The Geography of Pluto, de Christopher DiRaddo

La dérive des continents intérieurs

Étienne Dutil
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Christopher DiRaddo

«Ce n'est pas une autobiographie, même si quelques éléments s'approchent de l'autofiction comme éléments d’écriture», explique Christopher DiRaddo, l’auteur de The Geography of Pluto, son premier roman publié en anglais chez Cormorant Books.

« J’étais pas mal jeune quand j'ai commencé à écrire et au fil du temps, je me suis rendu compte que j'avais beaucoup de choses à apprendre, notamment que, pour être écrivain, il faut lire beaucoup », dit-il en souriant. « Dans le même temps, j'ai travaillé longtemps dans le milieu littéraire, comme attaché de presse pour, entre autres, le Conseil des Arts de Montréal ou le festival de littérature Métropolis Bleu. » Journa-liste pour CBC Radio Montréal, Christopher DiRaddo est l'auteur de quatre nouvelles publiées dont First Person Queer, qui lui a valu un prix Lambda Literary. « C’était une manière de s’exercer à l’édition… », commente-t-il.
 
Dans ce premier roman, Will est professeur de géographie. Montréalais de 28 ans, il peine à se remettre de sa rupture avec Max, un premier amour sérieux. Il a repris sa quête de l'amour, mais a-t-il vraiment tourné la page ? Sa mère, Katherine, est peut-être la seule à l’aimer inconditionnellement. Mais elle est, elle aussi, en voie de guérison après un cancer, qui la hante d'une possible récidive. Craignant d'être à nouveau éprouvé, Will devra apprendre à vivre avec le fait que rien n'est permanent afin de trouver espoir et réconfort dans un univers en perpétuel changement.
 
La galaxie des émotions
Le titre est un résumé symbolique de l’ouvrage. «Pluton était le dieu romain de la mort et de la transformation. Or, la planète Pluton est une outsider du système solaire, déchue récemment de son statut de planète, reléguée au rang d’astéroïde» détaille Christopher. « C’est pour moi une forme de perte de l'innocence. La permanence est une notion qui n'existe pas puisque même les planètes perdent leur statut social », sourit-il.
 
« De plus, c'est à ce jour la seule planète qui n'est pas été explorée. En 2015, un satellite devrait nous en fournir quelques photos. Pluton est donc pour moi l'image du dernier terrain jamais découvert. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la géographie du Village gai de Montréal ou, finalement, rien n'est permanent », poursuit l’auteur. « Et le personnage de mon roman, un professeur de géographie, doit apprendre à accepter la nouveauté et le changement. »
 
Couper le cordon littéraire
«Je travaille sur ce roman depuis 14 ans. J’avais commencé par me faire des fiches par personnage, avec des descriptions de caractères, qualités et défauts, goûts et habitudes, etc. », explique Christopher en montrant un calepin de notes illustré de photos glanées dans des catalogues et des magazines, «histoire de leur donner une présence physique…». Ajoutons à cela quelques éléments plus personnels «comme le fait d’être tombé amoureux tardivement ou d’avoir été 
surpris par la violence de ma première peine d’amour. Ce n'est pas toujours facile d'être un homme gai… Le fait aussi, qu’en vieillissant, on pense plus souvent à la peur du décès de nos parents et qu’il faudra continuer à vivre…»
 
Avant de l’envoyer à trois éditeurs, « j’ai fait lire mon manuscrit à quelques amis et connaissances qui m’ont confirmé qu’il était prêt . Marc Côté, de Cormorant Books, a vraiment été un partenaire de choix pour réaliser le travail d’édition, et couper sans heurt dans le gras du texte, soit pas moins d’une cinquantaine de pages. C’était un peu une façon de couper le cordon avec mon livre…» 
 
The Geography of Pluto, un roman de Christopher DiRaddo, publié chez Cormorant Books (277 pages).


 

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The Geography of Pluto, de Christopher DiRaddo

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Publié le 21 mai 2014

par Étienne Dutil