Inde - entrevue

Le prince indien Manvendra Singh Gohil se confie sur son coming-out

Sébastien Thibert
Commentaires

Dans une vidéo réalisée par l’association Come Out Loud, le prince indien Manvendra Singh Gohil revient sur les raisons qui l’ont poussé à faire son coming-out. Premier membre de la famille royale ouvertement gay, il délivre un message d’espoir dans un pays où l’homosexualité est toujours vue comme un crime.

Manvendra Singh Gohilest considéré comme le premier prince indien affichant ouvertement son homosexualité. Il s’était fait connaître en 2007 dans l’émission « Gay Around the World » présentée par Oprah Winfrey, en faisant son coming-out devant les téléspectateurs du monde entier.

Dans une vidéo réalisée par l’association LGBT Come Out Loud, le prince issu d’une des plus vieilles familles royales indiennes, revient sur son parcours et les obstacles qu’il a du traverser avant d’être accepté.

« Je me sentais mal car je ne pouvais en parler à personne»

« C’est aux alentours de 12 ou 13 ans que j’ai réalisé que je n’étais pas attiré par le sexe opposé mais bien par les personnes du même sexe. Je me sentais mal dans ma peau car je ne pouvais en parler à personne. J’avais très peu d’amis, je me sentais confus, je ne savais pas si c’était un comportement normal ou juste une phase de ma vie.« , raconte le prince âgé de 50 ans.

En 1991, comme le veut la tradition, Manvendra Singh Gohil se marie de son plein gré avec une princesse. Mais l’union n’ayant pas été consommée, le divorce est prononcé un an plus tard et le prince réalise qu’il ne sera jamais attiré par une femme.

Après une longue quête intérieure faite de recherches et de rencontres, le prince finit par annoncer son homosexualité à ses parents. Une honnêteté qui l’amènera à être déshonoré et déshérité publiquement.

Il révèle aussi que de nombreux autres membres de la famille royale cachent encore leur homosexualité ou la vivent clandestinement. En Inde, l’homosexualité est toujours considérée comme un crime

Dès 2000, il sillonne l’Inde pour militer pour les droits LGBT et devient une figure de proue dans l’activisme contre le VIH. Devenu une icône, il lance même un magazine gai en Inde en 2010.

En Inde,  l’homosexualité est toujours un profond facteur de rejet et de stigmatisation : dépénalisée en 2009 puis repénalisée en 2013. Une situation qui ne semble pas entamer les convictions du prince rose (surnommé ainsi quand il était enfant, car il ne voulait porter que des tenues de cette couleur sur les photographies officielles) :

« Nous sommes tous des êtres humains, nous sommes tous égaux et devons être traités de manière égale. Nous désirons tous être aimés. Les droits des homosexuels ne doivent pas être uniquement gagnés devant les tribunaux, ils doivent vivre dans le cœur et dans l’esprit des gens».

 

SOURCE : FOCUS