L’activiste barebacker

Tony Valenzuela

Yves Lafontaine
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Tony Valenzuela est un acteur porno séropositif. Il est également écrivain et a milité dans des groupes de prévention du sida à San Diego. En 1997, il est devenu pour plusieurs l’ennemi numéro un de la communauté sida. Pourquoi ? Il a déclaré, lors d’une courte conférence réunissant 2000 gais et lesbiennes, qu’il baisait sans condom : « Le niveau d’intimité et de plaisir que je ressens quand un homme jouit en moi est fondamental, spécialement dans un climat qui méconnaît son importance ». Ces quelques mots ont enragé l’assistance et Valenzuela est devenu, aux États-Unis, le symbole du sexe sans précaution, irresponsable. En février dernier, dans une entrevue accordée au magazine POZ, il a reconnu avoir négligé tous les dégâts que l’épidémie avait occasionnés, mais il pense pourtant qu’il n’est pas seul et que la jeune génération réagit différemment. Aujourd’hui, il considère que son discours de 1997 n’était pas un encouragement à renoncer au condom : «Je voulais parler publiquement, sans honte, de ce que beaucoup de séropositifs font en silence.» Depuis deux ans, le débat public sur le bareback s‘est amplifié chez nos voisins du sud et Valenzuela a reçu le soutien d’organisations et d’activistes plus nuancés, même si son attitude reste encore très controversée. Joint par courriel, il nous a affirmé que s’il continue à parler du barebacking, c’est parce qu’il respecte les gais : « Parler honnêtement de ce que nous faisons et de ce que nous ressentons est ce que nous pouvons faire de mieux. Dire la vérité est toujours un geste responsable, même lorsque ce que l’on dit trouble et dérange. Il est essentiel de fournir aux gais l’information la plus complète et mise à jour régulièrement par rapport aux risques attachés à chacune des pratiques sexuelles. Ceci dit, il faut accepter que chacun fasse ce qu’il veut de cette information. »