Heartquakes

Heartquakes faire trembler les cœurs et les oreilles

Julie Vaillancourt
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LE GROUPE THOSE TREES
Si se démarquer en musique n’est pas chose facile, trouver la bonne équipe et les sous pour financer son premier album, peut être un processus tout aussi laborieux. Or, les cinq filles qui composent le groupe anglophone montréalais Those Trees ont pourtant réussi leur pari; celui de présenter un album autoproduit de qualité, affichant leurs couleurs musicales et personnelles. Il y a près de 5 ans, Anne-Marie (voix, clavier), Sonia (basse), Marie-Émilie (batterie, chœurs), Jacinthe et Marie-Ève (guitares, chœurs) se rencontrent. Influencées par The Yeah Yeah Yeahs, Bright Eyes, Placebo et Tegan & Sara, elles peaufineront leurs compositions aux sonorités pop/rock/alternatif. De fil en aiguille, les 5 femmes lesbiennes se produiront sur diverses scènes dont l’Olympia, le Club Soda, la Sala Rossa, le Drugstore, le Cabaret à Mado et le Royal Phoenix, avant de se retrouver en finale canadienne d’Emergenza en 2013, dont elles seront le seul groupe exclusivement féminin. Fortes du succès de leur lancement en mars dernier, les filles de Those Trees nous parlent de leur premier album Heartquakes, qui promet de faire trembler les cœurs et les oreilles…
 
 
Vous avez autoproduit ce premier album de 11 titres. Combien de temps y avez-vous travaillé? 
Ça faisait déjà 5 ans que nous travaillions sur les chansons ce qui nous a permis de bien définir notre son. Nous avons commencé l'enregistrement de l'album en juin dernier. Ça a donc été un processus d'environ 8 mois. Nous avons commencé par enregistrer la batterie, ensuite les autres instruments et finalement la voix.  Une fois l'enre-gistrement fini, il y a eu beaucoup d'heures de mixage par le réalisateur Simon Champagne et de nombreuses écoutes de chaque pièce pour atteindre le résultat souhaité. 
 
Dans votre aventure, quels furent les défis de l'autoproduction?  
Faire coïncider les horaires de tout le monde a été difficile. Nous au-rions voulu sortir l'album plus tôt, mais nous avons constaté que ça ne serait pas possible finalement vu les conflits d'horaires qui retardaient l'enregistrement. Un autre défi a été de faire le design de la pochette. Heureusement, une bonne amie à nous, Laurianne Poirier, a bien voulu collaborer avec nous. Nous nous comptons chanceuses puisqu'elle est très talentueuse. Trouver le financement nécessaire a été une étape primordiale. Nous avons fait quelques spectacles de «levée de fonds » et nous avons pu compter sur le soutien de nos fans. 
 
Vos chansons sont issues d'un travail collectif d'écriture musicale. Quelle est l'atmosphère durant vos séances de création/répétition?
Nous composons les chansons ensemble. Nous improvisons et nous essayons des trucs différents jusqu'à ce que nous trouvions ce qui nous plaît vraiment. Parfois, nous écrivons des parties instrumentales chacune de notre côté puis nous nous retrouvons et les jouons ensemble. Nous faisons alors des modifications, ajoutons ou enlevons des choses. Nous nous alimentons beaucoup les unes des autres pour composer et chacune est libre de proposer des idées pour les autres instruments. C'est vraiment un plaisir de composer en groupe!
 
Au niveau des paroles, y’a-t-il des parcelles autobiogra-phiques?
La composition des paroles (par la chanteuse Anne-Marie), est directement inspirée d'histoires vécues (des joies, des frustrations, des échecs amoureux, etc.) d'où le nom de notre album Heartquakes. D'ailleurs, le nom de l'album a été trouvé lors d'une soirée dans un chalet dans le Nord durant lequel un tremblement de terre s'est produit. Soudainement, des bruits étranges provenant de l'extérieur ont retenti et Marie-Eve, dans son élan, s'est écriée: « it's an "heartquake" everyone outside! ». Vu son anglais approximatif, elle a ajouté un «H» à eartquake et a donc dit «Heartquake» ce qui se traduit par «tremblement de coeur». Comme les chansons sont inspirées d'histoires sentimentales, nous avons trouvé que ça représentait bien l'album.
 
C'est comment d'être dans un groupe entièrement féminin/lesbien?
Nous ne pensons pas qu'être 5 filles est si différent que s'il y avait des gars dans le groupe. Il reste que l'on doit composer avec 5 personnalités et tempéraments différents. L'important est de bien communiquer sans être trop émotive et de respecter la place de chacune.
 
Est-ce important pour vous d'afficher votre orientation sexuelle à travers votre musique ou de vous impliquer dans la communauté?
En fait, c'est une coïncidence que l'on soit 5 filles dans le groupe et toutes de la même orientation. Nous n'avons pas recherché ça abso-lument. Nous ne faisons pas notre musique dans le but d'afficher notre orientation. Par contre, nous nous inspirons de ce que nous vivons. Nous sommes simplement nous-mêmes. Il est clair qu'une bonne partie de la communauté nous suit et c'est super! Nous sommes toujours heureuses de nous impliquer pour une cause ou pour un événement LGBT.
 
Comment s’est déroulé votre lancement, le 1er mars dernier à l'Alizé?
Les gens sont venus en grand nombre; la place était comble. L'ambiance était décontractée et festive. Nous avons joué toutes les chansons de l'album et le public a beaucoup apprécié. Le moment fort de notre prestation a été lorsque nous avons joué Mistress. Comme nous avions sorti le vidéoclip un peu plus d'un mois auparavant, le public connaissait la chanson et a pu chanter et taper des mains avec nous! Nous avons reçu beaucoup de commentaires positifs. Ce fut très agréable et valorisant d'avoir une bonne réponse du public pour ce projet qui nous tient tant à cœur. Ce fut un moment marquant!
 
 
Those Trees sera en spectacle le 23 mai prochain au Cabaret Underworld à Montréal, dans le cadre d’un spectacle-bénéfice pour enfants diabétiques.
Pour plus d’informations: www.thosetrees.com 
Pour vous procurer l’album : http://thosetrees.bandcamp.com/