Mère porteuse - France

Un an de prison avec sursis pour avoir escroqué deux couples homosexuels

L'agence AFP
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Une mère porteuse a été condamnée mardi à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Blois pour avoir escroqué deux couples homosexuels à qui elle n'a jamais remis les enfants "commandés".

Le tribunal a été moins sévère que le parquet, qui avait réclamé lors de l'audience le 26 janvier une peine d'un an de prison, dont trois mois ferme.

Aurore, une jeune femme de Vendôme (Loir-et-Cher) aujourd'hui âgée de 37 ans, qui se présentait sous l'euphémisme de "nounou prénatale", est d'abord venue par altruisme au secours de couples en mal d'enfants.  En 2008, alors qu'elle a déjà quatre enfants, elle avait préféré remettre son cinquième nouveau-né, non voulu, une petite fille, à un couple de Parisiens, sans contrepartie financière.

Forte de cette première expérience, elle avait ensuite accepté de porter pour d'autres un bébé, moyennant une rétributi on de 10.000 à 15.000 euros. Elle promettait cependant un même enfant à deux couples et lors de l'accouchement, elle indiquait à l'un des couples que le bébé était mort-né alors qu'il avait en réalité été remis aux autres parents. Ce scénario s'est répété à deux reprises.

En 2010, la jeune femme répondait ainsi à l'annonce d'un couple homosexuel de Loire-Atlantique et acceptait de porter leur enfant en échange de 15.000 euros. L'accouchement était prévu le 21 mars 2011 à Saint-Nazaire mais elle n'est pas au rendez-vous et envoie un texto au couple en prétendant que l'enfant est mort-né.

En réalité, le nouveau-né, un garçon, est en parfaite santé et a été confié à un autre couple homosexuel résidant au Luxembourg, à qui elle avait aussi promis l'enfant pour une dizaine de milliers d'euros.  En 2012, elle promet encore un bébé à un couple homosexuel pour 15.000 euros et là aussi, après l'accouchement à la polyclinique de La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher), elle assure que l'enfant est décédé, mais le remet à un couple hétérosexuel de Seine-Maritime, qui lui aussi a payé sa prestation.

En 2013, au moment où elle est interpellée, elle était en contact avec trois autres couples et a été mise en examen pour escroquerie et tentative d'escroquerie.  Les quatre couples, jugés pour provocation à l'abandon d'enfant, ont été condamnés à une amende de 2 000 euros avec sursis, conformément aux réquisitions du parquet.

La jeune femme est décrite par les experts comme souffrant de "carences affectives et éducatives majeures", avec "une très faible estime d'elle". "J'aurais préféré être adoptée par des parents qui m'auraient aimée comme j'étais", avait-elle dit en fondant en larmes à l'audience.