5e Salle — du 11 au 28 novembre 2015

José Navas en solitaire dans «Rites»

Denis-Daniel Boullé
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José Navas
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Danser encore et encore, se faire plaisir et faire plaisir au public. Plus question de s'embarquer dans un style, un genre ou encore une démarche intellectuelle, mais mettre à profit des années d'expérience et d'influences. Voilà, ce que propose le chorégraphe José Navas dans les quatre solos qu'il présentera à la Cinquième Salle de la Place des Arts en novembre. José Navas qui préfère aujourd'hui s'abandonner à la danse en laissant ressurgir la mémoire des gestes, des mouvements, et des émotions.

Dans le cadre de Danse Danse, José Navas présente Rites, dans la même veine que Miniatures et Personae, ses deux spectacles précédents. « Je suis parti de compositeurs ou de chanteurs que j'apprécie beaucoup et donc de pièces avec lesquelles j'entretiens une relation particulière », nous confie José Navas en entrevue. « Et de me laisser aller jusqu'à trouver pour moi un accord parfait entre la chorégraphie et la musique et ce que je souhaite exprimer ».Cela donne quatre solos qui ont tous une histoire. Un solo sur Schubert pour lequel il avoue une grande affection. Un lied tiré de Winterreide (Le voyage d'hiver), une oeuvre composée en 1827, un an avant la mort du compositeur sur des poèmes de Whilhem Müller.

« C'est le début d'un travail qui sera présenté, je pense, en 2017 où je danserai sur les 24 lieder du Winterreide avec sur scène un pianiste et un chanteur » ajoute le chorégraphe sensible à la mélancolie de ses poèmes chantés. Un second solo mettra en relief un concerto de Dvorak, fruit d'un projet pour Radio-Canada, puis enfin un extrait du Sacre du printemps d'Igor Sravinsky, dans lequel José Navas livrera sa propre interprétation du rôle de l'élue. Une oeuvre qu'il a créée en 2013 au Concertgebouw de Bruges.

« Tout danseur rêve un jour de danser le Sacre du printemps, et j'ai décidé de me faire plaisir. Surtout dans la notion de sacrifice qu'il y a dans le Sacre où l'on dépasse ses limites au nom de l'art. », continue-t-il. Stravinsky conclura Rites, qui comportera en ouverture Nina Simone.

« Depuis mon enfance au Venezuela, Nina Simone m'a toujours fasciné. Il y avait en elle la force et la fragilité et, bien sûr,  cette voix magnifique, j'ai voulu faire une lettre d'amour à la danse, cet amour inconditionnel de la danse que j'ai, et que j'espère chaque fois transmettre quand je suis sur scène ou que je chorégraphie », raconte-t-il avec émotion.

En plaisantant, nous lui rappelons qu'il avait envisagé après les solos de Miniatures de ne plus danser. Mais la passion est toujours aussi forte chez le chorégraphe. « Bien vite, je me suis rendu compte que la danse était ma vie, là où je pouvais le mieux m'exprimer. Je ne cherche pas à performer à l'aube de la cinquantaine, à pousser mon corps dans des exploits techniques. Non, je ne cherche pas à montrer que je suis encore capable, mais simplement de danser en harmonie avec mon corps et le mouvement, atteindre une plénitude que je souhaite partager avec le public nous explique-t-il. La raison pour laquelle il présentera encore d'autres solos en parallèle de ses créations pour des compagnies, comme cet automne, avec une pièce pour 18 danseurs présentée en Allemagne.

RITES de José Navas / compagnie Flak – Danse Danse, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, du 11 au 28 novembre 2015  www.placedesarts.com

SOIRÉE BÉNÉFICE : Le 18 novembre prochain, une soirée-bénéfice pour Flak, la compagnie du danseur se tiendra au Studio ARTV où seront diffusés des vidéos des chorégraphies de José Navas en 3D. Une soirée à ne pas manquer et dont on trouvera de plus amples informations sur le site de la compagnie flak (www.flak.org)