Nissan Micra et Porsche MAcan 2014

Une Nissan pour moins de 10 000 $ et une Porsche abordable

Denis-Daniel Boullé
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porsche

Les voitures citadines, ou mini-voitures règnent dans les villes européennes et japonaises. Elles ont du mal à s’imposer en Amérique du Nord, qui ne souffre pas du manque d’espace ou de l’étroitesse des rues européennes. Sur le continent nord-américain, c’est le Canada et principalement le Québec où les citadines trouvent preneurs. 

Nissan Micra 
C’est la raison pour laquelle, la plus petite de Nissan, la Micra, ne sera pas importée chez nos voisins du Sud. Fabriquée à Aguacalientes au Mexique, la Micra selon les différents communiqués de presse se veut un heureux mariage de la qualité japonaise, du style européen, avec une excellente économie de carburant et de faibles coûts d’entretien, et pour un prix ne dépassant pas les cinq chiffres : 9 998 $. Et si c’était l’affaire du siècle ? 
 
Peut-être ? Car en termes de qualité de construction, de fiabilité, de coûts d’entretiens, Nissan se situe toujours en tête des constructeurs. Et pour mieux séduire les consommateurs d’ici, les techniciens de la marque japonaise ont testé la Micra sur les routes du Canada, en hiver surtout, pour apporter les modifications et les ajustements nécessaires à nos routes. Bien sûr, la Micra ne franchira pas des bancs de neige, ni ne grimpera des montagnes, mais elle saura se débrouiller dans les rues enneigées de Montréal ou de Québec. 
 
Extérieurement, la Micra joue les rondeurs, avec son toit bombé, ses ailes renflées. Un style qui ne déroutera pas et qu’on avait déjà vu sur la première génération de Toyota Écho. Les feux avant sont généreux, trait que l’on retrouve sur tous les modèles Nissan. La calandre est divisée en deux. La partie plus haute accueille le logo Nissan, la seconde au niveau des pare-chocs avant est plus large et donne ainsi une face plus massive, voire sportive. La partie arrière joue plus dans le pratique que dans l’esthétique. On sent qu’on a rejeté sur le haut des ailes arrière les feux pour que le hayon soit le plus large possible.  Un look que d’aucuns trouveront passe-partout, mais qui sied bien à ce genre d’auto dont le but principal est d’être fonctionnel, bon à tout faire, et pas compliqué. D’ailleurs cela se voit dès que l’on ouvre la porte. Les designers ont fait dans ce qu’il y a de plus simple. Devant le volant un bloc accueille les instruments de contrôle. Au centre du tableau de bord, une console rectangulaire se distingue et regroupe le système de son et la climatisation. Un ordinateur s’intègre dans la console pour la version la plus luxueuse.  Quant à la couleur intérieure, elle est uniforme, un gris foncé aussi bien pour les sièges, le tableau de bord que les commandes et le levier de vitesse. Un plastique dur au toucher, mais sûrement pratique à nettoyer. Heureusement le cons-tructeur propose sept couleurs pour l’extérieur dont certaines ne vous feront pas passer inaperçus. 
 
Qui dit voiture citadine, dit aussi petite motorisation. Un seul moteur est proposé pour les trois versions (S, SV et SR), un 4 cylindres développant 109 chevaux avec double injection de carburant et système CVTC (Contrôle de la distribution à variation continue). Pas de quoi inscrire la Micra au Grand-Prix de Montréal de formule 1, mais largement suffisant pour un usage quotidien en se rappelant lorsque le moteur manque un peu de puissance, que sa frugalité compense largement son anémie. Les trois versions peuvent recevoir une boîte manuelle à 5 rapports ou une boîte automatique à quatre rapports. 
 
Bien évidemment, ceux qui choisiront la version de base à moins de 10 000 $ ne bénéficieront des avantages au confort et à la conduite que l’on retrouve dans les modèles SV et SR.  Par exemple le siège du conducteur à 6 réglages avec accoudoir intégré ne se retrouvera que dans ces deux derniers modèles. 
 
La Nissan Micra a tout pour séduire une clientèle qui recherche une auto pour une vocation essentiellement urbaine ou comme deuxième voiture, pratique, économique, fiable, et sympathique à conduire. On aurait donc tort de s’en priver. 
 
Porsche Macan 
Peut-être que le Macan sera le moins cher de la gamme du constructeur sportif Porsche.  Du moins, c’est ce que souhaitent les dirigeants de la marque qui ont décidé de jouer le tout pour le tout avec ce véhicule utilitaire sport compact qui se retrouvera à côté du grand Cayenne. Porsche a investi plus de 500 millions d’euros pour agrandir son usine de Leipzig là où est produit le Macan. L’arrivée du nouveau modèle a permis l’embauche de 1 400 emplois. 
 
Les avis vont bon train sur ce choix de nom pour le nouveau Porsche. Il semblerait que l’origine soit un mot indonésien signifiant Léopard. Les concepteurs penchent pour tigre, mais certains internautes ont remis en question cette traduction. Quoi qu’il en soit on reste dans le domaine des grands félins, qui sous-entend agressivité et agilité. Le plus petit des Porsche ne doit pas déroger aux caractéristiques qui ont fait la légende du constructeur allemand. Visuellement, aucun doute, le Macan s’intègre parfaitement dans la famille Porsche, ses lignes arrondies, ses ailes galbées, ses phares avant et arrière qui s’inspirent de la mythique 911. La signature est donc reconnaissable même de très loin. Certains regretteront peut-être que les rondeurs si profitables aux coupés et autres cabriolets alourdissent la silhouette des VUS de la marque. 
 
Le Macan a été conçu autour de la plateforme et des éléments de l’Audi Q5 (Audi comme Porsche sont des divisions appartenant à Volkswagen), ce qui est déjà un gage de qualité et de sécurité. Deux versions seront proposées dès le printemps au Canada, le Macan S et le Macan Turbo. Attention, si le premier se détaillera aux alentours de 55 000 $, il vous faudra probablement allonger 30 000$ de plus pour le Macan Turbo. Mais vous aurez sous le capot un moteur V6 développant 400 chevaux alors que le Macan S se contentera d’un V6 annonçant que 340 chevaux. Tous les modèles sont équipés d’une boîte séquentielle à 7 rapports développée exclusivement par le constructeur répondant au joli nom de Doppelkupplung (PDK) qui assure des passages de vitesse en quelques fractions de seconde. 
 
À l’intérieur, tout a été prévu pour que le futur acheteur vive l’expérience  Porsche, aussi bien dans le design exemplaire des sièges que dans l’agencement des commandes pour assurer une conduite sportive avec toute l’instrumentation accessible presque du bout des doigts. Comme c’est devenu une tendance chez les constructeurs de voiture de luxe, une liste d’options interminables permet de personnaliser sa voiture, même si la facture en bout en fin de compte risque d’être corsée. Mais il est bien connu que lorsque l’on aime on ne compte pas. 
 
Avec l’arrivée du Cayenne, puis de la limousine Panamera, Porsche a décidé de diversifier sa gamme pour rejoindre les goûts et les besoins particuliers des consommateurs sans pour autant trahir sa philosophie de maître des voitures sportives. Le dernier né devra se tailler une place parmi tous les VUS compacts de luxe déjà sur nos routes, les BMW, Audi, Mercedes-Benz et autres Infiniti de ce monde.