Pour prévenir d'autres attaques comme celle contre Alain Jackisnky

La création du collectif du « Carré Rose »

André-Constantin Passiour
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En date du 18 décembre, DJ Alain Jackinsky écrivait sur sa page Facebook qu’il ne serait pas de la soirée VIVA !, à New York le 21 décembre, puisque son œil a été infecté et nécessite des soins quotidiens sinon, il risque de perdre la vue dans cet œil. Le 16 décembre dernier, il faisait un récapitulatif des événements de la nuit du 13 au 14 décembre alors que lui et son colocataire, David Lord, se sont fait attaquer par quelques personnes, après 3 h 30, de l’autre côté de la rue du complexe Sky. 

Un œil enflé, une coupure apparente, le tout un peu bleuté, cette photo d’Alain Jackinsky, résident au Sky et DJ de renommée internationale, a fait pratiquement le tour de la planète web avec des commentaires d’appuis, de sympathies et de solidarité.Pour plusieurs, cet incident en était un de trop dans le Village gai et a suscité la formation d’un collectif destiné à « reprendre le Village » !

Le lendemain de cette attaque, et suite à tous les commentaires, le « Collectif Carré Rose Montréal » était créé sur Facebook. Pilotée par Louis-Alain Robitaille, un agent immobilier et ex-directeur général de la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ), cette page reçoit l’assentiment de plus de 1 200 personnes, en moins de 24h. Et en date du 19 décembre, 2713 personnes en étaient devenues membres. ??« Cela s’est fait très rapidement parce que je crois que les gens sont tannés d’entendre de telles histoires. Je pense que ce qui est arrivé à Alain Jackinsky est la goutte qui a fait déborder le vase. Il semble qu’il y ait une escalade, que les incidents se multiplient sans que personne ne puisse rien faire et les gens sont écoeurés », de commenter Louis-Alain Robitaille qui sera le porte-parole de ce groupe. ??« L’objectif du collectif n’est pas de boycotter quelque établissement que ce soit ou de manifester bruyamment ou violemment, indique M. Robitaille, mais d’être positif, proactif et de poser des actions de manière pacifique. On se rassemble pour que les choses s’améliorent, qu’il y ait moins de violence ». Entre autres, le collectif prévoit une manifestation de style « Kiss-In », pour le 14 février. ?

Ce nouveau comité du Carré Rose, formé de citoyens du quartier et d’autres s’intéressant à la cause LGBT, devait avoir lieu le 19 décembre. Une dizaine d’individus, dont Me Jean-Sébastien Boudreault, le vice-président de Fierté Montréal, Ghislain Rousseau, ex-membre du conseil d’administration de la Société de développement commercial du Village (SDC) et organisateurs des partys de Fétiche Armada, et le journaliste Richard Burnett, font partie de ce comité. « Je ne peux pas mener les actions tout seul, d’une part, mais d’autre part il fallait aussi que ce comité soit représentatif des citoyens de la communauté et qui connaissent bien le Village et ses problématiques. C’est très malheureux ce qui est arrivé à Alain Jackinsky, il nous faut, justement, saisir le moment pour agir pour l’avenir, afin que cela ne se reproduise pas. On a entendu parler de cet incident parce qu’Alain est une personnalité connue, mais il y a eu d’autres attaques par le passé et si les gens ne sont pas reconnus, alors quoi, on n’en parle pas ? », s’interroge M. Robitaille. ??

Pour l’instant, et c’est le but de la rencontre du comité, l’intention du collectif est de rencontrer dans les plus brefs délais le commandant du poste de quartier 22 de la police de Montréal (SPVM), Vincent Richer, ainsi que le maire Denis Coderre et les autres élus du secteur. « J’ai parlé à beaucoup de gens et les idées fusent de partout, c’est pourquoi on doit voir ce qui est applicable. Il y a des choses qui peuvent être faites, qui sont simples et qui peuvent faire une différence lorsqu’il s’agit de contrer la violence », poursuit Louis-Alain Robitaille. ??Il y a deux ans, aussi de façon pacifique, on entreprenait la campagne « J’aime mon Village ! », encore là, pour sensibiliser la population aux problèmes du quartier et à redonner une certaine fierté au secteur qui vit des problèmes lourds d’itinérance, de ventes de drogues, etc.

« «J’aime mon Village» c’était bien, mais maintenant il faut aller plus loin, c’est le temps d’entreprendre d’autres actions pour reprendre notre Village de manière positive. Reprendre le Village ne signifie pas d’y descendre avec des pancartes, ça veut dire d’aller dans ses restos y manger, de magasiner dans ses commerces, de sortir dans ses bars pour y prendre un verre et, à la fois, de faire des pressions sur la Ville et sur la police pour qu’ils établissent un plan d’intervention pour que ces attaques cessent… Si l’on rencontre le maire Coderre avec la force de plusieurs milliers de membres du Collectif, cela nous donne encore plus de poids politique pour faire des représentations », pense M. Robitaille. ??D’autres détails seront révélés sous peu pour ce qui est de l’activité du 14 février prochain.