Une bonne santé financière

Le crédit et les dettes

Claudine Metcalfe
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Tous les planificateurs financiers le disent, la première chose à faire quand on décide de prendre en main la santé de son portefeuille est de réduire ses dettes. C’est le premier pas dans la bonne direction. Comme un grand nombre de gais ont une vie financière plus frivole que les hétéros bien établis, avec responsabilités parentales et vie plus straight, il n’est pas rare de voir plusieurs personnes de notre communauté très endettées. Selon Patrick Desmarais du cabinet de services financiers Polygone : «il est fréquent de réviser, avec plusieurs clients de la communauté gaie, leur capacité d’emprunt avant de penser épargne, placements et investissements. Je vois souvent des gais qui gagnent un très bon salaire, mais n’ont pas de REÉR et, pire encore, sont endettés par dessus la tête! Je ne suis ni sociologue ni psychologue, mais je pense que ce phénomène peut s’expliquer par différentes raisons allant de la philosophie du vivre ici-maintenant — du fait que notre groupe d’appartenance est assez flyé (boîtes de nuit, voyages, mode, environnement confortable et chaleureux…) — au peu de responsabilités personnelles que nous avons : la majorité des gais n’ont pas d’enfants.»

Comment réduire vos dettes
Le crédit est la pierre angulaire de notre société capitaliste. Si tous les Canadiens réglaient leurs dettes aujourd’hui, le pays s’effondrerait. Cette vérité ne doit pas cependant justifier votre surendettement!
Tout d’abord, il faut faire un budget, épreuve qui semble ardue pour la plupart des gens. Cet exercice peut être révélateur et salutaire à plusieurs points de vue, et non seulement pour reprendre en mains vos finances.
Mais où va votre argent? Les dépenses fixes et l’endettement ne devraient jamais dépasser un ratio de 40% : le total des dettes annuelles divisé par votre revenu brut doit être inférieur à 40%. S’il s’en approche dangereusement, vous vous sentez étouffés. D’ailleurs, ce 40% magique est le ratio, la norme des institutions financières.
Les dettes annuelles correspondent aux dépenses courantes : le loyer, les impôts, les frais de propriété, le chauffage et Hydro, les frais de location divers et les assurances. Le reste de votre budget est réservé à l’épargne pour 10%, à la planification de la retraite pour 10%. Il vous reste un beau 20% pour manger, vous vêtir, vous amuser et voyager. Pas sorcier!

Les cartes maudites
Les institutions financières nous harcèlent tant elles nous proposent toutes sortes d’offres alléchantes pour nous séduire : des primes, des versements qui se paient tout seuls (après avoir dépensé 8 000 $, par exemple!), des pourcentages versés à une bonne œuvre de votre choix, des cadeaux qui ressemblent aux kétaineries des timbres Gold Stars d’une autre époque (genre air miles) et autres attirants mais dangereux appâts.
Tout d’abord, il faut rembourser vos dettes par ordre, soit éliminer celles qui coûtent le plus cher en intérêts : cartes de magasins, dettes chez les institutions du genre Trans-Canada ou Beneficial où l’on vous demande 34%, puis les cartes de crédits avec lesquelles vous avez payé les cadeaux de Noël et cossins pour la maison. Si vous êtes atteint de la maladie de la dépense rapide, mettez les ciseaux dans vos cartes et ne conservez, pour les urgences, que celle qui coûte le moins cher en intérêt. Vous pouvez la confier à un ami digne de confiance ou la mettre dans un coffret de sécurité à la banque… loin des yeux, loin du cœur! Demandez que la limite soit diminuée afin de la conserver pour de réelles dépenses utiles!
Un bon truc consiste à payer le plus possible en comptant (ou avec la carte de débit automatique) pour ainsi conserver le contrôle.
Si vous êtes incapables de payer vos cartes, demandez un prêt personnel (si votre ratio d’amortissement est au-dessous de 40%) pour consolider tout cela : c’est moins dispendieux.