Louise-Andrée Saulnier de Sexe et confidences

Entrevue

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En ondes dans sa facture actuelle et produite à Québec, l’émission Sexe et Confidences est une exception dans le paysage télévisuel. Seule en son genre, elle aborde avec franchise et réalisme les nombreux aspects de la vie sexuelle des individus, avec leurs particularités, leur originalité et même leur marginalité... L’objectif premier — et qui demeure le même après ces années de diffusion —, est d’informer, d’éduquer de la façon la plus juste possible et d’aider les gens à trouver des pistes de solution. Nous avons interviewé Mme Saulnier pour qu’elle nous indique de quelle manière la problématique gaie était abordée dans son émission. Dans l’émission, est-ce que la problématique gaie est traitée de façon particulière?
Au départ, l’émission avait et se donne toujours comme mandat d’aborder la sexualité humaine en général sous toutes ses formes et modes d’expressions. Cet objectif se concrétise à travers le traitement des différents déterminants psychologiques, biologiques, sociaux, relationnels et moraux... Les thématiques de l’émission sont choisies à l’intérieur de cet éventail et la sexualité des gais et lesbiennes s’y insère sans restriction, ni préjugés, au même titre que tout le reste. Par exemple, si je parle des relations sexuelles, et qu’un gai ou une lesbienne appelle et me parle de ses expériences, je ne mets pas l’accent sur son orientation sexuelle, mais sur la difficulté qui est relatée.

Alors, pour quelles raisons les sujets à «résonance gaie» sont-ils abordés ?
Parce que l’orientation sexuelle touche les personnes qui vivent cette préférence et les autres qui auraient intérêt à mieux la comprendre. Dans des sujets plus spécifiques, les gens se reconnaissent, ils s’identifient à certains propos ou certains invités et cela à aide mieux définir leur réalité. C’est un long processus de transformation, une marche progressive vers une meilleure compréhension de la réalité que les gais et lesbiennes vivent et une plus grande tolérance.
Dans une saison, combien d’émissions peuvent aborder les réalités du monde gai ? Et qu’est-ce qui en détermine les choix ?
J’estime que cette année nous aurons produit une dizaine d’émissions spécifiques à l’homosexualité. Par exemple, outre celle dont je parlais tantôt, il y a eu, entre autres, «Chers parents, votre fils est gai», «Chers parents, votre fille est lesbienne», la Journée Mondiale du sida, «Un de mes parents est homosexuel», «Marié à une personne homosexuelle» et j’en passe. C’est à peu près la même fréquence à chaque année. Bien sûr, lorsque nous parlons, par exemple, de l’utilisation du condom, des relations sexuelles en général, des relations protégées, des MTS et de la séduction, cela s’adresse à toutes les personnes, quelles qu’elles soient, qui regardent Sexe et Confidences, et qui peuvent y trouver leur profit. Peu importe le sujet qui y est abordé, tous les jours, il y a matière à réflexions et des choses à apprendre. C’est l’école de la vie.
Et, par ailleurs, nous recevons des courriels, des lettres et des téléphones de gais et lesbiennes qui nous font part de leurs difficultés dans leur couple ou dans leur quotidien. Ces demandes sont traitées de la même façon que les autres. Il arrivera que nous y répondrons pendant l’émission, si la communication est en direct, sinon, nous garderons les communications en réserve et, lorsqu’une émission abordera un thème où de tels problèmes se retrouvent, nous en parlerons et répondrons. Nous essayons de maintenir un équilibre dans le choix des sujets, commandés par les demandes de l’auditoire, ou encore choisis par l’équipe, parce qu’ils paraissent essentiels comme véhicules d’information, de vulgarisation et de sensibilisation. Ce qui nous guide au fil de chaque saison, car l’Information est un moyen privilégié pour combattre l’ignorance et les préjugés. Donc, aprce que nous pratiquons ce que nous prêchons, l’homosexualité et les gais et lesbiennes reçoivent les mêmes attentions que tout le monde à Sexe et Confidences.