Insultes homophobes sur Twitter

Un internaute condamné à trois mois avec sursis

L'agence AFP
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Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis un internaute pour des insultes et des menaces de mort homophobes proférées en 2013 sur Twitter à l'encontre du politicien français Jean-Luc Romero.

Le tribunal qui a suivi les réquisitions du parquet sur la peine a également accordé un euro de dommage et intérêts au titre du préjudice moral à l'élu, conformément à sa demande.

Dans ses réquisitions, le procureur avait estimé que le dossier était «symptomatique de l'acharnement, du défoulement ordurier que l'on peut constater sur les réseaux sociaux» et appelé le tribunal à prononcer «une peine d'avertissement».

«La condamnation peut paraître faible mais c'est un bon signal donné à tous ceux qui croient qu'on peut en toute impunité tenir des propos homophobes et menacer de mort sur Twitter», a réagi Jean-Luc Romero. Mais, pour l'élu qui a repéré plusieurs autres comptes homophobes et diffamatoires à son égard sur Twitter, «l'hébergeur est aussi responsable».

Jean-Luc Roméro affirme avoir signalé ces faits à Twitter sans résultat. «Si cela continue, ma prochaine plainte ne visera pas uniquement l'auteur mais aussi Twitter», a-t-il menacé estimant que l'entreprise américaine ne fait pas, contrairement à son compatriote Facebook, «des efforts pour se réguler». «La justice a fait son boulot, à Twitter maintenant d'éviter qu'on en arrive là», a-t-il lancé.

Dans la foulée de la loi sur le mariage pour tous, Jean-Luc Roméro, conseiller régional, adjoint au XIIe arrondissement de Paris et militant gai, s'était marié en 2013 avec son compagnon sans imaginer le déferlement de haine que son union allait provoquer sur les réseaux sociaux. «Je venais de me marier, c'était inespéré après dix années de combat et le lendemain j'ai reçu un message bouleversant: un drap avec de la merde dessus et le mot 'le mariage est consommé, félicitation aux époux'. Tout cela était d'une très grande violence», avait confié l'élu à l'AFP en marge de l'audience.

«Alors, je me suis dit, il faut porter plainte car si moi, qui suis militant, ça me fait autant mal, qu'est-ce-que cela fera aux plus jeunes ?», avait-il expliqué en rappelant que «30% des gais de moins de 25 ans ont fait une tentative de suicide».