Bon à tout faire

Essai automobile : PT Cruiser

Denis-Daniel Boullé
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Avec une forme légèrement rétro, mais pas trop accentuée, des allures de fourgonnette, mais un encombrement de berline traditionnelle, Chrysler a visé dans le mille en présentant un véhicule hybride, capable de satisfaire une très large clientèle. La famille y trouvera son compte, l'espace ne manque pas, tout comme les jeunes couples (de même sexe) qui auront l'impression de rouler différemment en ayant un habitacle modulable. Le PT-Cruiser cache sous un air d'enfant terrible, une docilité surprenante dès les premiers kilomètres franchis. La position de conduite haute et le large pare-brise donne tout de suite l'impression de sécurité. Et cette impression ne s'est pas démentie tout au long de l'essai. On oublie rapidement le gabarit plus proche d'un monospace, car le PT-Cruiser offre les mêmes sensations de conduite qu'un véhicule plus petit. Les virages se prennent sans roulis, ce qui est souvent le propre de ce type de véhicule. La direction douce est extrêmement précise, ce qui accentue le comportement routier sain, sans aucun reproche. Cependant, le PT-Cruiser n'est pas un bolide de course et n'autorise pas la conduite sportive. Ce n'est sa vocation. Le quatre cylindres de 150 ch accouplé à la boîte automatique accuse un temps de réponse quand on le sollicite trop vivement. On sent pourtant que le moteur est capable d'en donner dès qu'il trouve son souffle.
Les ronronnements et ronflements du moteur participent au plaisir de la conduite. Certains y verront un désagrément surtout sur les longs parcours. Est-ce l'effet Daimler-Benz sur Chryler, mais l'amortissement, tout comme les sièges, sont fermes. Ce n'est pas sans rappeler le confort allemand bien loin du mythe des belles américaines aux suspensions trop moelleuses.
L'aspect rétro à l'intérieur ne se fait pas trop remarquer. Excepté le volant et les trois cadrans séparés sur fond blanc cerclés de chrome, pas d'autres concessions à la nostalgie. Pas de fioritures ou d'excès dans les manettes et les boutons regroupés autour du volant ou sur la console centrale, qui accueille aussi l'auto-radio. Ce regroupement de l'instrumentation nous a d'ailleurs joué des tours. L'emplacement des commandes électriques des vitres est inusité. Après avoir inspecté l'intérieur des portes, puis fouillé entre les chaises, il nous a fallu un certain temps pour repérer les boutons magiques, nichés entre les deux aérateurs centraux du tableau de bord à portée...d'yeux. Les espaces de rangement sont peu nombreux mais vastes, aussi bien la boîte à gant sous le sac-gonflable du passager que les pochettes des portières avant et arrière. On ne peut qu'apprécier la modularité de la banquette arrière qui, avec un peu de poigne, permet d'agrandir l'espace utilisable.
En somme, le PT-Cruiser ne triche pas, et vous en donne pour votre argent, ni trop austère, ni trop flamboyant. Et même un peu plus d'un an après sa sortie, et plus de 175 000 de ses frères déjà sur les routes d'Amérique et d'Europe, il attire encore le regard des passants comme celui des autres automobilistes. Mais ce n'est pas vous que l'on cruise.
Cet essai automobile a été rendu possible grâce à Auto-Concordia (S. Leroux).