Vatican

Un ex-membre de la Garde suisse soutient avoir été victime de harcèlement sexuel

Pierre-Olivier Courville
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Un ancien membre de la Garde suisse du Vatican, responsable de la sécurité du pape, affirme qu'il a été victime de harcèlement sexuel par des cardinaux, des évêques, des prêtres et d'autres responsables du Vatican. 

Dans une confession publiée dimanche dans le journal suisse « Schweiz am Sonntag », l’ancien garde soutient avoir reçu jusqu'à 20 « demandes sans ambiguïté » de membres du clergé, y compris un dignitaire proche de Jean-Paul II à l'époque où il appartenait au corps de sécurité de la cité pontificale. Son expérience, dit-il, donne du crédit aux rumeurs récurrentes selon lesquelles un « lobby gai » existerait au Vatican.

L'ancien garde raconte notamment avoir été appelé dans le milieu de la nuit par un haut fonctionnaire qui l'a invité dans sa chambre. Il rapporte avoir trouvé lors d'une autre occasion une bouteille de whisky dans sa chambre avec une carte de visite laissée par un évêque. Un prêtre, affirme-t-il encore, l'a invité à dîner, en lui disant qu'il lui servirait de dessert.

L'ex-garde indique qu'il avait signalé ces cas à ses supérieurs, se plaignant de harcèlement, mais qu'il n'a reçu aucun soutien face à ces accusations. Il dénonce « l'hypocrisie » de ceux qui s'opposent officiellement à l'homosexualité dans leur doctrine, mais tolèrent ou pratiquent l'homosexualité au sein de l'Église.

Le jeune homme estime que lorsqu'il était encore un garde-suisse, 15 à 20 hommes d’Église constituaient le noyau dur du fameux « lobby gai ». Selon lui, le pape n’était pas informé. « Il ne savait pas ce qui se tramait », affirme-t-il.

« Peut-être que je serais commandant, si j’avais coopéré », commente l’ex-garde. Le jeune homme dit, enfin, douter de la capacité du Pape François de changer les choses. « Il est tellement seul », estime-t-il.