SDC DU VILLAGE

Un nouveau partenariat pour les personnes à mobilité réduite

André-Constantin Passiour
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chaise roulante

La Société de développement commercial (SDC) du Village fait ici encore œuvre d’avant-gardisme à Montréal en s’associant avec un portail destiné aux personnes handicapées. Même si les Boules Roses seront installées d’ici quelques jours et qu’il fera bon déambuler sur une rue piétonne, bien des commerces dans le Village et ailleurs à Montréal ne sont pas accessibles aux individus à mobilité réduite. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Comment planifie-t-on de sortir là où c’est possible en fauteuil roulant par exemple ? 

 
Un des premiers gestes à faire est de sensibiliser les gens, rien que le fait d’en être conscients, peut aider à l’adoption de mesures favorables à toutes les clientèles… Bien sûr, dans un monde idéal tous les commerçants élargiraient leurs portes pour permettre à des fauteuils roulants d’y entrer ou encore aménageraient une toilette au rez-de-chaussée au lieu qu’elle soit… dans la cave… Mais nous le savons bien, tout cela coûte des sous et se fait progressivement au fil des rénovations… 
 
«Cependant, dans la perspective qu’il y ait un jour un nouveau programme de rénovation de commerces de la ville de Montréal, l’Association des SDC de Montréal (ASDCM), dont je suis le vice-président, a fait des démarches auprès des autorités municipales pour qu’une partie des futures subventions soient réservées aux commerçants désirant rendre accessible leur commerce. Tout part de la conscientisation et nous sommes très heureux de pouvoir collaborer avec « On Roule au Québec » et sa fondatrice Catherine Blanchette-Dallaire, déclare Bernard Plante, le directeur général de la SDC du Village. 
 
Catherine Blanchette-Dallaire est une jeune fille dynamique, éner-gique et pleine de vie ! Mais voilà, il y a deux ans, un accident de kayak survient. Elle se brise les deux chevilles ! Elle est clouée à une chaise roulante pour quatre mois, des mois qui lui semblent interminables… Avant cela, elle ne savait pas ce que cela signifiait que d’être ainsi handicapée, même temporairement comme ce fut son cas. «Un samedi soir à l’époque où je me déplaçais en chaise roulante, j’étais avec des amis et j’avais une envie d’uriner, nous sommes au coin de Saint-Denis et Ontario. Alors on fait le tour des bars et des autres commerces pendant dix minutes, puis vingt, encore rien. Pour moi, c’est devenu une question de dignité humaine, je ne voulais pas uriner sur moi, mais, en même temps, je me disais que ce n’était pas possible qu’en 2012, à l’époque, je ne puisse rien trouver pour des personnes dont la mobilité est réduite comme moi. Je me suis mise à penser alors à rendre les informations disponibles pour les personnes handicapées en fauteuil roulant», explique Catherine Blanchette-Dallaire, la présidente de « On Roule au Québec », compagnie qui a été lauréate régionale du «Concours québécois en entrepreneuriat», en 2012. 
 
En fait On Roule au Québec est un portail interactif et participatif pour les personnes à mobilité réduite. Son objectif est de faciliter la vie des personnes à mobilité réduite leur donnant facilement accès aux informations dont elles ont besoin, soit un répertoire de commerces accessibles, un répertoire des ressources dédiées, ainsi qu’un répertoire des logements accessibles à louer. Ici, les personnes à mobilité réduite comprennent: les personnes âgées et handicapées, celles vivant avec une maladie dégénérative ou chronique, les personnes obèses ou même les jeunes familles avec les poussettes. Il y a donc tout un répertoire de ressources et une classification par ville et, pour Montréal, une déclinaison par quartiers. 
 
On estime au Québec que 13 % de la population vit avec une mobi-lité réduite. «Je rends l’information accessible. On pourrait croire qu’en 2014 on peut trouver cette information facilement, mais ce n’est pas le cas, donc on met en lumière l’information qui est disponible. Je permets aux commerçants d’aller chercher une clientèle qui est mal desservie en ce moment et donc c’est un potentiel économique pour ces marchands-là aussi, parce que ces gens-là vont y aller, aussi, avec leur entourage et cela développe une nouvelle clientèle», explique Catherine Blanchette-Dallaire. 
 
«L’été, on boit une bière sur une terrasse et qui dit bière dit uriner, mais quels commerces offrent des toilettes aux fauteuils roulants ? Ce site donne donc une visibilité additionnelle aux commerçants qui offrent ce service. C’est une raison de plus pour les gens handicapés et leurs amis de fréquenter cet établissement. C’est le même principe que pour l’argent rose, avant qu’on en parle, bien peu d’entreprises pensaient à la clientèle gaie. Il en est de même pour ces personnes dont la mobilité est réduite, de façon temporaire ou permanente, elles possèdent un pouvoir économique insoupçonné. D’autres artères commerciales commencent également à s’intéresser aussi à cette clientèle, d’où le fait que je voulais me dépêcher pour me prévaloir de la visibilité offerte par « On Roule au Québec », d’ajouter Bernard Plante.
 
L’énergique Catherine Blanchette-Dallaire a d’ailleurs commencé à faire la tournée des établissements du Village pour leur expliquer le projet de collaboration avec la SDC du Village. 
 
Montréal, l’Estrie, la région de Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, les Laurentides, la Gaspésie et d’autres secteurs de la province sont aussi répertoriés tranquillement au fur et à mesure que des gens envoient les renseignements. «Nous faisons notre propre recherche, mais nous comptons aussi sur la participation des citoyens qui nous disent que tel ou tel endroit est accessible, bien sûr, nous faisons les vérifications, mais plus les gens nous font part des sites accessibles, mieux ce sera et le répertoire s’enrichira pour les personnes concernées, et c’est ce qui est important», souligne Mme Blanchette-Dallaire.