Cazwell

Populaire... hors du circuit hétéro du rap!

André-Constantin Passiour
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Cazwell

Le 14 août, quelques minutes à peine avant de monter sur scène pour le spectacle appelé «Village Paradise» de Fierté Montréal, au square Émilie-Gamelin, l’artiste Cazwell réussi à trouver une dizaine de minutes pour nous parler de ces projets. 

Vous ne connaissez pas Cazwell ? Eh bien Cazwell est un jeune artiste ouvertement gai, assez séduisant, faisant dans le hip-hop et dans la pop, très «gaie» pourrait-on dire, avec des airs accrocheurs. Originaire du Massachusetts, cet auteur, compositeur, interprète et DJ a débuté sa carrière en 2006 avec l’album Get Into It, puis deux autres ont suivi : Watch My Mouth (Piece Biscuit), en 2009, et Hard 2B Fresh, en 2014. On lui doit, entre autres, des clips très drôles comme Ice Cream Truck ou Get My Money Back… qu’on vous avait fait décourvir via le site fugues.com. Cet artiste sympathique a notamment collaboré avec des artistes comme Lady Gaga (dont il a fait l’ouverture à quelques reprises), Boy George, etc. Cazwell est en tournée de promotion pour sa toute dernière composition intitulée The Biscuit avec un clip aux influences arabisantes…
 
C’est la première fois que tu mets les pieds à Montréal ?
Non, je suis aussi DJ, alors je suis venu à Montréal au moins deux autres fois, cela faisait partie de tournées avec d’autres artistes. Je crois qu’il y a environ deux ans, je suis venu faire un gig ici. Alors non, ce n’est pas la première fois. Mais je ne pourrais pas vous dire c’était dans quels clubs, je vais dans tellement d’endroits vous savez…
 
Qu’elle a été l’inspiration pour The Biscuit  (lancé le 11 août) ? Il y a une thématique fortement arabe par la musique arabisante, les costumes, les images de désert, etc. ?
C’est ma manière bien personnelle de parler de paix au Moyen-Orient, de pousser un peu la note de façon amusante, de dire que la paix est possible dans cette région malgré tout.
 
Avec les ceintures de munitions en bandoulières, les gars avec une barbe, n’est-ce pas une référence au groupe terroriste État islamique (ISIS)?
C’est vrai qu’il y a des vues de désert, les flûtes en forme de serpent, mais c’est une inspiration, ce n’est pas une référence directe à ISIS. Il y a bien des inspirations pour cette vidéo-là. C’est une façon, également, de parler d’homosexualité, parce qu’on sait qu’il y a beaucoup de discrimination dans ce coin du monde à l’égard des homosexuels… Alors c’est un moyen de dire qu’il y a aussi des gais dans cette région et qu’ils ont droit à la liberté…
 
The Biscuit  fait partie de l’album (Hard 2B Fresh) qui est sorti il y a environ un an. Mais j’ai travaillé avec l’application gaie Hornet pour réaliser le clip et pouvoir le lancer et le mettre en ligne. Après plusieurs mois de travail, on a réussi à le faire et le clip est sorti ce mois d’août. J’en suis très content…
 
En général, qu’est-ce qui t’inspire ?
New York, la ville, la vie urbaine, les arts, les artistes, c’est ce qui m’inspire le plus… Sinon, je suis inspiré par les dates de tombée ! (rires)
 
Même s’il y a des rappeurs gais, on sait qu’ils ne sont pas sortis du placard parce que, dans son ensemble, le milieu du rap et du hip-hop est encore assez homophobe. Lorsque tu as commencé ta carrière comment est-ce qu’on t’as reçu et perçu surtout ?
À bien des égards, oui, il y a encore bien de l’homophobie dans «l’industrie» du hip-hop. Mais je n’ai jamais fait partie de l’industrie hétéro du hip-hop, du rap ou de ce style de pop. Pour des artistes comme moi, il y a tout un milieu alternatif dans lequel nous évoluons, disons qu’il y a des circuits, des clubs, des galeries d’art, etc. qui nous reçoivent, moi et d’autres artistes LGBT comme Big Dipper, Cakes da Killa, Mykki Blanco ou encore Petey Plastic et qui font du hip-hop, du rap, de la pop et qui attirent une clientèle ouverte. Nous formons une classe à part. Donc, personnellement, je n’ai jamais eu à souffrir d’homophobie, mais je fais attention, également, de ne pas aller là où il pourrait y avoir du danger. Je crois que des artistes comme moi ont réussi à trouver leur créneau en dehors de l’industrie hétéro du hip-hop parce qu’il y a toute une scène qui est très vivante, riche et vibrante et qui nous accepte tels que nous sommes...
 
Est-ce que tu pars en tournée ?
Eh bien, je suis en ce moment même en train de faire la promotion autour de ma collection de sous-vêtements Ice Cream. On a lancé cette collection il n’y a pas si longtemps [en début d’été, grâce à la collaboration avec le designer new-yorkais Geoffrey Mac], alors il faut la faire connaître et la faire circuler et c’est ce que je fais, en plus de travailler sur les autres projets. J’ai beaucoup de plaisir à faire la promo pour Ice Cream…
 
Quels sont tes prochains projets ?
Il y aura un nouvel album sous peu. Je travaille en ce moment sur deux simples, donc il y aura du nouveau matériel bientôt, c’est certain. Je travaille aussi à fonder mon propre label qui comprendra mon prochain album, potentiellement en janvier ou en début d’année 2016. Mais le label comprendra aussi d’autres artistes que moi. Donc, j’œuvre à ce que cela soit prêt pour le commencement de l’année…
 
Merci de nous avoir accordé cette entrevue.
Cela me fait énormément plaisir de pouvoir discuter avec un média gai de Montréal… 
 
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