Une résolution est adoptée en faveur du mariage gai

Le PLQ approuve !

André-Constantin Passiour
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Lors de son congrès, tenu à Québec du 13 au 15 octobre, le Parti libéral du Québec (PLQ) a adopté une résolution controversée sur l'union civile des conjoints de même sexe. Après un débat houleux entre militants de l'aile jeunesse progressiste et des tenants de la famille traditionnelle, la proposition a finalement été acceptée par deux tiers des quelque 2000 délégués présents. C'est la Commission politique du parti, appuyée en cela par la Commission jeunesse qui constitue le tiers des délégués, qui pilotait une résolution toute simple allant plus loin que l'actuelle Loi 32 : «Il est résolu qu'un gouvernement du Parti libéral du Québec s'assurera que soient éliminées les pratiques discriminatoires envers les conjoints de même sexe, en matière de mariage civil.»
C'est dans l'après-midi de dimanche, avant la conclusion de ce rassemblement, que le débat a eu lieu opposant majoritairement des jeunes à des militants en faveur de la famille traditionnelle. Ces délégués, avouons-le, surtout des membres de minorités ethniques, n'ont pas hésité par moment à faire référence à la légendaire Sodome et Gomorrhe de la Bible. Ce à quoi, un jeune militant gai du PLQ, Danny Lizotte, a rétorqué: «J'aimerais moi aussi avoir le plaisir dans ma vie de me marier avec la personne que j'aime le plus au monde.»
«Je suis à l'aise avec cela. C'est effectivement le choix que nous devons faire. C'est un débat controversé et déchirant, mais la société québécoise doit franchir cette étape. Nous devons un jour en arriver là», a commenté le chef Jean Charest qui a endossé la résolution sur toutes les tribunes.
«Cela a été au-delà de mes espérances. On a travaillé très fort, c'était un bon travail d'équipe avec Danny Lizotte et bien d'autres, et on a réussi. On n'a pas fait tout cela pour rien et ce n'est pas vrai que la motion se retrouvera sur une tablette. Je vais surveiller cela de très près et je vais m'assuser que les choses avancent à l'intérieur du parti», de déclarer Réjean Lebeau, un militant gai du comté de Mercier et un des plaignants dans la fameuse cause des quatre veufs.
«On peut se réjouir que le Parti libéral démontre une telle ouverture. Mais on ne peut pas se fier à des intentions et nous poursuivrons notre lutte par des moyens légaux», de commenter Michael Hendricks qui milite depuis longtemps pour le droit au mariage civil.