meth et réalités

Sensibiliser pour agir et prévenir

André-Constantin Passiour
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meth et réalités

Le «crystal» ou crystal meth est une drogue très en vogue en ce moment dans la communauté gaie montréalaise. Elle n’est pas une drogue comme les autres, une drogue beaucoup plus forte. Sa popularité tient beaucoup au fait qu’elle augmente le désir sexuel, elle fait tomber les inhibitions, les tabous… Lorsque ceux-ci prennent le bord, on se sent plus fort sexuellement, on est plus ouvert aux expériences, elle renforce les sensations et le plaisir ressenti. Elle est souvent associée à des pratiques sexuelles  à haut risques de transmettre ou de contracter le VIH, la syphilis ou d’autres ITSS. Il s’agit d’une drogue «taboue», les gens sont souvent un peu hésitant d’en parler. 

«Il est souvent plus difficile de contrôler sa consommation. Les patients ont peur d’être jugés explique le Dr Pierre Côté de la Clinique médicale du Quartier Latin : nous sommes aux premières loges pour constater l’ampleur et les conséquences de la consommation de crystal meth dans la communauté gaie montréalaise tant sur la santé physique que mentale.»
 
Au cours des prochains jours, la clinique dévoilera une campagne de sensibilisation, «Meth  et réalités»  par le biais d’un espace web sur son site internet http://cliniquequartierlatin.com
 
«Ce site contiendra de l’information sur cette drogue : ses effets, ses particularités. On y trouvera des trucs pour diminuer les conséquences néfastes qui peuvent être reliées à sa consommation. Des trucs pour aider à contrôler sa consommation. On y trouvera des ressources tant institutionnelles que communautaires pour recevoir de l’aide et  pouvoir en discuter librement sans se sentir juger. On veut pouvoir intervenir le plus tôt possible, rajoute le Dr Côté. Nous souhaitons aussi travailler en collaboration et en complémentarité avec d’autres ressources.»
 
«Il n’y a pas de statistiques précises quant à la consommation de crystal meth en relation avec l’augmentation des ITSS, mais on le voit ici à la clinique. Les consommateurs ont de la misère à arrêter parce que c’est une drogue hautement «addictive», les gens souffrent de dépression, de trouble de l’attention aussi, etc. On veut donc sensibiliser les gens le plus vite possible pour qu’ils soient plus ouverts à en parler, qu’ils aient moins honte à le dire et que l’on puisse les aider et les traiter. Il s’agit pour nous d’ouvrir une porte à la discussion, pour amener les gens à en parler plus facilement parce que cette drogue fait beaucoup de ravages en ce moment», de dire le Dr Côté.
 
En attendant qu’il y ait des enquêtes sérieuses démontrant les liens entre la consommation de cette drogue et les ITSS et les comportements à risque, bien de l’eau coulera sous les ponts… Donc que fait-on ? «On lance une campagne de sensibilisation, caractérisée notamment par la création d’un micro-site développé spécialement pour les consommateurs de crystal meth. Il verra le jour dès ce printemps parce qu’on sait que les gens veulent fêter, aller dans des partys et rencontrer d’autres gars, donc cela peut leur donner de l’information et les inciter à demander de l’aide…quand ils retombent dans la réalité », souligne le Dr Côté.
 

Clinique médicale du Quartier Latin 905, boul. René-Lévesque Est, Mtl. 514-285-5500 ou http://cliniquequartierlatin.com