Un livre sur la marraine de Fierté Agricole

Rencontre avec une femme remarquable

Étienne Dutil
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On a connu Luc Quintal plutôt actif comme président de l’Association des motocyclistes gais du Québec (AMGQ) pendant une décennie, mais également au Conseil québécois LGBT et aussi chez d’autres groupes communautaires et associatifs. Or il lancçait au printemps le livre, «Maria Labrecque-Duchesneau, une femme au cœur des familles agricoles».  

LucPassionné d’écriture, pétri d’humanité, Luc Quintal vient de dresser, dans un livre-hommage en l’honneur d’une grande dame du monde agricole, un portrait de Maria Labrecque-Duchesneau, une alliée de la cause LGBT qui, par son action, aura initié la création de Fierté Agricole.
 
Luc Quintal, motocycliste et militant LGBT, pourquoi ce livre sur Maria Labrecque Duchesneau ?
Écrire ce livre est une façon plutôt personnelle de payer une dette d’honneur à l’endroit de Maria Labrecque Duchesneau tout en aidant à ma manière à faire connaître ses généreux efforts visant la mise sur pied d’un réseau d’entraide unique au monde : Au cœur des familles agricoles (ACFA). 
 
Tu parles d’une dette envers elle, laquelle ?
La mise sur pied de cette ressource en milieu agricole, ACFA, est une réponse directe et solidaire de Maria à de nombreuses problématiques sociales et humaines rencontrées dans les rangs du Québec : suicide, violence conjugale, dépression, détresse, faillite, etc. En se promenant dans les rangs du Québec pour prêter l’oreille à son monde, des jeunes se sont confiés à Maria pour dire qu’ils n’avaient pas vraiment de problème sauf un: être gais ou lesbiennes et se sentir doublement isolés.  Isolés par leur orientation sexuelle "minoritaire", mais aussi du fait de ne pas connaître d’autres personnes comme eux avec qui échanger ou se mettre en relation. Rapidement, Maria n’a pas fait ni une ni deux; elle a tout de suite mis sur pied un groupe embryonnaire se présentant comme un « club de LGBT en agriculture » et a affiché la ressource sur le site web de son organisme. Ce groupe a fait du chemin, est maintenant structuré et se nomme désormais Fierté agricole. C’est d’ailleurs pour cette réalisation significative qu’ACFA a remporté un prix Arc-en-ciel cette année-là ! 
 
Il me semble que tu as joué un rôle à cette occasion ?
« Effectivement j’ai joué un rôle, et ton collègue Michel Joanny-Furtin a contribué à sa manière à l’émergence de ce groupe ! L’article qu’il avait écrit dans Fugues il y quelques années a été un bon déclencheur et a permis à plusieurs LGBT du milieu rural de se reconnaître puis de sortir de leur «pla-card agricole« et s’afficher enfin ouvertement. Une belle manifestation de courage de leur part si l’on songe que c’est un milieu dont les valeurs s’inscrivent plutôt dans la tradition… Ce courage s’est, entre autres, révélé lors d’une participation colorée à la parade montréalaise de la fierté à l’époque, où là encore le groupe a remporté un prix ! 
 
Parle-nous un peu de Fierté Agricole en 2015.
Le groupe va bien. On y trouve en ce moment de nombreux membres de partout au Québec. Le conseil d’administration actuel souhaite trouver les ressources financières nécessaires pour procéder à l’embauche d’une ressource permanente. Cette personne assurerait le secrétariat de l’organisme et surtout serait attentif aux attentes de la communauté LGBT en milieu agricole. 
 
Le livre ne parle pas que de Fierté agricole, mais aussi de la mission globale d’ACFA. À quoi ressemble ce réseau ?
La démarche de Maria Labrecque Duchesneau est celle du gros bon sens. Elle savait dès le départ qu’elle ne pouvait à elle seule répondre à l’immense défi de solutionner une foule de problèmes humains rencontrés ici et là dans les fermes du Québec. Au cœur de sa démarche, il y a notamment  l’adaptation du programme de «travailleurs de rue» en «travailleurs de rang», c’est-à-dire en formant des personnes aptes à reconnaître des donnés et à trouver des ressources locales pour aider ces individus et ces familles. Pour Maria, chaque problème trouve une solution, autrement il faut mettre sur pied la ressource requise ou adapter ce qui existe déjà. Un problème parmi d’autres : le monde rural est un des milieux de vie où l’on trouve le plus haut taux de suicide ! Pour Maria, il y a donc urgence à soutenir toutes les familles agricoles du Québec. 
 
Et tu crois que ce livre va aider Maria, comment ?
Pour Maria, le concordat nécessaire entre le milieu agricole et le monde urbain n’a jamais été aussi fragile et précaire que maintenant. Longtemps au Québec, on a toujours eu en haute estime l’ensemble des agriculteurs. Or, en 2015, ce n’est plus le cas malheureusement. Le milieu agricole en souffre ! Maria multiplie donc les interventions publiques pour calmer le jeu dans certaines situations. Avec ce livre, elle souhaite de tout cœur que les mots d’un urbain, les miens, puisse rétablir cet équilibre qui fait défaut en ce moment. 
 
Un livre solidaire
Mon geste en est un de solidarité à son endroit. De plus, tous les droits d’auteur et profits de la vente du livre seront versés intégralement à la Maison ACFA, la maison de répit pour le monde agricole qui a ouvert ses portes à Saint-Hyacinthe en 2013. Profitant de cette publication, je nous invite donc collectivement à prêter l’oreille aux besoins de Maria et, dans la mesure de nos ressources, à l’aider de notre mieux.  Nous avons toutes et tous un rôle à jouer pour maintenir ce concordat au mieux. Maria ne peut tout faire à elle seule, son cœur est grand, mais la tâche est immense ! 
 
Maria Labrecque Duchesneau, une femme au cœur des familles agricoles, par Luc Quintal. Préface d’Errol Duchaine. Éditions Trois-Pistoles, 


 

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Publié le 28 juillet 2015

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