Mado est au boutte

Ze best of ze France

Mado Lamotte
Commentaires
Mado Lamotte

Ah mes chéris, je sais pourquoi j’aime autant voyager. La Terre est un astre de beautés, de splendeurs, de paysages à couper le souffle, de couleurs locales à découvrir et de mâles beaux à croquer! Chaque fois que je me retrouve à des milliers de kilomètres de chez moi, je me dis que je suis fortunée de vivre tous ces moments de félicité. C’est pourquoi, à quelques heures de mon prochain départ (ben oui, bout d’viarge, la bitch s’en va encore en voyage!) pour la terre de nos ancêtres, j’ai décidé de remuer quelques bons souvenirs entassés dans ma mémoire, depuis mon tout premier voyage en France, il y a de ça, quelques décennies.

Et, comme si les anniversaires des uns et des autres ne suffisaient pas, je retourne à Paris fêter mes 12 ans de spectacles, au chic Tango, où mon public français est impatient de m’acclamer à coups de: «bravo, encore, une autre, une autre, Mado on t’aime!».  Ah ces chers maudits Français que j’aime tant bitcher. Je ne les échangerais pas contre un stade rempli d’Américains! Merci Paris de me faire une petite place dans ton cœur depuis déjà 12 ans. Je te frenche!
 
MES MUST DE FRANCE
 
LES CHATEAUX DE LA LOIRE : Chambord, Chaumont, Amboise, Chenonceau, Dieu que c’est beau. C’est autre chose que les châteaux de Walt Disney. Dormir dans le grenier d’un vieux château avec pour seul décor, un lit, une commode et un bidet ( ah le bidet : bain de pieds, lave-cul ou lavabo pour nains, quelle belle invention ) ou dormir chez l’habitant, dans une chambre aménagée dans une étable et s’endormir au son du meuh meuh de la vache et du groin groin du cochon. Tellement charmant, on se croirait dans un épisode du «Bonheur est dans le Pré».
 
L’ALSACE : choucroute, tarte à l’oignon, flammeküche, foie gras en croute, streussel aux pommes, bretzel, macarons… Hum, on mange santé et léger en Alsace! Tous des mets recommandés par Montignac! Et que dire du bon vin qui se boit au tonneau.
 
Et comme c’est beau l’Alsace. C’est tout plein de petits villages pittoresques, on se croirait chez Astérix. À moins de croiser un autobus d’Allemands, pas facile de trouver quelque chose de laid en Alsace.
 
LA BRETAGNE : on a l’impression qu’on est pas vraiment en France. D’abord, les Bretons sont d’une gentillesse désarmante, la mer est omniprésente, les falaises majestueuses nous rappellent les côtes de l’Angleterre et les forêts enchanteresses nous transportent dans un décor de contes et légendes où on s’attend à tout moment à voir apparaitre Frodo et Gandalf en route vers le village des Hobbits. La Bretagne, c’est comme un petit pays dans la France et un coin de paradis que je souhaiterais même à mon pire ennemi! 
 
LA CORSE : tous ceux qui vous diront que les Corses sont froids et distants sont des fieffés menteurs. Jamais depuis l’Australie et la Gaspésie je n’ai rencontré de peuple plus accueillant. Et comme c’est beau! On ne l’appelle pas «L’Ile de Beauté» pour rien. Je fus béate d’admiration devant les Calanques de Piana, je fus sans mots devant les falaises de Bonifacio, j’ai été charmée par Porto, Calvi et Corte. Mais mon meilleur souvenir de Corse, ça demeure la conduite en montagnes et ma rencontre avec un troupeau de chèvres qui gambadaient allègrement en plein milieu de la route en colimaçons. Que d’exotisme! «Bêêêh, ça va les copines? On nous laisse passer mesdemoiselles? On se tasse svp. Pout, pout! Dégagez bande de dégénérées!». A-t-on idée de prendre une route d’asphalte pour un alpage.
 
LE?PIRE DE LA FRANCE
 
LOURDES : j’ai craché comme un lama devant tous ces croyants illuminés en transe venus des quatre coins de la planète dans 
l’espoir de voir apparaître la Vierge dans la grotte de Bernadette. Pauvres innocents, si on vous dit de vous jeter en bas de la tour Eiffel pour guérir vos plaies, vous allez le faire? J’ai quand même acheté une belle médaille du Christ pour charmer les Italiens au sauna, une brosse à dents en forme de crucifix pour décourager mes baises d’un soir de l’utiliser et un tapis à l’image du pape, que j’ai offert à mes chats pour qu’ils s’en servent comme litière.
 
ST-TROPEZ ET/ OU CANNES: Le paradis des parvenus qui font leurs fiers au volant de leur voiture à 100 000 euros et des bourgeoises bling bling liftées et siliconées qui boivent du champagne à midi telle des émules de Paris Hilton. Et que dire des grosses Allemandes joufflues aux seins nus sur les plages et des vieux qui se baladent gros pénis mou au vent, rien de bien ragoutant!
 
DES FRANÇAIS SYMPAS
 
LES MADAMES PIPI: Combien? Un euro pour le papier? Et si je m’essuie sur les murs, c’est gratuit? Non je blague. Je vais prendre un rouleau au complet, un papier recouvre siège, un paquet de lingettes humides et une canne de désodorisant. J’prends pas de chance, j’ai mangé une choucroute pour dîner.
 
LES BOULANGÈRES : y’a juste en France que les boulangères me disent «Monsieur, Madame, Bonjour» avec une voix de colibri. Ah si seulement c’était partout pareil.
 
LES PHILOSOPHES : c’est pas chez nous que je pourrais discuter peinture impressionniste, politique, tragédie grecque et sadomasochisme autour d’un bœuf à la mode de Madame Hervé avec un jeune tatoué adepte du fist fucking et une historienne transsexuelle.DE beaux souvenirs
 
LYON : la romantique avec sa vieille ville, ses brioches aux pralines, son saucisson, ses beaux garçons et son sauna Sun City, grand comme douze piscines olympiques où il faut presqu’un GPS pour trouver la sortie.
 
AIX-EN-PROVENCE : une petite ville si mignonne qui fait de si bons calissons. 
 
MONTPELLIER : un endroit tellement charmant et accueillant, chef-lieu du Languedoc où j’ai bu du bon vin pas cher et où j’ai braillé ma vie au spectacle de Mylène Farmer.
 
CARCASSONNE : non pas seulement pour le cassoulet mais surtout pour voyager dans le temps à l’intérieur des murs de la ville forteresse. Ben quoi, y’a pas que la bouffe, le vin et le cul que 
j’affectionne dans mes voyages.
 
PARIS : Sale comme un dépotoir dans un décor de conte de fées. St-Germain, l’Ile St-Louis, les quais de la Seine, le Marais, Bastille, les Buttes Chaumont, les sex-shops à Pigalle, la tombe de Dalida à Montmartre, les frites mayo chez l’Arabe, et aussi, les pigeons, les crottes de chien et les backrooms à tous les coins de rue.
 
Oh que oui, j’aime la France et les Français. En fait non, je ne les aime pas, je les adore! Comme on dit au Québec: «Amis français, vous avez un crisse de beau pays!»