Décor hivernal du Village

Totalement lumineux

André-Constantin Passiour
Commentaires
Jean Sébastien Denis

L’été, on peut admirer les fameuses Boules Roses de Claude Cormier tout au long du kilomètre entre les rues St-Hubert et Papineau sur Sainte-Catherine… Mais pour l’hiver qu’y a-t-il ? Eh bien pour la 2e année consécutive, la Société de développement commercial du Village (SDC) opte pour un «décor hivernal» qui met en valeur l’œuvre d’un nouvel artiste. L’an dernier, on avait vu s’installer des poteaux rétroéclairés avec le projet lumineux de l’artiste Aleksandra Ma?gorzata Krakowiak (du Studio a & a). On récidive pour la saison 2015-2016, mais avec l’artiste peintre Jean-Sébastien Denis cette fois-ci. Pour appuyer cette installation, des lumières bleutées sur les arbres viendront enjoliver le tout pour donner à l’artère un aspect éblouissant…

«Nous sommes passés de 56 tubes rétroéclairés en 2014 à 90 pour cette année. Le principe est le même que pour Aires Libres, soit de créer une ambiance tout au long du territoire de la SDC. Le tout a été installé au début du mois de novembre», explique Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la SDC du Village. Pour ce qui est des arbres, ceux-ci seront agrémentés de lumières bleues. «Étant donné que les projets vont varier d’année en année, nous avons choisi de ne mettre que des lumières bleues dans les arbres, cela risque de donner un impact plus important. Il fera donc assez clair surtout que l’hiver, il fait sombre très vite. Cette année, le fond des œuvres du nouvel artiste est blanc ou de couleur pâle, cela augmente la luminosité sur la rue et donc le sentiment de sécurité», rajoute M. Brossard.
 
Comme on peut le prévoir, l’artiste Jean-Sébastien Denis fait dans l’abstrait avec cette série d’œuvres intitulée « Amalgame ». Si en effet, le fond est généralement clair, il utilise une palette de couleurs diversifiées allant du rouge au bleu au vert, etc. Il est parti parfois de petites œuvres de 12’’x12’’ pour en arriver à les agrandir pour les tubes lumineux. «[Pour le «décor hivernal»] j’y ai mis les ¾ de ma production entre 2008 et 2015. Ce ne sont pas des œuvres originales produites pour cet événement, mais elles ont toutes été modifiées, transformées au photoshop pour y être adaptées. Elles deviennent donc différentes de ce qu’elles étaient à l’origine. C’est amusant de les voir évoluer», souligne Jean-Sébastien Denis.
 
«La différence fondamentale avec l’an passé, c’est une certaine unité sur la rue. En 2014, il pouvait y avoir des sections plus sombres dépendant des motifs, alors que cette année, ce sera toujours clair grâce à la base plus pâle. Cela crée aussi une certaine unicité», mentionne Denis Brossard.
 
Si vous avez mis les pieds à ce qu’on appelle maintenant communément le «Glen», soit le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), vous avez sûrement vu l’œuvre intitulée «Prisme» ! Eh bien celle-ci a été réalisée par Jean-Sébastien Denis ! Tout comme «Ascension» (en 2012), à l’Université du Québec en Outaouais à Saint-Jérôme… Il y a aussi la pièce «Forêts» qui était au Centre de commerce mondial de Montréal, il y a quelques années… Natif de Sherbrooke, Jean-Sébastien Denis a étudié en arts visuels à l’UQAM où il en est sorti avec un baccalauréat dans les poches, c’était en 1997. À partir de ce moment-là, il n’a cessé de participer à des expositions collectives et de concourir pour des «programmes d’intégration des arts à l’architecture», ce qu’on appelle communément le «1%». 
 
Jean Sébastien DenisC’est donc une première pour Jean-Sébastien Denis que d’être exposé à l’extérieur, au vu et au su de tout le monde ! «C’est très rare pour un artiste d’avoir une telle exposition publique…, indique Jean-Sébastien Denis. Quand j’y pense, cela me gêne un peu qu’autant de gens vont voir mes œuvres en se promenant. Ce qui va faire bizarre, c’est que la plupart des gens ne sauront pas que c’est moi l’artiste, sauf s’ils l’ont lu dans Fugues, bien entendu.»
 
Jean-Sébastien Denis était dans la cohorte sélectionnée l’an passé par la commissaire à l’art public de la SDC, Aseman Sabet. Finalement, Aleksandra Ma?gorzata Krakowiak avait été retenue pour cette première édition de 56 tubes. «Cette année, c’est Bernard Plante [le directeur général de la SDC] qui m’a approché, révèle l’artiste. J’étais très heureux, surtout qu’il y a plus de tubes rétroéclairés cette année. En ce moment, je travaille sur plusieurs concours de «1%» et je ne sais pas si je vais en remporter un. Alors, lorsque j’ai reçu l’appel de la SDC j’étais très emballé évidemment !»
 
Le monde, l’urbanité et le mouvement sont les sujets qui ins-pirent Jean-Sébastien Denis, 45 ans. Lorsqu’il a débuté sa carrière, il se vouait au figuratif pour glisser, peu à peu, vers l’abstrait jusqu’à la coupure définitive en l’an 2000. «Je dési-rais être plus créatif et l’abstrait me donnait plus de liberté. Je n’ai pas de limites ni de contraintes avec l’abstrait. J’aime ce côté très hétérogène des éléments variés qui s’intègrent à l’œuvre pour lui octroyer du mouvement. Ce mélange d’éléments disparates crée beaucoup d’interprétations possibles et c’est ce que j’aime bien. D’une certaine façon, cela reflète la complexité du monde dans lequel nous vivons présentement… J’ai toujours de l’inspiration. Je ne pense pas que j’ai toujours réussi, mais j’essaie, ça c’est sûr…», souligne-t-il.
 
Ainsi, de novembre à la fin mars 2016, les œuvres recomposées de Jean-Sébastien Denis égaieront le Village par soirées froides et sombres…  
 
La SDC du Village tient à remercier l’arrondissement de Ville-Marie pour sa précieuse contribution financière à cette nouvelle installation hivernale.