ma noire, à soir c’est moé qui mène. Pas besoin de vous dire qu’elle a filé doux le reste de la semaine. N’empêche que j’ai eu ben du fun avec. Elle est tellement maniérée que je prenais un malin plaisir à rire d’elle. Elle pour se revenger, elle déboutonnait sa blouse à carreaux jusqu’au nombril pour montrer qu’elle a plus de totons que moi la chienne! Rien d’impressionant à côté des ballounes gonflées aux stéréoïdes qui envahissent les clubs de New York. Parce que laissez-moi vous dire qu’à New York, les gros totons sont encore très à la mode.On dirait des clones qui auraient tous été shapés dans le même moule. Plus décourageant viarge ! Moé pis Lady Beaudette on avait l’air de deux anorexiques en phase terminale. Pas besoin de vous dire qu’on était pas les plus populaires en ville. Ca vous donne une petite idée du Gay Pride, parce que y’a fallut que je me ramasse à New York en plein Gay Pride. Si j’avais su. Pourtant ma couseuse Madame Simone me l’avait ben dit : " Mado ma chérie, le Gay Pride de New York c’est comme 10 Black’n Blue en même temps, un million de tapounes engraissées aux Nutri-Bar sur le party 24h/24." En regardant leur longue pérade endormante qui dure 6 heures j’ai compris pourquoi y’avait pas beaucoup de chars allégoriques; les gars sont plus gros que les chars viarge ! Ca pas été long que j’ai levé les pattes de d’là. Si y’a quelque chose que j’hais c’est de magasiner pis de pas pouvoir toucher la marchandise.Ca fait que j’ai abandonné la Comtesse de la Beaudette qui bavait d’envie à la vue de ses milliers de corps musclés tous plus bandants les uns que les autres et j’ai sacré mon camp en direction du premier centre-d’achat. Naturellement j’me suis perdue en chemin pis j’me suis ramassée à quatres pattes en train de graisser le tuyau d’un beau mécanicien dans un p’tit garde-robe d’un Sex Club du East Village.

Finalement, j’ai adoré New York même si j’ai pas eu le temps de rien voir. ( trop occupée à faire les parcs ) J’aime même pas vu la statue de Mme Liberté.Tant pis, ça sera pour une prochaine fois.
Je vous rappelle qu’il ne reste que quelques jours avant la semaine de la fierté gaie.

Maudine de bine cossé j’vas mettre encore. Si j’avais des totons au moins j’aurais juste à me mettre toute nue. Ben non, y’a fallut que la nature me donne un corps de patineuse artistique. Toute dans le mollet rien dans les boules ! Non mais tu vois ben qu’est folle !!!

Ca marche Pontiac : le serveur Internet Arobas. ( Abonnez-vous. Ils sont gais, très rapides et juste un peu folles. J’adoooore!

Chu t’écoeurée : de déménager à chaque année, de vivre dans mes boites pendant 6 mois pis de finir de peinturer un mois avant de redéménager.

Insupportable : " La Fureur" avec Véronique Cloutier, la barbie girl de St-Lambert ( On dirait la chorale des jeunes mannequins du catalogue Sears! )

mangeable : Daniel, le trop beau serveur du " Ogâtô" ( Viarge que j’y lècherais le crémage à lui ! )

 

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Me voilà en route pour New York, la grosse pomme, inconfortablement squeezée dans un p’tit siège pas (...)

Publié le 01 août 1998

par Mado Lamotte