La chronique du Conseil québécois LGBT

Une campagne électorale en six couleurs

Collaboration Spéciale
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rainbow color

En pleine campagne électorale fédérale, chaque parti tente de charmer l’électorat avec promesses, idées et positions sur une multitude d’enjeux. Même si cette campagne est parti-culièrement longue, elle nous permet de se pencher sur les enjeux LGBT et nous rappelle la nécessité de continuer à être solidaires et de persévérer dans la démystification des mythes et des préjugés qui entourent nos façons de vivre, d’exister, d’aimer et d’être aimés.

Les communautés Trans
Les communautés Trans connaissent un taux record de suicides. Pour une société qui prône l’ouverture, la tolérance, l’acceptabilité et l’inclusion il est inacceptable de fermer les yeux sur autant de drames humains et de souffrance. Ces drames résultent en grande partie d’une fermeture et d’une haine face à tout ce qui ne cadre pas avec une vision hermétique des catégories qu’on nomme féminin et masculin (stéréotypes de genre). Quand une partie de la population vit autant de violence (institutionnelle, physique, psychologique, médicale), on ne peut pas se proclamer «pays de la tolérance». En ce sens, celles et ceux qui désirent se faire élire devraient s’engager à offrir davantage de protection pour les trans (incluant les familles, les réfugiés et les immigrants, les jeunes et les moins jeunes). Ils devraient également élargir la loi fédérale sur les discours et les crimes haineux afin d’y inclure l’identité et l’expression de genre. Par ailleurs, le règlement d’application de la loi 35, qui entrera en vigueur au début octobre, quoiqu’incomplet, est un pas dans la bonne direction pour toutes les personnes trans du Québec. 
 
Les communautés LGBT
De plus, l’homophobie, la transphobie, le harcèlement, la violence physique et psychologique sont encore des réalités que nombre d’entre nous vivent au quotidien (dans la rue, dans les écoles, dans les milieux de travail, dans les bars, dans les institutions publiques et parapubliques et ce, à tous les paliers de gouvernements). Dans nos écoles au Québec, 69 % des élèves (LGBT) sont victimes d'homophobie ou de harcèlement basé sur l’expression de genre,  tout comme 35,4 % des élèves hétérosexuel-le-s, simplement parce qu'ils ou elles ne correspondent pas aux stéréotypes de genre (Chamberland, 2011). Il y a donc  encore un besoin criant de formation, autant pour les  intervenantes et intervenants qui travaillent dans nos communautés qu’à l’extérieur de celles-ci. Ironiquement, les organismes communautaires cana-diens et québécois qui oeuvrent pour la population LGBT sont, pour la plupart, sous-financés alors que les besoins sont eux exponentiels (besoins médicaux, lignes d’aides et d’écoutes, productions de matériels aux fins de sensibilisations, formations, etc.)
 
Nous invitons les partis politiques fédéraux à réfléchir aux moyens d’inclure dans leurs plateformes électorales ces catégories de citoyens désavantagés juridiquement et socialement, et à prendre et à respecter des engagements envers ceux-ci. Les gains juridiques, dont le mariage pour tous n’est que la partie la plus visible, ne sont pas les voies uniques vers une réelle égalité. À l’heure actuelle, le non-conformis-me aux expressions et aux identités de genre est encore l’objet de beaucoup de souffrances pour nombres de québécois et de canadiens (LGBT certes, mais pas uniquement). Dans notre démocratie représentative, on devrait pouvoir faire  davantage de place à la différence. En ce sens, la campagne électorale fédérale devient une vitrine intéressante pour parler des enjeux qui touchent la communauté LGBT. Or, les gains électoraux potentiels ne devraient pas être l’unique motivation pour aborder pareils enjeux.