«Ma cause»

Retourner à sa terre natale pour aider son prochain

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Si vous pouvez consulter le sympathique Dr Thanh Liem Nguyen à la Clinique Podiatrique Berri, sachez que le podiatre de 38 ans, mène plusieurs activités de font. Chargé de cours à l’Université du Québec en Abitibi et étudiant au programme de deuxième cycle en santé mondiale, il fonde en 2012, l’Association des podiatres sans frontières, un OSBL qui prodigue des soins gratuitement dans des pays en voie de développement. De retour de sa récente mission au Vietnam, le Dr Nguyen nous fait part des faits saillants de ce troisième voyage, au cœur de sa terre natale, pour donner au suivant.

Si Thanh Liem n’en est pas à sa première mission en sol vietnamien, c’est la première fois, qu’il voyageait avec un groupe aussi nombreux: «Nous étions 4 podiatres et 3 étudiantes au programme de doctorat en médecine podiatrique à l’UQTR. Puisqu’un de nos collègues était sourd, nous avions un interprète en langage des signes». Pour le jeune podiatre, cette mission était des plus spéciales, puisqu’ils ont débuté en traitant les gens de son village natal, avec l’aide du curé, qui a mis sur pied des centres de traitement. 
 
Ce fut notamment l’occasion de donner au suivant, mais aussi de renouer des liens avec sa famille : «Nous avons tous été hébergés chez mes grands-parents, nous dormions sur des matelas, par terre, à côté des porcheries qu’ils possèdent», loin de la vie touristique, précise-t-il. Une expérience enrichissante pour les bénévoles ainsi que pour le podiatre : «Je voyais beaucoup de fierté dans les yeux de mes grands-parents, car c’est la première fois que quelqu’un du village qui a fait des études en médecine retourne là-bas pour aider les gens. Pour eux, c’était hors du commun. Mon oncle a fièrement mis une photo de mon enfance sur Facebook, en disant que j’étais de retour pour aider les gens du village. C’était émouvant de le revoir», explique Thanh Liem en évoquant ce retour à la source. 
 
Lorsque je demande au podiatre d’origine vietnamienne, s’il constate une évolution sociale de cette terre natale qui l’a vu naitre, il s’explique : «On a de tout là-bas, ils ont internet, alors on a pu en profiter! Dans mon village et dans certains villages avoisinants, les mentalités sont dominées par la religion catholique comme le Québec d’avant la Révolution tranquille», précise-t-il. «Ça a beaucoup évolué, particulièrement au niveau du travail agricole, avant c’était très physique, et maintenant c’est plus mécanique, même si les gens travaillent très fort. Au niveau économique, ça s’est amélioré, mais c’est encore très pauvre. Le salaire moyen des gens du village est d’environ 100$ par mois. Les gens visitent peu les médecins, puisqu’une visite médicale coûte environ 3$, sans oublier le prix des médicaments…» 
 
podiatreCe voyage fort en émotion fut l’occasion pour le podiatre et ses collègues, de prodiguer des soins notamment au niveau du dysfonctionnement biomécanique : «On parle de pieds plats et d’orthèses. Puisque les gens marchent surtout avec des gougounes, nous avons dû inventer les traitements orthopédiques pour qu’ils soient adaptés. En terme de matériel, nous en avions très peu sur place, alors c’était davantage de la médecine de brousse, puisqu’il n’y a ni hôpital, ni clinique au village». Les podiatres ont donc investi les locaux d’une classe de catéchisme adjacents à l’église, afin de les transformer en salle de consultation et de traitement. La clinique fut donc improvisée sur place, afin de traiter les patients, en majorité des femmes adultes, les enfants constituant 20% de la clientèle. En tout, plus de 500 patients furent traités, sur 10 jours de travail, «une expérience intense», appuie Thanh Liem. Ce dernier fut marqué par une situation à la Maison Chance, autrefois un orphelinat, devenu aujourd’hui une maison de réadaptation et réinsertion sociale, pour les accidentés de la route et du travail : «Nous y avons travaillé deux jours et traités plus de 80 personnes, qui se déplacent majoritairement en fauteuil roulant. J’ai connu un patient qui avait un cas de verrues plantaires jamais vu ici. Ce garçon n’a plus de vie sociale, s’isole et porte toujours des souliers fermés pour que personne ne voit ses pieds. J’ai été la seule personne qui a eu le privilège de les regarder et de l’évaluer. J’avais un médicament, mais il n’était pas assez efficace pour traiter ses nombreuses verrues plantaires. Lorsque je serai de retour à la fin de l’année, je vais lui apporter les médicaments nécessaires à son traitement». 
 
En décembre prochain, le podiatre s’envolera de nouveau pour le Vietnam, afin d’y effectuer une énième mission. «Là je me prépare à partir au mois d’avril avec une autre podiatre au Pérou. En août, deux podiatres partent en Bolivie, avec des étudiants de L’UQTR». Comment fait-il pour vaguer à toutes ces occupations? «J’ai une journée de congé par semaine», précise-t-il, avant de conclure humblement «c’est une question d’organisation. Je suis tellement chanceux d’être ici! Si j’étais encore au Vietnam, ce serait une autre vie…». Finalement le Dr Thanh Liem Nguyen tient à chaudement remercier pour leur générosité, leur professionnalisme et leur dévouement tous les participants et les bénévoles qui ont permis de faire de cette mission un franc succès. 
 
Si vous êtes médecin et désirez devenir volontaire et bénévole pour des missions, contactez l’Association des podiatres sans frontières T. 514.895.9210  
Clinique Podiatrique Berri 1050, rue Berri, Montréal 
T. 514.844.8868  www.podiatremontreal.com