La 7e édition d’AIRES LIBRES

Un autre été de piétonisation déjà terminé

André-Constantin Passiour
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frederick metz
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Eh oui, après la Fête du Travail, la rue Sainte-Catherine se rendra de nouveau disponible à la circulation automobile, signalant du même coup la fin de la saison d’Aires Libres organisée par la Société de développement commercial (SDC) du Village, en partenariat avec l’arrondissement Ville-Marie, depuis 2008. Cette année, on a presque atteint la pleine capacité des terrasses sous le dais des Boules Roses, œuvre de l’architecte paysagiste Claude Cormier. De Saint-Hubert à Papineau, restaurants, cafés et bars ont garni la rue Sainte-Catherine de terrasses enjolivées, pour certaines, de plantes, de fleurs et d’arbustes… L’artère s’est également enrichi des créations artistiques de Valérie Blass, Nicolas Fleming, Patrick Coutu, Catherine Bolduc et Louis Bouvier. Même l’édicule du métro Beaudry a été transformé en aquarium avec les appliqués de vinyle (en forme de poissons multicolores) de Jim Holyoak et Matt Shane. Sans oublier les reproductions photographiques sur panneaux des œuvres de Cynthia Girard, Max Wyse et David Lafrance, ainsi que les vitrines de la Banque Nationale (Place Dupuis) qui sont l’hôte d’une création de Jean-Benoît Pouliot.

 
«Malgré la température, de façon générale, l’achalandage de cette piétonisation-ci a été satisfaisant et au même niveau que l’an dernier», dit Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la SDC du Village et copropriétaire du Cabaret Mado.
 
En plus de ces guirlandes rosacées, qui se sont retrouvées sur la couverture de deux guides touristiques sur Montréal et du Bottin des Pages Jaunes et qui ont fait l’admiration des autobus de touristes encore cette année, le Village comportait une dizaine de réalisations artistiques choisies par la Commissaire en art public de la SDC du Village, Aseman Sabet. «En termes de visibilité médiatique, nous avons été mieux couverts par les grands médias du Québec, ce qui se faisait peu auparavant, contrairement à la visibilité des éditions précédentes qui était surtout à l’international. Manifestement, le milieu montréalais de l’art contemporain a pris bonne note de nos installations», signale M. Brossard. L’œuvre de Nicolas Fleming, face au défunt Complexe Bourbon – sorte de grande cabane en préfini pour certains – a attiré l’attention autant des experts en art contemporain que du grand public, mais pour des raisons opposées. 
 
«L’installation de Fleming, si elle a obtenu de nombreuses éloges des spécialistes du domaine de l’art contemporain, a pu sembler déstabilisante aux premiers abords pour certains passants qui marchaient dans la rue, poursuit Denis Brossard. Des œuvres comme celle de Valérie Blass, reconnue mondialement, nous donnent de la crédibilité auprès du milieu de l’art contemporain et nous permettra de convaincre d’autres artistes de haut niveau de tenter l’expérience de l’art en milieu urbain. Bien entendu nous n’avons pas la prétention d’être un musée d’art contemporain ou une galerie d’art, nous sommes sur une rue piétonnière où circulent bien des gens.»
 
L’installation Haie, de la firme Architecturama, a remplacé Trous de mémoire de Paprika, dans l’Aire Banque Nationale, avec un bon succès et ce, sans que des vandales aient abimé les six panneaux rétroéclairés.
 
Que réserve 2015 ?
 
Les Boules Roses de Claude Cormier seront-elles de retour pour une 5e année consécutive? Une question, non pas piège mais cruciale pour la SDC. «Premièrement, il faut regarder ce qu’il est possible de faire, estime M. Brossard. On ne changera pas les Boules Roses pour le simple plaisir de les changer, puisqu’il ne s’agit pas d’un «décor», mais bien d’une installation artistique d’un de nos plus grands architectes paysagistes au Canada. Il faut regarder les différentes avenues. Par contre, il faudrait que la nouvelle installation soit aussi marquante sinon plus que les Boules Roses puisque celles-ci sont maintenant une signature du Village et ont remporté plusieurs prix et mentions. Et la couverture médiatique a été très importante. Le C.A. de la SDC fera donc, comme chaque automne, une réflexion à ce sujet. Mais c’est certain que l’œuvre de Claude Cormier a eu une belle attention internationale dans le milieu du design et du tourisme et que la barre est haute… très haute !»
 
Lorsqu’on démontera le matériel qui supporte les Boules Roses, on laissera sur place 60 des 162 poteaux. Pourquoi ? Parce qu’il y aura un projet «automnal/hivernal», prévu de la mi-octobre 2014 à la mi-avril 2015. Ainsi, de Berri à Cartier, on aura la chance d’admirer une nouvelle installation toute en lumière ! «Ce seront des cylindres lumineux qui seront placés à divers intervalles sur la rue Sainte-Catherine», explique M. Brossard. Pour l’instant, au moment de mettre sous presse, trois firmes spécialisées proposaient leurs services pour ce projet particulier qui, à n’en pas douter, attirera les regards, surtout à la nuit qui tombe vite durant ces longs mois parfois monotones…
 
«Ce ne sont pas les idées ni les projets qui manquent, c’est le financement !», lance Denis Brossard. En effet, si  l’on veut poursuivre les divers volets d’embellissement du territoire de la SDC, il faudra trouver encore plus d’argentpour y parvenir adéquatement… Nous sommes bien satisfaits du soutien financier et technique de l’arrondissement de Ville-Marie depuis les débuts de la SDC, mais il faut voir plus grand encore et à plus long terme. La ville-centre dépensera 85$ M pour rénover la portion ouest de Sainte-Catherine pour la période 2015-2017, nous allons donc demander un effort supplémentaire à la ville-centre pour pouvoir faire grandir nos projets, ainsi que du financement privé supplémentaire qui sera nécessaire si l’on veut continuer à développer une offre d’art contemporain publique», souligne le président du conseil d’administration de la SDC. On aimerait également réintroduire des plantations dans le Village l’été prochain, «mais l’équipement, l’entretien et l’arrosage coûtent cher. Avec plus de financement, nous serions capables d’avoir quelque chose d’encore plus beau», dit M. Brossard.
 
Il est certain que, pour 2015, la présence de l’art public contemporain sera encore dans les cartons. Des installations avec des artistes de renommée internationale jalonneront le parcours. «En plus de l’arrondissement Ville-Marie, la Banque Nationale et la Brasserie Labatt nous soutiennent depuis plusieurs années déjà, ce sont des partenaires en or, nous les remercions d’ailleurs pour leur appui, mais honnêtement, il nous faudrait d’autres partenaires qui seraient prêts à nous appuyer pour développer encore plus le créneau culturel et ce, à long terme», souligne M. Brossard.
 
En terminant, la SDC du Village tient à souligner l’apport précieux de Frédéric Metz, récemment décédé, à AIRES LIBRES. « Frédéric nous a offert son expertise, bénévolement, lorsqu’il a pris sa retraite de l’UQAM. Il tenait à faire sa part pour nous aider à développer AIRES LIBRES dans le Village. C’est lui le premier qui a compris que les Boules Roses de Claude Cormier étaient en train de devenir un branding du Village, et ce bien avant que deux guides touristiques sur Montréal et les Pages Jaunes reprennent le visuel des Boules Roses sur leur page couverture. Je me souviens qu’il m’avait dit en riant que pour lui ce n’était pas du tout une surprise que les éditeurs de ces publications mettent en page couverture les Boules Roses. Metz avait encore raison...il nous manquera terrible-ment...Merci Frédéric ! » Bernard Plante, directeur général, SDC du Village.