Au volant

Des salons et des autos

Denis-Daniel Boullé
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 Jeep RENEGADE

On peut se demander quelle est l’utilité de faire des salons de l’auto dans des villes géographiquement aussi proches, et surtout à la même période. Pire, les dates du salon de Detroit chevauchent celles de Montréal en janvier et les dates de Toronto celles de Chicago en février. En plus de cannibaliser les éventuels visiteurs qui ne se rendront qu’à un seul salon, les constructeurs doivent choisir lequel est le plus intéressant pour le dévoilement d’une nouveauté. Et pas besoin de réfléchir trop longtemps pour savoir que Montréal et Toronto ne sont pas les villes privilégiées face aux métropoles américaines. Ne boudons pas notre plaisir pour autant. Le Salon international de l’auto de Montréal (SIAM) reste une jolie vitrine pour acheter et pour rêver.

Au moment de la publication du numéro de Fugues, le salon de Detroit et de Chicago allaient ouvrir leurs portes. Bien entendu, de nombreuses nouveautés sont attendues, dont le renouvellement d'une partie de la gamme de Chevrolet, ou encore le dévoilement de la Fiat Spider 124, un cabriolet établi sur l FIAT?SPIDER?124 2017a base de la Mazda MX-5 de Mazda. Du côté des Allemands, Porsche a présenté le Macan GTS, un compromis entre le modèle de base et le modèle Turbo, et chez Mercedes une familliale pour la classe C. Enfin Lincoln a lancé sa berline intermédiaire. Nous parlerons de tous les nouveaux mo-dèles dans les prochaines éditions de votre magazine préféré. 
 
Jeep Renegade : le jouet tout-terrain
On appréciera ou non sa forme de boîte colorée ou non, mais impossible de le confondre avec un autre VUS sous-compact. C’est un Jeep même si confectionné en Italie par Fiat, actionnaire majoritaire de la marque américaine. Le plus petit de la gamme du constructeur s’avère le plus polyvalent dans sa catégorie, plus agile en terrain accidenté que le Mazda CX3, le Honda HR-V ou encore le Chevrolet Trax. Le constructeur a choisi visiblement une clientèle jeune plus axée vers les sorties en plein air que pour des promenades urbai-nes. Il suffit de regarder la gamme des couleurs proposées pour pouvoir flasher dans les embouteillages. De plus, pour profiter du grand air des vastes contrées traversées, le toit ouvrant peut être complètement dégagé en retirant les deux panneaux coulissants. Sachez que si le modèle de base ne dépasse pas les 20 000 $, celui-ci ne dispose pas de la traction intégrale ni de toutes les commodités qui facilitent la vie à bord. La facture atteint rapidement les 30 000 $ pour le rouage intégral, le toit ouvrant ou encore pour le modèle Trailhawk, avec une garde au sol rehaussée, des roues de 17 pouces, des plaques de protection et de plus grands boucliers de protection pour ne plus avoir peur d’emprunter les chemins de traverse. 
 
Depuis plusieurs années, le constructeur s’est astreint à améliorer la qualité des matériaux utilisés dans l’habitacle et peaufiner l’assemblage. Si les efforts sont notables dans le Renegade, la qualité de la finition reste cependant un cran en-dessous de la concurrence. Sous le capot, deux moteurs au choix : un quatre cylindres de 1,4 litre turbo de 160 chevaux accouplé à une boîte manuelle à 6 vitesses, ou quatre cylindres de 2,4 litres développant 180 chevaux et associé à une boîte automatique à 9 rapports. Ces deux motorisations conviennent parfaitement à ce petit Jeep qui , l’on s’en doute, n’est pas des plus sportifs mais ce n’est pas sa vocation.  
 
 Mercedes C EstateMercedes C 
Complètement remodelé pour 2016 la plus petite berline du constructeur de Stuttgart ressemble à s’y méprendre à la grande berline S en miniature (Maman, j’ai rétréci la Mercedes). Excepté la version sportive AMG, tous les modèles C se déclinent avec la traction intégrale et une boîte automatique à 7 rapports. Pour les adeptes de la transmission manuelle, il faudra se tourner vers un autre modèle ou un autre constructeur. Une attention toute particulière a été portée à la qualité de la présentation, aussi bien dans le choix des matériaux et des coloris que du confort. Finis, les intérieurs à la froideur toute germanique. On ne frôle pas toutefois l’ostentatoire. Cela reste sérieux et solide. Le constructeur a su donner ainsi à toutes ses berlines des allures sportives même si leur comportement est avant tout civilisé.  Pour une équipée un peu plus sauvage, les amateurs de sensations fortes qui en ont les moyens pourront toujours se tourner vers les modèles AMG. S’il est aujourd’hui possible de se procurer une Mercedes à moins de 50 000 $, mais comme toujours avec les constructeurs allemands, les nombreuses options ou encore packages font rapidement grimper le prix. Mais quand on aime, on ne compte pas, c'est bien connu.   
 
Toyota Yaris Berline : une Toyozda ou une Mazto ?
 INFINITI QX 30Difficile d'expliquer le choix de Toyota pour sa nouvelle berline Yaris. Ne cherchez pas de points communs avec la Yaris Hatchback, la berline est en fait une Mazda 2, de 2015, rebadgée par le grand constructeur nippon. Une façon d'économiser sur le cahier des charges qui devait convenir aux deux partenaires. Mazda a d'ailleurs renoncé à importer au Canada, la toute nouvelle Mazda 2 pourtant lancer officiellement au Salon de l'auto de Montréal en janvier dernier. Le constructeur d'Hiroshima préfère se consacrer à l'implantation et la diffusion de ses  VUS, les C3 et C5, et bientôt, le tout nouveau C9. La seule différence véritable empreinte de To-yota se retrouve sur la face avant. L'énorme calandre trapézoïdale signature de plusieurs modèles de la marque mais qui semble disproportionné sur une aussi toute petite voiture. En revanche, la qualité de fabrication et la fiabilité sont au rendez-vous, et beaucoup ne seront pas dépaysés au volant de ce modèle incestueux engendré par les deux concurents nippons. 
 
Changement climatique et voitures vertes
Le Canada, comme beaucoup d'autres pays occidentaux, s'est engagé lors de la conférence de Paris sur le climat en décembre dernier, à ce que tous les véhicules neufs soient zéro émission en... 2050. Tout un défi alors que les véhicules électriques peinent à s'imposer. Un seul pays se distingue, la Norvège, qui a vu la part du marché des véhicules électriques passés de 12.5%  en 2014, à 17% en 2015. Ce pays scandinave est donc le meilleur élève en matière de parc automobile et réduction d'émissions  polluantes. Une des raisons :  les véhicules à motorisation conventionnelle sont fortement taxées alors que ce n'est pas le cas pour ceux à propulsion électrique. Un incitatif qui semble mieux fonctionner que les primes accordées par certains gouvernements aux acheteurs de véhicules neufs électriques.