bilan de la piétonnisation 2015

L’art contemporain sur la rue, c’est là pour rester...

André-Constantin Passiour
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Place au village

Cette 10e piétonnisation d’Aires Libres est maintenant terminée. Encore une fois, elle s’est déroulée sous des dizaines de milliers de boules roses telles que conceptualisées par l’architecte paysagiste Claude Cormier. Elle offrait, également, un parcours dans lequel on pouvait admirer plusieurs sculptures d’artistes sélectionnés par la Commissaire Aseman Sabet ! Avec une plus grande présence policière, cette saison a connu plus de calme autant pour les visiteurs que pour les commerçants… Encore une fois, certains se sont dépassés à offrir à leur clientèle un bel environnement de terrasse pour relaxer et apprécier leur repas… Il est donc temps de dresser un bilan de cette édition 2015 d’Aires Libres organisée par la SDC du Village.

«Dans l’ensemble, on a eu une affluence intéressante cet été, en autant que la température le permettait, bien évidemment. Il y avait du monde sur la rue et les terrasses étaient souvent pleines. Je pense que le nouveau plan d’intervention du SPVM [Service de police de la Ville de Montréal] contre les revendeurs de drogues et autres méfaits y a joué pour beaucoup. Il y avait une coordination générale entre les PDQ [postes de quartier] 21 et 22, ce qui a augmenté le sentiment de sécurité et a amélioré les choses grandement. La différence était notable cette année. La police était plus présente et on a eu l’impression qu’il y a eu un véritable travail d’équipe entre les policiers et entre les policiers, les cadets et les 2 Intervenants de liaison de la SDC. Ils vont sans aucun doute continuer à raffiner leur approche à l’avenir, mais dans l’ensemble, on a noté une forte amélioration de la situation […]», de dire Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la Société de développement commercial (SDC) du Village et copropriétaire du Cabaret Mado.
 
legoM. Brossard croit que le projet artistique Aires Libres – qui est d’exposer des artistes sur la rue à même le bitume – doit être poursuivi. «Je pense que cela a été mieux perçu cette année et plus accessible aussi pour le public en général, continue-t-il. Mais il faut améliorer notre présence en termes d’explications et d’informations sur les œuvres, leurs significations et les messages véhiculés par les artistes. Mais le projet d’amener l’art contemporain sur la rue est là pour rester, nous allons donc continuer dans la même direction parce que nous avons une niche exploitable et unique et qui crée une certaine ambiance. […] Nous voulons rehausser le nombre d’artistes et de sculptures. Nous sommes en recherche d’autres commanditaires en  ce sens. Il y a du travail à faire, mais je considère que nous sommes sur la bonne voie…» 
 
Qu’est-ce qui serait à améliorer pour l’an prochain alors ? «Nous sommes en réflexion sur comment mettre plus de verdure sur la rue pour que cela soit plus chaleureux, particulièrement dans certains secteurs précis que ce soit au métro Beaudry, à partir d’Alexandre-de Sève vers l’Est. Tout le secteur du Bourbon, c’est un coin «handicapé» dont on n’a aucun contrôle et face au stationnement de TVA. Étant donné la désuétude de ce complexe, on va essayer d’améliorer la situation jusqu’à ce qu’il trouve un preneur. Il y a aussi le tronçon entre Saint-Hubert et Amherst. On veut cibler les interventions de la SDC malgré un cadre budgétaire restreint. Mais on veut faire de beaux aménagements avec des plantes pour créer un bel effet.»
 
Si la SDC pense à un plan d’aménagement vert, le président du conseil croit que chacun des commerçants eux-mêmes ont une certaine part de responsabilité à agrémenter le Village gai pour le rendre encore plus agréable et accueillant. «On doit s’assurer de la qualité de nos terrasses et de nos vitrines et de l’intérieur des établissements et ce, malgré les difficultés économiques que l’on connaît parce qu’on sait bien que ce n’est pas facile pour certains surtout durant la période hivernale. Mais chacun doit faire ce qu’il peut pour faire vivre une belle expérience aux visiteurs pour qu’ils puissent revenir même en hiver. Par exemple, ici au Mado, on n’est pas obligé d’avoir quelqu’un à la porte, mais il y a Madame Simone qui reçoit les gens, qui fait une animation, cela attire les gens, ils prennent des photos, cela circule sur les réseaux sociaux et crée ainsi un certain buzz… Parfois, il s’agit d’un petit quelque chose pour faire en sorte que les gens trouveront intéressant et sympa d’y revenir...», souligne Denis Brossard.
 
Lorsqu’on se promène durant Aires Libres, on le voit bien d’ailleurs comment cela a fait le tour de la planète, on marche sous des centaines d’alignements de boules roses. Il faut bien comprendre qu’il y a plus de 170 000 sphères en plastique ! Mais va-t-on les garder pour les années prochaines ? «Eh bien, il faut penser à un plan de renouvellement parce que, de toute manière, elles ne sont pas faites pour durer… Il faudra les remplacer. Donc, il faut voir comment le faire, parce que c’est maintenant un trademark établi sur le plan international. Donc, est-ce qu’on va y ajouter des couleurs, va-t-on changer de teinte de rose ? On verra avec l’artiste [Claude Cormier] quelles seront les options. Le tout, encore une fois, à l’intérieur d’un certain budget assez serré», note M. Brossard. 
 
À présent que cette édition d’Aires Libres est derrière nous, il faut penser à l’automne et à l’hiver, bien oui, malheureusement, c’est ainsi… Et qui dit changement de saison, dit aussi changement d’ambiance… Tout comme l’an passé, la rue Sainte-Catherine sera parée de tubulures rétroéclairées, mais aux couleurs plus vives cette fois-ci et il y en aura plus ! «De 56 tubes l’hiver dernier, on passera à 90 cette année ! On a choisi un artiste plus contemporain et ce qu’il fait est vraiment magnifique…», révèle Denis Brossard qui garde tout de même quelques secrets pour ne pas trop dévoiler le «punch» comme on dit ! 
 
Étape par étape, on installera les tubes en novembre, puis les lumières bleues dans les arbres en décembre. «Les commerçants pourraient bien entendu aider en aménageant leur devanture ou leur vitrine en installant des lumières bleues et en suivant la thématique de cette couleur, cela aurait un plus grand impact avec une certaine unicité dans la présentation visuelle. Cela créerait vraiment tout un effet si tout le monde y mettait un peu du sien ! », de conclure le président du conseil d’administration de la SDC du Village.