Reflète-t-elle notre milieu ?

La télé à Québec

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Toute capitale «nationale» qu’elle soit, Québec n’est malheureusement pas un grand centre de production télévisuelle, hormis les bulletins d’informations et quelques émissions spécialisées. Si cela est vrai pour la production générale, cela l’est d’autant plus lorsqu’il s’agit de traiter des préoccupations des milieux gai et lesbien de la grande région de la Capitale. Antérieurement, avant que Vidéotron ne sabre dans la production des télés communautaires et crée un nouveau canal, le canal VOX, à saveur passéiste, il existait quelques émissions locales (en particulier une émission s’apparentant à «Droit de Parole» de Télé-Québec, avec une animatrice fort compétente) qui abordaient de temps en temps des sujets concernant la communauté, comme l’action du Gris en milieu scolaire, le coming out, la situation des gais au secondaire, les campagnes de sensibilisation de Miels-Québec, etc. Tout cela est malheureusement disparu, emporté par la vague Vidéotron.
Par ailleurs, il arrive, sporadiquement, que les stations conventionnelles, telles Radio-Canada, Télé-4 et TQS abordent dans des reportages spéciaux, dans le cadre de leurs bulletins d’information, la vie gaie et lesbienne d’ici, et par la bande traitent brièvement des activités de la Fête Arc-en-ciel.
La seule émission de télé produite à Québec et qui invite des gens de la région, à TQS, pour traiter périodiquement des sujets touchant la problématique est l’émission Sexe et confidences, animée par la sexologue Louise-Andrée Saulnier qui ose parler des sujets controversés et délicats avec beaucoup de franchise et d’ouverture d’esprit (voir l’entrevue avec l’animatrice en page 168).
Il arrive aussi que certaines chaînes spécialisées, comme le Canal Vie, avec son émission Sortie gaie, viennent tourner quelques reportages dans la Capitale, accordant à celle-ci un espace télévisuel équivalent, à peu de chose près, à celui d’une région comme les autres... C’est un bel effort qu’il faut souligner, mais tout cela est fort peu. Quand on fait le bilan de la dernière année, par exemple, on peut retracer trois ou quatre reportages à Radio-Canada, quelques-uns à TVA, la même chose à TQS (sauf Sexe et Confidences) et deux ou trois virées de Canal Vie à Québec. Inutile de dire que, là comme ailleurs, la centralisation de la production dans la métropole (chaînes conventionnelles et spécialisées) est néfaste à la capitale du Québec. Et cela est loin de refléter ce qui s’y passe vraiment, aussi bien dans les domaines sociaux et culturels que dans celui de la communauté gaie et lesbienne, qui a réussi, par exemple, à se créer un réseau impressionnant d’organismes, de mouvements et d’associations au service des membres de cette communauté.