Égypte

26 hommes soupçonnés d'homosexualité accusés de débauche

L'agence AFP
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26 hommes

Vingt-six hommes soupçonnés d'avoir organisé ou participé à des « orgies homosexuelles » dans un hammam public en Égypte seront jugés dimanche pour « débauche », une accusation souvent utilisée contre les hommes gais, selon un responsable du parquet.

Si la loi égyptienne n'interdit pas formellement l'homosexualité, plusieurs personnes ont été condamnées pour « débauche » ces dernières années, accusées d'avoir pris part à des fêtes rassemblant des homosexuels.

Ces affaires ont défrayé la chronique dans des médias égyptiens toujours prompts à les dénoncer, voire à publier leurs photos.

Les 26 hommes ont été interpellés le 7 décembre dans un hammam public du quartier d'Azbakeya, dans le centre du Caire. Parmi les prévenus se trouvent le propriétaire et quatre employés du hammam.

Ils seront jugés pour « administration d'un lieu de débauche » et pour « avoir incité et facilité la débauche d'autrui », selon le responsable. Les 21 autres sont accusés de « débauche et d'attentat à la pudeur ».

L'enquête a révélé que le hammam accueillait des « orgies homosexuelles », a précisé le responsable. Une animatrice de télévision, Mona Iraqi, s'est targuée d'avoir dénoncé le hammam et ses activités à la police, après découvert son existence au cours d'une enquête sur le sida et la prostitution en Égypte pour son émission d'investigation.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé en septembre les procès intentés aux homosexuels, soulignant que « les autorités égyptiennes ont à plusieurs reprises arrêté, torturé et détenu des hommes soupçonnés de conduite homosexuelle ». 

En novembre, un tribunal du Caire a ainsi condamné à trois ans de prison huit jeunes hommes accusés d'être apparus dans la vidéo d'un « mariage gai ».

Un sondage publié en 2013 par le centre de recherches américain Pew a révélé que seulement 3 % des Égyptiens estimaient que « la société devait accepter l'homosexualité ».