Afrique - homophobie

Des lois antigaies dans les trois quarts des pays africains

Chantal Cyr , Charles Gagné
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Près de trois quarts des pays africains, à l'exception notable de l'Afrique du Sud, disposent de législations interdisant ou réprimant l'homosexualité.

Le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué lundi une loi controversée durcissant la répression de l'homosexualité. Les relations homosexuelles sont déjà passibles de la prison à vie en Ouganda, mais cette législation, adoptée le 20 décembre par le Parlement, interdit notamment toute «promotion» de l'homosexualité et rend obligatoire la dénonciation de quiconque s'affichant homosexuel.

Selon un rapport d'Amnesty International publié en juin 2013, l'homosexualité reste passible des tribunaux dans 38 des 54 pays africains, et même de la peine capitale en MAURITANIE, au SOUDAN et en SOMALIE.

Voici quelques exemples de législation en Afrique:

NIGÉRIA:

Adoptée en mai 2013 et promulguée le 13 janvier 2014, la loi prévoit une peine de 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel et 10 ans d'emprisonnement contre les personnes de même sexe affichant publiquement leur relation.

GAMBIE:

Les homosexuels encourent jusqu'à 14 ans de prison.

ZAMBIE:

Les relations entre personnes du même sexe sont proscrites depuis la période coloniale britannique et la sodomie est passible de 14 ans de prison.

CAMEROUN:

L'homosexualité est considérée comme un délit pénal et les homosexuels risquent jusqu'à 5 ans de prison. De nombreuses ONG dénoncent régulièrement les arrestations et emprisonnements de personnes homosexuelles, de même que les nombreuses pressions et menaces à l'égard des défenseurs de leurs droits.

SÉNÉGAL:

Les actes homosexuels sont passibles de un à cinq ans de prison. En avril 2013, le président Macky Sall a “exclu totalement” sa dépénalisation.

TUNISIE:

L'homosexualité n'est pas en elle-même interdite par la loi, mais la sodomie y est passible de trois ans de prison ferme.

MAROC:

Les homosexuels risquent de 6 mois à 3 ans de prison.

ALGÉRIE :

Rares sont les poursuites pour homosexualité, tout de même passible en théorie de deux mois à deux ans de prison.

BURUNDI:

En 2009, un nouveau code pénal a criminalisé l'homosexualité, désormais passible de trois mois à deux ans de prison.

ZIMBABWE:

L'homosexualité est illégale, mais l'Association des homosexuels et lesbiennes du Zimbabwe est autorisée, bien qu'elle souffre de harcèlements de la police.

MALAWI:

En novembre 2012, la présidente Joyce Banda a suspendu les sévères lois antigaies en vigueur, en attendant un débat parlementaire sur le sujet. Le Code criminel punit d'une peine maximum de 14 années d'emprisonnement les relations sexuelles entre hommes, et de cinq pour les femmes.

Quelques pays ne répriment pas l'homosexualité comme le GABON, la COTE D'IVOIRE, le MALI ou le TCHAD.

Depuis la fin de l'apartheid, l'AFRIQUE DU SUD dispose d'un des cadres juridiques les plus libéraux du monde. La Constitution interdit toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Le Parlement a légalisé le mariage homosexuel en 2006, faisant de l'Afrique du Sud le seul pays africain à reconnaître les unions entre personnes de même sexe.