Jacob Tierney

De Montréal à Hollywood

Samuel Larochelle
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Jacob Tierney

L’année 2015 est une période faste pour le Montréalais Jacob Tierney (The Trostky, Good Neighbours), qui cosigne le scénario du premier film hollywoodien de Xavier Dolan, en plus de faire sa première mise en scène au théâtre (Travesties au Centre Seagal, à partir du 12 avril) et de préparer la sortie en salles de son quatrième long métrage.

La nouvelle a fait le tour du Québec en 2014 : Jessica Chastain, Kit Harington, Kathy Bates et Susan Sarandon joueront dans le prochain film de Xavier Dolan, The Death and Life of John F. Donovan. Son premier film américain se concentra sur une star du cinéma dont la correspondance naïve avec un enfant de 11 ans sera révélée et détournée par un tabloïd. Une réflexion critique sur la vie d’acteur et la planète Hollywood, écrite conjointement avec Tierney. 
 
Il s’agit d’une exception dans le parcours du jeune cinéaste, qui a écrit seul ses autres scénarios, à l’exception de Tom à la ferme, dont il a réalisé l’adaptation avec Michel-Marc Bouchard, l’auteur de la pièce originale. La collaboration a surpris Jacob Tierney lui-même. « Au début, j’étais persuadé que Xavier voulait mon aide pour réviser la grammaire, la justesse et le rythme de la langue, puisque je suis anglophone. Mais on a vraiment écrit l’histoire à deux. Comme le film traite du métier d’acteur, j’ai pu lui donner ma perspective. »
 
Jacob TierneyLes deux hommes se sont rencontrés en 2009, au Festival international du film de Toronto, alors qu’ils y présentaient leurs premières réalisations : J’ai tué ma mère et The Trotsky. L’automne dernier, Jacob Tierney est retourné au TIFF pour la quatrième fois avec Preggoland, dans des conditions particulières. « La projection avait une heure de retard, mais les gens ont attendu dehors sous la pluie, pendant un orage fou. Le public du festival est réellement investi. Et la réaction des spectateurs a été très bonne! »
 
Preggoland, qui se retrouvera sur les écrans du Québec le 1er mai, raconte l’histoire de Ruth, une femme de 35 ans qui simule une grossesse, afin de ne pas être délaissée par ses amies, toutes nouvellement mamans. « C’est une comédie qui montre jusqu’où on est prêt à aller pour se sentir intéressant auprès des nôtres. Ruth aurait pu jouer la comédie quelques semaines, mais elle tient le coup pendant neuf mois! Plus le film avance, plus ça devient cinglé! »
 
Avant de faire la promotion de son film, Tierney dévouera son attention à sa première mise en scène théâtrale, Travesties, qui sera présentée au Centre Segal de Montréal, du 12 avril au 3 mai prochain. La pièce est écrite par Tom Stoppard, un auteur reconnu au théâtre pour Rosencrantz and Guildenstern are dead, et au cinéma pour Shakespeare in love. « Stoppard est un de mes écrivains préférés dans le monde! J’ai lu toutes ses pièces, mais je connaissais très peu Travesties. En la relisant dernièrement, j’ai adoré. C’est tellement drôle! Ça parle d’histoire, de littérature et d’art, soit plusieurs choses qui m’intéressent. » 
 
Écrivant des farces rappelant parfois l’esprit de Shakespeare et de Molière, Stoppard a campé l’histoire de Travesties durant la Première Guerre mondiale, alors que l’auteur James Joyce, le poète dadaïste Tristan Tzara et le leader communiste Lénnte sont réunis en Suisse. «Tout ce beau monde était réellement en exil durant la guerre et Joyce voulait monter la pièce The Importance of Being Earnest, avec plusieurs autres artistes qui se trouvaient à Zurich à la même époque.»
 
Le créateur affirme sans détour que la trame de la pièce n’a rien de complexe. « C’est une farce romantique un peu folle. À travers les souvenirs de Joyce, à propos de ce qui se déroule à Zurich, on suit les destins des autres grands personnages de l’Histoire, qui deviennent eux-mêmes des personnages de la pièce qui est montée. C’est à la fois une quête sur l’art, la philosophie et la politique, avec des chassés-croisés amoureux. C’est plein d’esprit et d’humour. »
 
Pour sa première mise en scène, il a choisi de miser sur la simplicité. «Je me concentre sur le jeu des comédiens et le plaisir du public. La scénographie n’a rien de grandiose ou de complexe. Je n’essaie pas de faire du Robert Lepage.»
 
Investi dans plusieurs projets à la fois, Jacob Tierney planche également sur une sitcom qui se déroule dans un village de campagne. «C’est l’histoire de deux fermiers, Wayne et Derryl, dans une petite municipalité prise par un terrible problème de drogue. Le tournage débutera sous peu.»  
 
TRAVERSTIES au Centre Segal de Montréal, 
du 12 avril au 3 mai prochain
 
PREGGOLAND à l’écran de plusieurs salles de cinéma, 
dès le 1er mai.