Un rassemblement pour les jeunes gais voit le jour

Jeunes étudiants gais

André-Constantin Passiour
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Yanek Lauzière-Fillion et son copain, un jour qu'ils retournaient à la maison, se sont mis à parler des difficultés vécues par les associations gaies dans les cégeps et les universités. Dans l'autobus, ils se sont mis à rêvasser : un rassemblement qui pourrait aider les associations en difficulté ou encore appuyer, dans leurs efforts, les étudiants désireux de fonder leur propre association... C'est un peu ainsi qu'a été créé GALAOS (Groupe associatif pour la libre affirmation de son orientation sexuelle). Car s'il existe une quinzaine d'organisations gaies étudiantes collégiales et universitaires, une bonne partie d'entre elles vivotent plus qu'autre chose. «Notre but est d'aider autant les associations que les jeunes gais qui vivent parfois des situations difficiles, indique M. Lauzière-Fillion, le responsable de GALAOS. Au collège Brébeuf, par exemple, l'association Vogue est encore active mais pour l'an prochain, il n'y a pas de relève, et elle risque de tomber si on n'encourage pas les jeunes gais à s'impliquer.» Travaillant en partenariat, M. Lauzière-Fillion contribue à regrouper les associations communautaires gaies pour les jeunes et à regrouper les étudiants gais. Grâce au projet «Contact» de Séro Zéro, un programme pour les jeunes, la tâche de cet organisateur a été facilitée : «Ils [Séro Zéro] nous aident dans nos démarches auprès des administrations collégiales, ils nous fournissent un local et nous appuient sur le terrain pour tenir des kiosques d'information et de sensibilisation comme on l'a fait à Brébeuf».
Et ils ont parfois bien besoin de cette aide puisque, comme ils ont pu le constater lors de la tenue du kiosque, les mentalités changent très lentement: les ricanements et les chuchotements, quand ce n'est pas carrément des bêtises, sont encore monnaie courante à l'égard des jeunes gais. De plus, certaines institutions, telles Bois-de-Boulogne ou l'Université de Montréal, ont la réputation d'être très conservatrices. Leurs administrations multiplieront les formulaires et démarches à la création ou à la réactivation d'une association, ce qui décourage les étudiants. «C'est pour cela que l'on veut mettre sur pied ce regroupement, afin que les associations plus fortes puissent venir en aide aux plus faibles, susciter la relève, et qu'il y ait un échange d'idées», indique-t-il.
Avec la Table de concertation des gais et lesbiennes du Québec, on examine aussi la possibilité de créer un Comité jeunesse qui viendrait donner du poids à GALAOS.

On peut rejoindre GALAOS à travers Séro Zéro, Éric Desjardins, (514) 831-5670 ou www.galaos.org. Les gens intéressés peuvent aussi se rencontrer les vendredis, à 18h (avant la rencontre de Jeunesse Lambda), au local 130 du CCGLM, 2075, rue Plessis (coin Ontario).