Jeux olympiques d'hiver 2014

Le nouveau président du CIO mentionne les droits des gais dans son discours

Pierre-Olivier Courville
Commentaires

Rappel des droits des homosexuels aux autorités russes d'un côté, piques décochées aux dirigeants étrangers qui boudent Sotchi de l'autre, Thomas Bach a réussi à redonner de la voix au CIO pour les premiers JO sous sa présidence.

L'avocat d'affaires allemand, qui a succédé en septembre au Belge Jacques Rogge, n'a pas mis longtemps pour rompre avec le style très diplomatique de son prédécesseur.

À quelques heures de la cérémonie d'ouverture vendredi, le patron du CIO a reproché implicitement aux dirigeants de certains pays de chercher à se servir des Jeux pour «faire des déclarations politiques sur le dos des sportifs à travers le fait de venir ou non».

Plusieurs chefs d'État occidentaux, à commencer par le président américain Barack Obama, ont fait savoir qu'il n'était pas question de se rendre en Russie durant la quinzaine olympique.

«C'est à chaque dirigeant politique de décider par lui-même comment il veut soutenir les sportifs de son pays», a fait valoir Thomas Bach. Si pour lui, les Jeux Olympiques ne doivent pas servir de tribune politique, ils doivent cependant «envoyer le message au monde et aux dirigeants qu'une société pacifique et sans discrimination peut fonctionner». Ce qui inclut évidemment en tout premier lieu la Russie de Vladimir Poutine, avec sa loi interdisant «la propagande» homosexuelle devant mineurs.

Thomas Bach, qui n'a cessé de répéter ces dernières semaines avoir eu l'assurance du président russe que tout le monde serait le bienvenu aux Jeux, sans parvenir à calmer les associations militantes pour les droits des homosexuels, a réussi un bon coup en invitant le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon à l'assemblée générale du CIO à Sotchi.

Ce dernier a profité de cette tribune pour appeler tout le monde à «élever (sa) voix contre les attaques visant les lesbiennes, les gais, les bisexuels, les transgenres ou les intersexes» et à «s'opposer aux arrestations, emprisonnements et restrictions discriminatoires».