Séro Zéro dévoile les résultats de sa consultation sur la santé gaie

Le projet Three city

André-Constantin Passiour
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C'est le 13 mai dernier, que le groupe Séro Zéro a présenté cette recherche sur la santé gaie à une soixantaine de personnes. Cette enquête se déroule dans le cadre de l'étude «Three Cities» qui se poursuit simultanément à Montréal, Toronto et Vancouver. Plus de 500 hommes ont répondu au sondage dans des bars et saunas, alors qu'environ 150 autres l'ont fait lors d'un sondage auprès de groupes communautaires, en janvier 2000. Séro Zéro rédigera sous peu une synthèse des résultats. Pendant trois semaines, à l'automne 1999, des intervenants et des bénévoles de Séro Zéro sont allés dans 24 établissements pour y recueillir des données sur la santé gaie. On apprend que plus de 52 % des répondants ont récemment subi un test de tépistage. Il semble aussi qu'un pourcentage appréciable de gens font usage de tabac, d'alcool et de drogues. Par ailleurs, des chiffres confirment les difficultés vécues par les gais à l'adolescence.

Sexe et VIH
Le premier chiffre qui frappe est celui sur le test du dépistage. En effet, 52 % des gens affirment avoir subi un test en 1999 et près de 21 % au cours de l'année précédente, tandis que 17 % se disent séropositifs. «Ce qui est comparable à d'autres études. Par contre, ce qui est nouveau, c'est que plusieurs ont refusé de répondre à cette question», de commenter le directeur de Séro Zéro, René Lavoie.
Au cours des six derniers mois, 34 % des participants ont dit avoir eu de 2 à 5 partenaires, 13 % de 6 à 9, et 10 % ont répondu avoir eu plus de 25 partenaires. Les hommes fréquentant le milieu communautaire auraient, parait-il, moins de partenaires que les gais sortant dans les bars. Il y aurait une différence notable entre les deux groupes en ce qui a trait aux relations anales. Une proportion de 26 % des répondants ont dit se faire pénétrer sans condom avec un partenaire régulier et une proportion de 12 % par un amant occasionnel, tandis que 25 % disent pénétrer sans condom leur ami régulier et 12 % un partenaire d'occasion. «Ce 12 % est comparable aux études d'Oméga. Il n'y a donc pas de surprise. Mais, chez les gens qui fréquentent les organismes, le taux chute à 4 %. Il y a donc une forte variation», commente M. Lavoie.
Plus consommateurs?
La cigarette semble populaire chez les gais, puisque 53 % d'entre eux avouent fumer tandis que presque 10 % ont arrêté de fumer. M. Lavoie a signalé que, dans la population masculine en général au Québec, le nombre de fumeurs se situe à plus ou moins 30 %. Cela tendrait à confirmer que les gais fument plus.
Côté alcool, si plus de 73 % prennent 10 consommations et moins par semaine, plus de 20 % ont indiqué boire de 11 à 34 consommations. Pour ce qui est des drogues, 32 % disent consommer une à trois fois par mois de la marijuana, tandis que 15 % en consomment une à trois fois par semaine. La cocaïne est prise une à trois fois par mois par 19 % des répondants, ce chiffre ateint 15 % pour l'ecstacy. Les poppers demeurent populaires : 26 % en sniffent encore une à trois fois par mois.
Dans les services de santé, très peu de gens estiment qu'il est important que le médecin ou le «psy» soit de la même orientation sexuelle qu’eux ou qu'ils ne sentent pas le besoin de divulguer leur propre orientation; 51% croient que leurs besoins en santé sont différents de la population en général et 52% désirent des services particuliers.

Difficultés des jeunes
À l'adolescence, 40 % des participants ont été victimes d'insultes, près de 13 % d'agressions et 15 % ont subi des relations sexuelles non désirées. «C'est une période qui est très difficile et on constate que les ados hétéros sont encore homophobes», de déplorer René Lavoie. «Ce n'est rien de précis, mais grâce à ces données, on commence à avoir une idée de la réalité. Les résultats dessinent une tendance qu'il faut étudier et comparer avec d'autres études et aussi avec le comortement de la population en général», de conclure M. Lavoie.