Mado est au boutte

Voyager dans son quartier

Mado Lamotte
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Quoi de mieux pour célébrer l’été que partir à la découverte de sa ville. C’est ce que la série de guides Marcher Montréal avec un artiste propose. Et devinez qui ils ont choisi pour les accompagner dans l’édition sur le Village ? Oui, en plein dans le mille, votre toute dévouée maniaque de voyage et fan finie de Montréal. Pas eu besoin de me faire tordre un bras pour accepter d’être 

l’ambassadrice de mon quartier. Je trouve le concept de voyager dans sa propre ville, quartier par quartier, tout simplement brillant. Quand je voyage dans le monde, c’est ce que j’aime faire : je me consacre à un quartier pour en voir le maximum. Ça permet de sortir des sentiers battus et de découvrir la ville à travers les yeux de ceux qui y habitent. Voici d’ailleurs un bref aperçu de ce que vous trouverez dans ce merveilleux guide par le biais d’une entrevue que j’ai accordée à la belle Elaine Gusella des éditions Sgräff.

Qu’est-ce qui t’a attirée dans l’aventure Marcher Montréal avec un artiste? 

Parce que j’aime mon quartier et que je le connais à fond, je trouvais ça important qu’il soit bien présenté par quelqu’un qui y vit, y travaille et le fréquente. Souvent les guides touristiques sont écrits par des gens qui n’habitent pas la ville et ça paraît, car on finit toujours par se ramasser dans des endroits fréquentés que par des touristes. Ce qui est l’fun, c’est quand tu parles à quelqu’un qui a vécu une bonne partie de sa vie dans un endroit. Il a bien plus d’anecdotes intéressantes. Il peut te parler des gens, de la vie de quartier, parce qu’il les connait. Moi je ne te dirai jamais d’aller chez McDonald ou A&W; je vais plutôt t’inviter à découvrir La Mie Matinale ou le Chipotle et Jalapeno. 

 

Quels sont tes endroits préférés dans le Village?

J’en ai plusieurs. J’adore le restaurant Mezcla. C’est une formule complètement unique et c’est pas le genre de bouffe que je me fais à la maison. Et j’aime beaucoup Gerardo, le propriétaire. Je le connais depuis longtemps et je l’ai suivi dans tous ses projets de restaurants à Montréal. J’ai aussi mes petits spots pour aller prendre le café avec ma sœur Nicole. La terrasse du Second Cup, en arrière, parce qu’elle est très privée et on peut papoter tranquille. Chez De farine et d’eau fraîche, parce que j’aime l’endroit, on se croirait en Nouvelle Angleterre et la propriétaire est adorable. Le Pourquoi Pas qui fait le meilleur café du quartier, peut-être même de Montréal. Sans oublier le meilleur moka glacé au Cacao 70 où je vais perfectionner mon libanais avec le beau Momo les dimanches après-midi. Mais il y a tellement d’autres endroits que je fréquente régulièrement, ça va selon mon humeur du jour. 

 

Quelle est la meilleure façon de visiter le Village?

Il faut aller au-delà de la rue Sainte-Catherine. Par exemple, la rue Amherst gagne à être connue. Il y a tout sur cette rue-là : cafés, restos, boutiques d’antiquités, réparateur de vélos, galeries d’art, gelateria … D’ailleurs, les balades du guide ont été conçues pour permettre de découvrir un autre Village: la 1ère balade qui va sur la rue Amherst et  la rue Ontario, c’est le vrai cœur du Village qu’on y découvre, où il y a toute son histoire, où le Village s’est construit. La 2e, plus commerciale, part du Quartier Latin et traverse le Village sur la rue Sainte-Catherine. C’est moins hors sentiers battus, mais c’est important d’en parler, c’est aussi ça le Village. Puis la 3e, c’est un répertoire pour sortir à partir du 5 à 7 jusqu’aux petites heures de la nuit. Comme le quartier est surtout connut pour son côté festif, c’était important d’en parler. Mais le Village ce n’est pas que ça. Dans le guide, j’étais content de pouvoir parler d’autre chose. Ceux qui fréquentent le Village et même certains qui l’habitent, ne sont pas toujours au courant qu’il y beaucoup à voir et à faire en dehors des 4 coins de rue habituels. Ceux qui y viennent que le soir n’ont pas conscience qu’il y a une vie, le jour, qui est complètement différente. Ils ne verront jamais ce qu’il y a au-delà de la rue Ste-Catherine, comme, la magnifique murale d’Alys Robi sur Ontario à côté du Lion d’Or, la maison bleue au coin de Visitation et Logan, la statue du soldat mexicain dans la ruelle Lartigue ou encore ne sauront jamais qu’il existe un circuit de sentiers urbains et des trésors de jardins cachés dans les cours des rues Montcalm, Panet ou Plessis. Tsé ma chérie, le Village, ce n’est pas juste un contenant qu’on regarde de l’extérieur, il faut le connaître de l’intérieur. Allez marcher dans les petites rues, sortez de la zone commerciale.

 

Toi, qu’as-tu découvert ou redécouvert en faisant ce livre-là?

Je connais bien mon quartier. Je vis dedans. Faire le guide, ça m’a rappelé que je peux encore être étonnée en sortant de mon circuit habituel. Par exemple, en découvrant de nouveaux endroits comme le parc des Faubourgs que je trouvais loin et où je ne pensais pas à aller étant déjà abonnée au parc Lafontaine. Ou emprunter la ruelle Lartigue pour aller chez mon ami Biz. Ou bien redécouvrir la rue Sainte-Rose que je connaissais, mais que j’oubliais. Pendant la balade qu’on a faite pour le guide, ça m’a rappelé qu’elle existe et maintenant quand je veux un peu de tranquillité en revenant de faire mon marché à la fruiterie Amine en face du métro Papineau, je passe par la rue Ste-Rose. 

 

Selon toi, ce livre s’adresse à qui? Aux Montréalais ou aux visiteurs?

Aux deux, mais je dirais que ça parle peut-être plus aux Montréalais à cause du concept de quartier par quartier. Souvent, on néglige l’endroit où l’on vit et on envie les endroits qu’on visite. Quand j’ai visité des villes dont je suis tombée amoureuse, comme Istanbul et Mexico City, je me suis dit que j’abandonnerais tout pour aller y vivre. Mais parfois c’est le contraire. Parce que c’est une grande ville trop touristique on se dit qu’on ne vivrait jamais là. Comme Paris qui a toujours été mon endroit préféré, mais à force d’y retourner faire des spectacles, j’me disais que je ne vivrais jamais là. C’est trop busy, trop de touristes, trop de français! Par contre, si tu t’installes dans un quartier, comme je fais maintenant quand j’y vais, tu découvres la ville d’une autre façon. Finalement, je l’aime bien Paris et je pourrais y vivre aisément. C’est ça le concept de la collection. Faire découvrir les richesses d’un quartier pour donner le goût au lecteur d’y passer du bon temps. Moi, j’habite le Village, mais ma vie quotidienne ne s’y limite pas. Montréal est une ville riche en cultures diverses où on change d’environnement assez rapidement. Et comme elle n’est pas très grande, elle se marche bien. Juste en montant la rue St-Laurent de Sherbrooke à Jean-Talon, on a l’impression d’avoir vi-sité 5 pays dans la même journée. Et je ne vous dis pas le nombre de beaux garçons qu’on croise dans une journée. C’est ça le concept de « Marcher Montréal ». Ce n’est pas compliqué, il faut simplement marcher, lever les yeux et apprécier ce qu’on voit. Puis gênes-toi pas d’emmener tes amis touristes. C’est une bonne façon de visiter ton quartier, de le redécouvrir et d’en faire l’éloge. Pis entre toi pis moi, des histoires de quartier, tout l’monde aime ça. 

 

En terminant, dis-moi en tes mots, qu’est-ce qui définit le Village?

Le Village, c’est un quartier vivant, un quartier habité. C’est un endroit où on peut faire la fête et se divertir, certes, mais on peut aussi y relaxer et socialiser. Et comme c’est un quartier où il y a beaucoup de parcs, d’espaces verts, on peut s’attarder pour écouter la nature chemin faisant tout en admirant de belles maisons d’une autre époque à l’architecture magnifique. Le Village c’est le mariage parfait entre la ville et la banlieue. Ouch, « banlieue », j’viens tu de dire un gros mot moi-là!! J’vous l’dis mes chéris, essayer le Village, c’est l’adopter !