Le VUS compact

L’un abordable, l’autre luxueux

Denis-Daniel Boullé
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nissan

Les VUS sont en pleine croissance. Autrefois considérés comme liés à des exceptions au sein d’une gamme, ils sont devenus incontournables et chaque constructeur les décline en différents formats. D’abord imposants, ils se sont adaptés pour correspondre à tous les budgets, à tous les usages. D’autant que la plupart ne connaîtront jamais, ou si peu, les chemins escarpés des montagnes ou bourbeux des forêts, à peine la courte distance de la route aux portes du chalet. Mais on les aime. Dotés généralement de la traction intégrale (permanente ou non), ayant une garde au sol un peu plus élevée, ils se révèlent éminemment pratiques quand vient l’hiver. Et celui que nous venons de passer favorisera surement les ventes de ce segment. Considérés encore il y a peu comme énergivores, les constructeurs ont redoublé d’ingéniosité pour que leur consommation soit raisonnable et certains peuvent être équipés d’une motorisation hybride. Un atout supplémentaire. Aucune surprise si les manufacturiers se livrent à une terrible concurrence pour offrir aujourd’hui au moins trois VUS dans leur gamme si ce n’est plus comme Mercedes ou encore Nissan. Même Jeep, leader dans le domaine a diversifié ses propositions pour rendre plus civilisés ses modèles.

Nissan Rogue
Nissan avait choisi le Rogue pour remplacer le X-trail en 2007. Alors que ce dernier se démarquait par sa silhouette carrée, le Rogue nous était arrivé tout en rondeur comme le petit frère du Nissan Murano qui avait tout de suite séduit par ses qualités aussi bien sur la route qu’en termes d’aménagement. Malheureusement, le petit frère n’avait pas hérité des qualités, ni de la beauté de l’aîné. Le pa-rent pauvre en somme. La silhouette banale rappelait le design du tournant du siècle et l’espace à l’intérieur n’était pas si généreux. Bien sûr, il bénéficiait de la qualité de construction de la marque japonai-se. On l’achetait plus par raison que par passion. Pour 2014, il revient sous toute autre mouture comme si on lui avait donné les bons gènes pour lui donner un ADN propre qui ne souffre plus de comparaisons peu flatteuses. Extérieurement, le nouveau Rogue est à peine plus grand que le précédent même si au premier regard il semble beaucoup plus long. Et il a perdu ses rondeurs pour une forme plus élancée qui l’éloigne de l’œuf sur roues qu’il était. La calandre avec le V chromé et aplati à la base trône au milieu de la calandre. La signature Nissan imposante pour bien ancrer le Rogue dans la famille. À l’arrière, on reprend les lignes brisées pour donner plus de personnalité à ce VUS compact. Aucun doute, le Rogue s’est refait une beauté, à moins que ce ne soit que l’effet de l’âge comme ces vilains petits canards qui deviennent à l’âge adulte de superbes cygnes.
 
Mais c’est là que les changements s’arrêtent. Sous le capot, aucun changement. On reprend les mêmes éléments de motorisation, de transmission, et du système d’entraînement. On retrouve donc le même moteur à 4 cylindres développant 170 chevaux, et bien évidemment la boîte Xtronic à variation continue. On a cependant amélioré la programmation de la boîte pour rendre encore plus frugal celui dont on vantait déjà le petit appétit.
 
À l’intérieur, Nissan suit la tendance utilisant au maximum la console centrale, très large en intégrant un écran multifonction au-dessus du système de climatisation. L’ergonomie a été privilégiée, mais l’ensemble manque de gaité. Le noir lui sied si bien peut-être? Le toit peut être doté de deux ouvertures vitrées, ce qui était une ca-ractéristique du défunt X-trail. Enfin, en option une troisième banquette est disponible même si son accès demandera quelques contorsions aux éventuels passagers. Les plus jeunes seront ravis de faire de la varappe pour s’installer.
 
Trois niveaux d’équipements sont proposés ainsi que le choix entre 2 ou 4 roues motrices, mais entre le modèle de base et le modèle le plus luxueux à transmission intégrale muni du groupe Privilège, l’écart est d’un tout petit peu moins que 10 000 $ (23 498 $ pour le premier, 33 098 $ pour le second). Parce que la motorisation, la transmission et le rouage intégraux ont fait leur preuve dans le modèle précédent, le Rogue devient un choix intéressant dans le merveilleux monde du VUS compact.
 
Mercedes GLA
Audi, BMW et Mercedes ne cessent de se surveiller. Si l’un d’entre eux sort un modèle innovateur, les deux autres s’empressent d’en proposer leur propre interprétation. Avec les VUS, il en va de même. Mercedes avait lancé le bal avec un VUS intermédiaire désigné Classe M, BMW et Audi ont emboîté le pas avec respectivement le Q7 et le X5. Puis BMW a lancé le VUS intermédiaire X3, Audi et Mercedes ont aussitôt réagi. Le premier a proposé le Q5, et le second le GLK. Enfin est arrivé le « petit » VUS X1 de BMW. Les deux autres constructeurs allemands ont sorti de leur carton à dessin leur propre proposition de petits VUS qui devraient arrivés sur nos routes sous peu. 
 
Si aucune date n’est encore arrêtée pour le A3 d’Audi, on sait que le Mercedes GLA arrivera au courant de l’été. Rappelons que Mercedes produit deux VUS grands formats, le GL et l’indestructible G, mieux connu sous l’appellation G-Wagen (G pour Geländewagen ce qui signifie dans la langue de Goethe tout-terrain) et dont la création remonte à 1979. Pour la petite histoire, le G-Wagen a été conçu pour l’armée. Aujourd’hui, il fait partie des forces armées canadiennes et américaines. Un succès. Dans sa version civile, au fil du temps, il est devenu extrêmement luxueux et performant sans pour autant changer d’aspect. Si le confort et la motorisation sont au rendez-vous, l’aérodynamisme fait cruellement défaut à cette boîte sur roues. Mais qu’importe si le G-Wagen accuse un bon 20 litres au 100 kilomètres. Au Canada, la version disponible G63 AMG est équipée d’un V8  turbo développant 562 chevaux. Ce qui le rend aussi puissant en accélération que la plupart des voitures sportives. Et que dire du V12 biturbo affichant 612 chevaux que le G-Wagen peut recevoir dans certains pays. Bien entendu, tout cela a un prix : le mons-tre de Mercedes se détaille à partir de 120 000 $ et atteint plus de 150 000 dans les versions les plus luxueuses et sportives.
 
Mais revenons, au petit VUS GLA, qui n’a aucun gène de commun avec son illustre ancêtre. D’abord sa taille. Le GLA répond aux exigences de plus en plus grandes des consommateurs qui souhaitent pouvoir avoir les avantages d’un VUS (garde au sol plus élevée, traction intégrale) sans les inconvénients qui tiennent souvent à leur taille. Le GLA maximise aussi l’espace intérieur aussi bien pour les passagers que pour l’espace de rangement. L’acheteur aura entre les mains une voiture polyvalente, mais à laquelle s’ajoutera la réputation de la marque de Stuttgart et bien entendu toute la technologie disponible actuellement aussi bien pour la sécurité passive que la sécurité active. La transmission intégrale 4MATIC est incluse de série dès le modèle de base. Le moteur est un 4 cylindres de 2,0 litres générant 20 chevaux accouplés à une boite de vitesse à double embrayage et dotée de 7 vitesses. Comme à l’habitude chez les constructeurs allemands, les options seront surement nombreuses et passablement onéreuses, mais chacun pourra ainsi personnaliser son petit VUS en fonction de ses préférences et de son style de conduite. Une version AMG est aussi prévue avec 355 chevaux sous la pédale d’accélérateur pour ceux qui recherchent puissance et sensation sportive à la conduite. Le style extérieur reprend les tendances de la marque, l’immense calandre avec au centre l’étoile légendaire, les flancs sont sculptés avant de se perdre dans les passages des roues arrière. De dos, le GLA ne déroge pas à la règle de ce type de véhicule à hayon et manque de personnalité. Malheureusement, les stylistes doivent tenir compte de l’accessibilité, du hayon relativement vertical pour ne pas gruger l’espace intérieur. Bref, vus de dos, les VUS ne se distinguent rarement les uns des autres. Quant aux prix, ceux-ci n’ont pas été encore annoncés par le constructeur, mais il est à peu près certain qu’ils se situeront bien en dessous de la barre des 40 000 $. Somme toute raisonnable pour entrer dans le club des amateurs de voitures germaniques.