Pôle Sud

L’Antarctique, le voyage d’une vie !

André-Constantin Passiour
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Pour les amoureux de la nature, des grands espaces, de lieux encore «vierges» de toute activité humaine, l’Antarctique représente une sorte d’Eldorado, écologique bien sûr… Il est possible de faire des croisières pour se familiariser avec ces milieux que l’on croit hostiles souvent, mais pourtant accessibles. Mais ne vous attendez pas à des centaines de gars torses nus faisant le party sur le bateau ! On y va pour l’environnement, pour la faune et la flore, pour voir peut-être des baleines à bosse à 4h du matin ou des hordes de manchots… Pour quelqu’un sensibilisé à la nature, c’est un voyage qui se planifie car on n’y va pas n’importe quand, l’idéal est de novembre à mars… Jeune homme sympa et vif d’esprit, José Sarica est guide et expert à bord des navires Ponant qui parcourent ces eaux…

Vous le reconnaitrez peut-être puisqu’il a fait la page couverture de ce magazine à deux reprises, d’abord en octobre 2004, avec son jumeau, pour le Black & Blue, puis en décembre 2009 pour le numéro «Idées cadeaux de Noël». Mais depuis ce temps, bien de l’eau a coulé sous le pont… José Sarica est en effet détenteur d’une maîtrise et d’un doctorat en biologie marine et en écotoxicologie, puis il a suivi une formation en tant que zoothérapeute. Mais on peut dire, tout simplement, que José Sarica est un passionné des univers polaires. «La première fois que j’ai été en Antarctique, c’était en 2009. J’ai eu l’impression que je débarquais sur Pandora, la planète du film Avatar… Je n’avais plus aucun repaire. On en revient complètement transformé. On est atteint du «virus polaire», c’est-à-dire qu’on veut y retourner, on a envie de protéger ce lieu. Lorsque je fais ces expéditions, je rencontre des gens pour qui c’est la 4e ou la 5e fois qu’ils y vont. Ils sont complètement sous le charme de ces espaces», révèle José Sarica.
 
Il faut s’attendre à une visite d’une durée de deux semaines environ avec le spectacle des glaciers, des icebergs, des otaries, des orques, des phoques léopards, des albatros et de beaucoup d’espèces d’oiseaux.«Ici le party c’est la nature, l’environnement qui sont tellement grandio-ses», affirme José Sarica. Le départ est donné de Ushuaïa, soit la pointe sud de l’Argentine (Terre de feu), ensuite cap sur les îles Falkland du Sud, la Géorgie du Sud, et la péninsule antarctique (qui est la pointe la plus au nord du continent), le tout via le fameux passage de Drake qui peut, parfois, être déchainé. Oui, l’embarcation navi-guera à travers des icebergs, mais rassurez-vous car s’ils ne sont pas des brise-glace, ces navires sont munis d’une double coque pour éviter les accidents malheureux comme celui mythique du Titanic.
 
Il ne faut pas penser à des villes flottantes non plus ! Ce ne sont pas des bateaux de 3 000 passagers, loin de là. «Il s’agit de protéger la faune et l’écosystème le plus que possible, donc les navires transportent un maximum de 200 voyageurs. C’est donc de taille plus humaine et l’on ne jette rien par dessus bord, tout est conservé jusqu’à ce que l’on revienne à un port pour en disposer. La règlementation est très stricte, ce qui doit, en même temps, rassurer les gens qui sont soucieux de conserver ces endroits magnifiques», souligne José Sarica. C’est ainsi que l’on nettoiera même les bottes afin de ne pas «contaminer» les espaces par quelques substances que ce soit.
 
Ces expéditions sont ainsi régies par l’IAATO (International Association of Antarctic Tour Operators, iaato.org), une organisation fondée en 1991 afin de promouvoir de saines et responsables pratiques environnementales de protection de l’Antarctique dans l’industrie privée du tourisme.  «On peut bien faire une marche sur un glacier ou une sortie en zodiac aux petites heures du matin pour observer des baleines, donc on se lève en plein nuit ! C’est fantastique, mais c’est un paradis qui se mérite», renchérit 
M. Sarica.
 
Ces tours se déroulent donc de novembre à mars tout simplement parce que, à ce temps-ci de l’année, le soleil ne se couche presque pas et il fait clair durant l’été austral.
 
José Sarica qui vogue vers ces mers depuis plus de cinq ans donne également des conférences sur la biologie, l’écosystème et sur ses voyages, du général au plus pointu. Il raconte ses expéditions, des expériences et partage ses passions avec ses auditeurs.
 
Dans un futur article, José Sarica nous entretiendra de ses périples au Pôle Nord cette fois, à la rencontre des ours polaires, des aurores boréales, du Groenland, etc.
 
 
 
Photos : Nathalie Michel, Nicolas Dubreuil et 
José Sarica.
 
Pour ceux qui seraient intéressés, ces expéditions ont donné lieu à un très bel ouvrage intitulé Voyage en Antarctique, avec de superbes photos et les explications quand aux conditions des terrains, la faune, la flore, le climat, etc. Une collaboration de plusieurs auteurs, dont Raphaël Sané, José Sarica, Nicolas Dubreuil (aux Éditions Le Sablier, 2012).