Mado est au Boutte

La Dolce Vita

Mado Lamotte
Commentaires
Mado Lamotte

« Bienvenue à bord du vol AC1920 d’Air Canada Rouge à destination de Rome, c’est un grand plaisir de vous accueillir à bord, nous espérons que vous passerez un agréable voyage en notre compagnie… » Wow, quel accueil ! Qui a dit que les nouveaux vols d’Air Canada Rouge était pourris? Bon oui, la bouffe est imman-geable et on est un peu à l’étroit mais c’est pas pire qu’Air Transat ou Air Creebec. Malgré ce qu’en dit ma sœur Nicole, j’avoue que j’ai rarement vu personnel d’avion aussi poli et serviable.

« Vous êtes confortables, encore un peu d’eau, d’autres pretzels, s’il y a quoique ce soit qu’on peut faire pour vous, n’hésitez pas à demander ». Un peu plus et les agents de bord venaient nous masser les pieds à notre siège ! Bon, il faut dire qu’il y avait de « la famille » parmi les agents de bord, tsé le genre qui fréquente mon cabaret. Grâce au beau Marco, j’ai eu le traitement Première Classe en Classe Économique. 
 
Le seul hic, c’est qu’il n’y a pas de vraie première classe sur Rouge ( à part une douzaine de sièges en cuirette un peu plus larges à l’avant ) donc pas de champagne, pas de repas spécial, pas de petite pochette beauté mais quand même, du service de grande classe offert par le petit minou qui a fait tout en son pouvoir pour rendre ce vol de près de 9 heures le plus agréable possible. C’est vraiment très pratique d’avoir des membres de la diaspora gaie sur la majorité des compagnies aériennes. Ça agrémente les vols qui peuvent parfois paraitre longs et pénibles.
 
Alors oui, je suis allée à Rome, mais pas juste à Rome, à Florence aussi et j’ai aussi fait le tour des vignobles de Toscane. Un beau voyage? Non, un merveilleux, un magnifique, un extraordinaire voyage !! Veni, Vidi, Bevi, Mangi ! Je suis venu, j’ai vu, j’ai bu, j’ai mangé. Alléluia comme c’est beaul’Italie. Mamma Mia comme ils bouffent les ita-liens. Ave Maria comme ils sont beaux les p’tits enfants de chœur! Ça c’est mon genre de pays. Tout ce que tu vois est à pleurer de beauté, tout ce que tu bois est délectable à souhait, tout ce que tu manges est à se rouler dans la sauce tomate et tous les mecs que tu croises dans la rue sont à se gârocher la bouche ouverte dans le buffet! Ah la Bella Roma, ville romantique par excellence, ville riche en histoire et en culture, ville pleine de charme, on ne l’appelle pas la ville éternelle pour rien. Et nul besoin de vous dire que les maigres 3 jours que j’y ai passés furent loin d’être suffisants pour admirer toutes les splendeurs du monde antique qu’on y retrouve. Se balader sur un grand boulevard ou flâner dans les vieux quartiers, les merveilles qu’on croise au détour d’une petite rue pavée ne se comptent plus. Voir le Colisée, la Fontaine de Trévi, le Forum Romain, la Place d’Espagne, la Piazza Navona, faire son shopping sur la Via Corso, se perdre dans les étals d’épices au marché des fleurs, visiter un musée, manger de la bonne pizza et boire le meilleur café au monde. Rome c’est tout ça et plus encore. Mais Rome, c’est un peu comme Paris, ce n’est pas grave si on a pas le temps de tout voir et tout faire, c’est le genre de ville où on retourne, où on transite, parce qu’on s’y sent bien comme à la maison. Io tornero. 
 
Deuxième étape de mon périple italien, Florence, une habituée des tops 10 des plus belles villes du monde et avec raison, mais on y va hors de la saison touristique. Imaginez, c’est un dixième de la grandeur de Montréal avec autant de touristes dans une journée qu’on en reçoit dans une année, ça peut vite devenir désagréable. Parlez-en à ma sœur qui exècre les foules et tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un touriste qui te rentre dedans le nez collé sur sa caméra ou qui te bloque le chemin parce qu’il monopolise la moitié de la rue avec sa perche à selfie (les osties de selfie stick j’vas vous les rentrer où je pense! ). 
 
Mais on ne peut que s’extasier devant la somptuosité du Duomo, devant les attributs modestes du David de Michel-Ange, devant la grâce de la Vénus de Botticelli ou en foulant la pierre du célèbre Ponte Vecchio. Pas mêlant, à Florence, y’a plus de sculptures et de chefs-d’œuvre au pouce carré que dans un restaurant de St-Léonard. C’est aussi à Florence que j’ai mangé la meilleure gelato au chocolat de ma vie, chez Vecchi ( une demi-heure d’attente pour un cornet, y’était mieux d’être mémorable ) et c’est ici que j’ai mangé mon premier «bistecca alla fiorentina» une pièce de bœuf italien de 1 kilo qu’on partage à deux. C’est grillé sur charbon de bois et ça se mange avec du citron. Cochon vous dites! Homer Simpson aurait bavé sa vie!
 
Dernière étape et pièce de résistance de ce fabuleux voyage, partir à la conquête des villages et des vignobles de la Toscane. C’est au volant d’une belle Fiat qu’on roulera à travers champs, campagne, hameaux et montagnes sur des routes abruptes et serpentueuses à vous donner le vertige et le tournis. Moi qui déteste les manèges qui tournent et retournent, je peux vous dire que j’ai passé le voyage avec le cœur sur le bord des lèvres. Mais c’est un détail quand on pense à tout ce qu’on a vu et surtout, tout ce qu’on a bu et tout ce qu’on a mangé! 
 
Comme j’étais avec ma sœur Nicole, la grande sommelière de la famille, grâce à ses contacts avec la chambre de commerce des producteurs de vins d’Italie, nous fumes reçues comme des reines partout où on arrêtait et j’ai eu la chance de déguster des perles de grands crus souvent hors de prix et introuvables au Québec. Ah le doux Chianti Classico, ah le sexy Brunello di Montalcino, ah le suave Nobile di Montepulciano, laissez faire la bouteille pis emmenez le tonneau icitte! Vraiment mes chéris, la Toscane c’est le nec plus ultra de l’Italie. 
 europe
J’avais adoré la Sicile mais là je pense que j’ai trouvé mon nirvana. Prendre l’apéro sur la Piazza San Michele au cœur du sympathique village de Lucca, imiter les touristes et prendre une photo le corps à moitié penché devant la tour de Pise, tomber sous le charme de la ravissante Sienne où j’ai mangé le meilleur Tiramisu au monde, déambuler nonchalamment dans les ruelles de la pitto-resque San Gimignano, boire, manger et dormir soulée de bon vin au vignoble de Rocca di Casta-gnoli, luncher avec la famille italienne et manger les meilleurs tagliatelles à la truffe blanche à la Cantina Gattavecchi de Montepulciano et faire la visite de la cave avec le jeune Maurizio, frisé comme un berger et beau comme un chérubin, miam, miam. «Nicole va donc faire un tour aux cuisines, j’ai besoin de discuter en privé avec Maurizio ». Ah le salami italien, c’est si bon, ça se mange sans faim! Vas-y mon chéri, gave-moi comme un oie! 
 
Et ce formidable périple au pays de mes ancêtres s’est terminé en apothéose au Château Banfi près de Montalcino où nous passâmes deux nuits au vignoble dans un chalet de luxe pour 8 personnes, perdues au milieu des champs de vignes, où dans la même soirée on croisera sur la route, un bambi apeuré, un gros crapaud désabusé, un lièvre agité et une laie et ses marcassins pressés de rentrer à la maison. Et est-ce que je vous ai dit qu’on était toutes seules dans cette demeure digne du ranch de Dallas avec du vin à profusion, du champagne et un repas gastronomique offert au restaurant du Château. Pas mêlant, on se serait cru en plein épisode de « Absolutely Fabulous » ! 
 
J’vous jure mes chéris, c’est difficile de revenir à la réalité après une aventure paradisiaque comme celle-là. Et la réalité nous a rattrapées à Rome la veille de notre départ pour Montréal où on retrouvait notre chum de party, la Beaulieu, qui nous attendait impatiemment depuis 3 jours pour nous raconter ses 22 baises rencontrées sur Scruff, Grndr et autres apps à fourrer et pour nous faire découvrir la vraie Rome des romains en nous trimbalant d’un nouveau quartier inconnu à l’autre pour notre plus grand bonheur et notre plus grand émerveillement. La Dolce Vita !  
 

Encore de la bouffe et du vin

La meilleure pizza : c’est à « La Parata Braceria » du charmant village de Bagno Vignoni qu’elle se trouve. Il faut goûter celle au saucisson Finocchiona et au fromage Pecorino, c’est bon en sale ! 
 
Les meilleures pâtes : Difficile de choisir, elles sont bonnes partout. Mais si j’avais à choisir la sauce, je dirais la « sugo ragù alla fiorentina », une simple sauce tomates à la viande de bœuf florentin et de porc haché, mais avec les italiens y’a rien de vraiment simple, on ajoute une bouteille de vin à la sauce et faut pas être pressé, ça mijote pendant presque 4 heures. 
 
Le meilleur vin : C’est au vignoble de Silvio Nardi qu’on l’a bu. Accompagné d’une divine polenta aux légumes grillés, chu déjà toute humide juste d’y penser.
 
La meilleure Grappa : la Grappa ambrée du vignoble Icario est le nectar des Dieux.