Au volant

Faire des cabrioles en cabriolet

Denis-Daniel Boullé
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mazda MX 2015

Un hiver qui n’en finissait pas avec l’obligation de porter la tuque dès qu’on mettait une mèche de cheveux dans la rue.  De l’air on en veut, dans nos poumons et dans nos cheveux. Bien sûr, on a apprécié les sièges, le volant, les rétroviseurs exté-rieurs, tout ce qui peut-être chauffants dans nos autos, et qui devraient être de série pour toute voiture vendue dans nos contrées. Mais beaucoup ont hâte de plier le toit rétractable (dur ou en toile) de leur cabriolet, d’autres rêvent de s’en procurer un. Le choix est vaste, les prix aussi. 

Choisir de rouler en cabriolet, c’est avant tout un art de vivre. On connaît les contraintes de ce type de véhicules, mais elles ne sont pas suffisantes ou trop lourdes pour tuer notre désir. Souvent strictement des deux places, le cabriolet est idéal pour célibataires ou pour couples sans enfants. Quelques-uns proposent deux minuscules sièges à l’arrière de quoi logé Pitou s’il n’a pas la taille d’un dogue allemand. Quelques constructeurs proposent de véritables quatre places, mais n’ayez pas d’amis trop grands ou trop volumineux, les places arrière sont là pour un dépannage de courtes distances ou sinon vous risquerez de les perdre. Le coffre est souvent d’un volume acceptable, mais il faut regarder ce qu’il devient lorsque la capote ou le toit dur est plié. Dans certains cas, la moitié du coffre est amputée de son volume. Enfin, pour les purs et durs qui ne jurent que par un toit en toile des problèmes d’étanchéité peuvent survenir l’hiver quand la neige est trop présente et trop pesante. Mais un propriétaire averti veillera à ce que son achat survive à l’hiver.
 
Enfin, souvent un cabriolet se vend plus cher qu’une berline offrant une motorisation, un confort, et une tenue de route, équivalents. Mais quand on aime, on ne compte pas.
 
Chaque constructeur propose au moins un cabriolet dans sa gamme. Et certains n’hésitent pas à décliner chaque modèle de leur gamme en versions découvrables (Mercedes, Audi, BMW). Plus la marque propose des modèles luxueux plus elle est encline à décoiffer ses modèles qui deviennent de véritables symboles de réussite, de liberté pour déambuler sur de grands boulevards longeant la mer de quelques grandes villes mythiques. Les personnalités avec moyens à la clef se tournent alors vers Rolls-Royce ou Bentley, le must du luxe ostentatoire, mais pas toujours de bon goût.
 
Déjà une légende
La Mazda MX-5 fête ses 20 ans. Sans avoir changé d’apparence, en fait en apparence. Car tout au long du quart du siècle, ses concepteurs n’ont cessé de la modifier, l’améliorer, de la rendre toujours aussi concurrente. Jolie, extrêmement amusante à conduire et à un prix réellement abordable. Les trois raisons d’une équation qui explique son succès qui ne se dément toujours pas. Elle propose même aux futurs propriétaires le choix entre un toit dur rétractable ou la traditionnelle capote. La MX-5 deviendra un Collector, donc un investissement à long terme pour ceux et celles qui décideront d’en prendre un soin jaloux.
 
Chrysler 200
Considéré comme un nouveau modèle pour 2014, le cabriolet 200 de Chrysler ne se distingue pas par un style audacieux. Il se confondrait presque avec le modèle précédent. Mais fait rare, c’est un véritable quatre places et qui propose un toit souple et un toit dur rétractable, fait plus rare encore, mais qui évite au futur acquéreur d’avoir un dilemme quand au choix du couvre-chef de son véhicule. Bien sûr, à son volant vous ne ferez pas tourner les têtes sur votre passage, mais vous aurez la sensation délicieuse de vivre au grand air pour de grandes promenades tranquilles hors de la ville. Un bon rapport qualité-prix étant donné que le cabriolet bénéficie d’une motorisation et d’une mécanique éprouvées. Enfin, il y a plus d’espace que dans la moyenne des autres cabriolets, ce qui peut s’avérer un plus pour se faire des amis.
 
Mini cooper cabriolet
Elle nous fait chavirer. Une journée à son volant et on ne veut plus la quitter. Un pur bonheur de conduite et pas besoin de dépasser les limites de vitesse. Ce qui est le propre des petites voitures, on a toujours l’impression de rouler plus vite. La Mini Cooper a été redessinée pour cette année, mais seuls ceux qui auront un œil exercé percevront les changements. Pourtant la Mini est plus grande, plus large avec plus d’espace intérieur. Trois motorisations sont proposées. La plus puissante transforme la mini en petite fusée dans sa version John Cooper Works développant 208 CH et demandant quelques 14 000 $ de plus que la version de base qui se détaille aux alentours de 32 000 $. Bien sûr de nombreuses options permettent de personnaliser votre jouet de luxe. Mini Cooper propose aussi un roadster minuscule, strict deux places, mais il semblerait que les dirigeants aient décidé de tirer un trait sur quelques déclinaisons de la Mini qui ne rencontrent pas autant de succès que les versions mieux installées dans l’imaginaire des propriétaires.
 
Volkswagen Eos et New Beetle II
La Golf Cabrio a connu un grand succès, mais Volkswagen a préféré non pas dérivé un nouveau cabriolet de la Golf, mais de créer un modèle à part entière l’Eos. La raison en est un simple, les Golf changent au trois quatre ans, et il ne serait pas rentable d’en sortir une version cabriolet à chaque fois compte tenu de l’investissement nécessaire versus des ventes qui sans être confidentielles ne représentent qu’une faible rentabilité. L’Eos a subi depuis sa naissance quelques modifications esthétiques comme la calandre pour s’harmoniser avec la signature visuelle de tous les autres modèles de la marque. Doté d’un toit dur qui se plie en cinq parties, l’Eos se veut l’exemple du cabriolet quatre saisons, et surtout, il offre des places arrière confortables pour deux passagers même si l’espace est encore mesuré. Sa ligne est sage comme souvent chez Volkswagen, mais l’ensemble respire la qualité et le sérieux qui a bien entendu un prix. Il faut prévoir dépasser les 39 000 $ pour un modèle de base et les prix grimpent rapidement selon les motorisations choisies et le niveau d’équipement. L’Eos reste tout de même un bon compromis pour nos régions qui demandent à ce que nos têtes soient protégées dès la mi-octobre et pour les cinq ou six mois qui s’en suivent. La New Beetle II a sa version décoiffée. Moins chère que l’Eos, il semblerait – du moins au Québec – que la nouvelle mouture ne rencontre pas le même engouement que la première génération et les New Beetle II sont plutôt rares sur nos routes. Pourtant la refonte de ce modèle aux origines mythiques n’a plus rien à voir avec l’aspect gadget de celui qu’il remplace.
 
Et aussi...
En dessous de la barre des 50 000 $, l’offre n’est pas très grande. Certains se retourneront vers des valeurs sures comme la Chevrolet Camaro ou la Ford Mustang en sachant que les motorisations de base sont plutôt anémiques au regard du poids de ses sportives, mais à défaut d’avoir l’ivresse, ils auront le flacon, et parfois c’est suffisant pour remonter de quelques degrés son égo et sa virilité. Il y a aussi du côté de BMW la série 1 et la série 3 qui offrent un bon compromis même si un peu onéreux pour les promenades à ciel ouvert, et la Nissan GT. Au-dessus de 50 000$, l’offre est démesurée dans tous les sens en terme de puissance, de confort, de luxe et de prix. Bien sûr les Allemands occupent le haut du pavé avec des marques comme Porsche, Audi, Mercedes et BMW qui se disputent la première place pour présenter le meilleur cabriolet au monde, mais d’autres marques au nom légendaire ne peuvent être passées sous silence comme Lamborghini, Maserati et bien entendu Ferrari et Aston-Martin. Enfin de petits constructeurs, ici et là, distillent des modèles très attrayants et exclusifs. En fait, l’offre est illimitée à condition d’y mettre le prix. Sinon, on peut se rabattre sur une Smart avec toit en toile rétractable. Pas tout à fait un vrai cabriolet, mais cela vous donne ce petit frisson pour prendre la route pour profiter du soleil, du ciel et de la cime des arbres. 
 
Et puis sachez que si vous possédez entre 1,5 million et 3,2 millions dont vous ne savez quoi faire, vous pouvez toujours vous procurer une Bugatti Veyron. À ce prix, vous aurez sous la pédale d’accélérateur 16 cylindres disposés en W (2 moteurs V8 Volkswagen fusionnés) développant 1001 chevaux. Si vous trouvez que votre Bugatti est un peu trop paresseuse, vous pouvez demander le même moteur avec une puissance de 1200 chevaux et vous pourrez atteindre ainsi tranquillement 400 km/h. Mais les concepteurs n’ont pas cherché à faciliter la vie de qui veut rouler sans le toit. Il s’agit d’un panneau qui pèse 20 kg et il est impensable de le déplacer tout seul pour le laisser au garage. Aucun rangement dans la voiture où le glisser. Et si par mégarde la pluie vous surprend, vous devrez vous contenter d’une toile de tissu imperméable et l’installer manuellement comme la capote d’un bon vieux Jeep. Si toutefois un lecteur possède une bugatti Veyron au Québec, non, plutôt si un lecteur en voit une, qu’il me fasse signe.