Questions de société

Un peu de tout...

Denis-Daniel Boullé
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Denis Daniel

Peut-être est-ce l’effet du printemps, mais mon regard porté sur nos communautés me semble optimiste. Je le dois, entre autres, aux organismes trans. Ils sont arrivés en commission parlementaire avec une position commune concernant les règlements facilitant la mention de sexe et de nom à l’état civil. Et pour une fois pas de compromis : ils souhaitent l’autodétermination. Pas d’attestation de médecin, de voisins, de la concierge, pas d’obligation de vivre dans le genre choisi pendant deux ans, un an, six mois, et ce jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sinon, la déclaration de la personne elle-même déterminant son genre. D’autres pays ont adopté ce principe d’autodétermination et ne s’en portent pas plus mal. Il y a quelques semaines, la Norvège a légiféré dans ce sens. Pas question d’un consensus mou, ou de palabres entre les citoyens et le législateur entre ce que l’on accorde et ce que l’on cède. Rappelons que ce changement de nom et de sexe à l’état civil entraîne moins de paperasses administratives qu’un divorce par exemple. Il est évident que tous les groupes trans ne partagent pas les mêmes revendications, mais ils ont su faire front commun le moment voulu. 

Une autre tendance est la collaboration de plus en plus grande entre les organismes. Une façon d’éviter le dédoublement de services, ou encore, de partager les expériences et les expertises, à l’image de la collaboration ponctuelle et informelle de Gai Écoute et de l’Aide aux trans du Québec (ATQ), entre autres. Des initiatives qui évitent le travail en silo. D’autres organismes fonctionnent aussi dans la collaboration, mais si je cite Gai Écoute et l’ATQ, c’est que les deux organismes fêtent cette année leurs 35 ans d’existence, une longévité à souligner. D’autant qu’ils continuent à jouer un rôle essentiel étant en première ligne pour tous ceux et celles qui se posent des questions concernant l’orientation sexuelle et l’identité de genre. 
 
Une nuit, je me suis mis à rêver d’un ma-nifeste où les signataires déclareraient qu’ils ont eu des relations sexuelles dans des lieux publics. Le manifeste se terminerait en disant que si ce n’était pas légal, ce n’était pas immoral, et que ces pratiques – que certains peuvent trouver choquantes – n’en faisaient pas moins, des bons conjoints, des bons parents, des bons fils, des bons enseignants, voire de bons animateurs. Et que, face à la curée médiatique entourant la chute — pardon,le trébuchement — de Joël Legendre, il y avait peut-être une réponse politique à apporter, en somme se tenir debout devant ce qui était de l’homophobie. 
 
Car, entre nous, les hétéros ne se gênent pas pour baiser aussi dans les lieux publics. Mais comme l’animateur s’est tout de suite mis à genoux en acceptant la sentence publique, et comme les commentaires sur les réseaux sociaux emboitaient le pas en disant qu’il avait commis une erreur, le manifeste dont je rêvais est resté lettre morte. Ce n’est pas parce que c’est illégal que c’est forcément immoral ! Mais le cul, c’est sale, cela ne doit pas sortir du placard, ou de notre écran d’ordinateur. La morale religieuse nous colle encore à la peau. 
 
Question religion, l’Église catholique cherche encore un moyen honorable de concilier une ouverture plus grande face à l’homosexualité, sans pour autant renoncer au dogme, ou plus prosaïquement, sans se mettre à dos la frange la plus conservatrice de ses fidèles. Si du bout des lèvres, le Pape François a manifesté sa volonté d’une plus grande acceptation des homosexuels, les résistances sont encore nombreuses. La preuve, la difficulté pour le Vatican d’accepter que l’Ambassadeur nommé par la France auprès de la Curie romaine soit gai. Certains catholiques traditionalistes y voient presque une provocation de la part du gouvernement français. 
 
Hillary Clinton avait à peine annoncé sa candidature à l’investiture du Parti démocrate aux États-Unis que déjà des gais et des lesbiennes lui apportaient tout leur soutien. Un jeune gai de San Francisco a même créé un t-shirt avec un slogan qui peut susciter une certaine ambigüité. Avec écrit : « I’d bottom for Hillary » (Pour Hillary, je serais passif), le jeune homme veut simplement rappeler que pour accepter d’être passif dans une relation, il faut avoir confiance en son partenaire. D’évidence, il fait confiance à Hillary. Sans remettre en question les engagements répétés d’Hillary Clinton en faveur des minorités sexuel-les, et de ce qu’elle pourra réaliser si elle est élue première femme présidente des États-Unis, je souhaite que le petit gars de Californie, se fasse fourrer, mais dans le bon sens du terme. Faire confiance, oui ! Aveuglément, peut-être !