Cet été, j'enlève le haut

Les cabriolets

Denis-Daniel Boullé
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Au dernier salon automobile de New York, Chrysler déclinait une version décapotable de son PT Cruiser. Fort du succès rencontré aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord, Chrysler teste les goûts du public, en proposant des variantes du phénomène PT Cruiser. Et comme les cabriolets ont le vent en poupe, plusieurs pensent que bientôt l'exercice de style deviendra un modèle de série. Par rapport à la fourgonnette PT, très peu de changements, sinon le dessin des ailes pour conserver l’harmonie des proportions une fois le toit enlevé, et une capote qui lui donne un faux air de coupé. Même l'arceau de sécurité ne vient pas briser les lignes, ni les proportions harmonieuses, ce qui n'a pas toujours été le cas sur d'autres modèles. Mais l'arrivée de l'arceau de sécurité a remis au goût du jour les cabriolets que des raisons de sécurité avaient presque fait disparaître des catalogues des manufacturiers dans les années soixante-dix. Vingt ans plus tôt, ils étaient le symbole de liberté de toute la jeunesse d'après-guerre. Face aux gros paquebots américains, gourmands et un peu patauds, on préférait alors les petits roadsters anglais, Triumph, MG et les non moins célèbres Alfa Roméo et Lancia italiens. Ils étaient plus abordables, plus sympathiques et aussi sportifs que les traditionnelles découvrables Jaguar, Mercedes ou même Porsche. Mais ils étaient tout aussi dangereux pour les non-initiés.
La sécurité autant passive qu'active ne faisait pas partie du vocabulaire du monde de l'automobile de l'époque et on leur reprochait le manque de rigidité de la structure. Ces défauts précipitèrent leur disparition. Seuls quelques constructeurs dont c'était la spécialité continuèrent, mais le cabriolet disparu pendant quelques années du paysage routier. Pourtant, la clientèle, elle, n'avait pas disparu. Pour la satisfaire, on inventa le toit amovible qui se rangeait dans le coffre. Qu'on se rappelle la fameuse Porsche Targa, idée qui fut rapidement reprise par d'autres grandes marques et que l'on retrouvait, il y a quelques années encore sur la Honda Civic Del Sol. Volkswagen, devant l'énorme succès de la Golf, équipa sa Golf Cabrio d'un arceau rigide de sécurité devant protéger les passagers. La formule fut elle aussi reprise par la concurrence, surtout européenne.
Aujourd'hui, avec ou sans arceau, avec ou sans toit amovible, les cabriolets font de nouveau partie de toutes les gammes des constructeurs et il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Les arceaux se sont faits discrets. Ils sont intégrés à la structure de la coque ou à celle des sièges et se déploient en une fraction de seconde en cas de danger. La capote qui équipe la majorité des cabriolets est plus étanche, protège mieux du bruit, même si elle se voit menacée par les toits rigides rétractables comme celui du mercedes SLK, ou du tout nouveau Lexus SC 430.
Même si, au Québec, il n'y a pas la variété des cabriolets proposés en Europe, on peut trouver son bonheur et retrouver le plaisir de rouler cheveux au vent. Mazda a redonné vie au petit cabriolet amusant avec le Miata (25 000$). Quelques constructeurs privilégient encore quatre vraies places comme la traditionnelle Golf Cabrio, la célèbre Ford Mustang, la Chrysler Sebring et la Toyota Camry Solara, dont les prix évoluent entre 30 000$ et 40 000$. Dans un registre plus sportif, strictement pour deux personnes et à condition de débourser environ 50 000$, on peut se tourner vers le BMW Z3, le Mercedes SLK, le Porsche Boxster, l'Audi TT Roadster, et le Honda S2000.
L'engouement pour le cabriolet est tel que certaines publications se sont spécialisées autour du phénomène. Et l'hiver ne doit plus être un handicap, car la plupart des manufacturiers proposent des toits durs (hard top) pour faire de votre auto un jouet de plaisir pour toute l'année.