Retour de la piétonisation

Sous la «canopée» des Boules Roses

André-Constantin Passiour
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boules roses 2016

C’est la 11e piétonisation de la rue Sainte-Catherine Est (portion Village) et la 9e sous l’appellation «Aires Libres» qui prendra place du 2 mai jusqu’à la fin septembre – officiellement les terrasses seront accessibles le 5 mai – la rue sera donc fermée à toute circulation automobile pour cette période… En 2016, c’est aussi la 6e édition des «Boules Roses» qui ont été, d’ailleurs, entièrement renouvelées! Oui, oui, les dizaines de milliers de petites sphères sont neuves, toutes fabriquées au Québec à partir de plastique recyclé. On nous promet, également, plus de plantations pour une meilleure ambiance. Bien entendu, plusieurs œuvres artistiques ont été choisies afin d’enjoliver ce parcours piéton d’un kilomètre entre les artères Saint-Hubert et Papineau…

Rappelons que Aires Libres est organisée par la Société de développement commercial (SDC) du Village. C’est elle qui fait installer depuis six ans maintenant les fameuses et renommées internationalement «Boules Roses» ! Celles-ci ont été remplacées. «Ce projet devait durer un an et, finalement, il a été porté sur cinq ans ! Alors on comprendra que les boules étaient fatiguées, décolorées, elles avaient perdu leur éclat des premiers jours après avoir été exposées aux intempéries pendant 5 étés. Il y en aura 145 000 qui couvriront l’espace entre Saint-Hubert et Papineau ! L’an prochain, on espère en rajouter plus pour étendre les boules jusqu’à Berri et ainsi combler l’espace du square Émilie-Gamelin. Donc en tout, il devrait y en avoir environ 200 000 Boules Roses en 2017» explique Claude Cormier, l’architecte paysagiste et concepteur des «Boules Roses».
 
Mais attention, on en a profité pour apporter des changements quant aux couleurs. «L’œil averti va constater une différence, continue M. Cormier. Les couleurs seront plus vives, plus vibrantes. Ce sera moins fuchsia et plus fluo. Le choix des nouvelles teintes de rose a été effectué dans le but de faire une différence par rapport aux couleurs précédentes.»
 
Si les premières «Boules Roses» ont duré cinq ans, est-ce à dire qu’on pense ici à long terme et que cette nouvelle fournée devrait résister autant ? «C’est une canopée au-dessus de la tête, c’est enveloppant, c’est plus convivial de se promener en dessous de ces teintes de rose. Il faut capitaliser sur nos acquis. Les touristes viennent les voir à présent, c’est une belle visibilité pour le Village gai de Montréal ! Notre «mentor spirituel», Frédéric Metz [décédé des suites d’un cancer en 2014], était visionnaire lorsqu’il nous avait dit, à l’époque, que cela créerait une «signature» pour le Village et il n’avait pas tort. On a vu comment ce projet a remporté des prix de design même à l’international et, de plus, cela donne un air de fête à la ville!», estime Claude Cormier.
 
On va aussi verdir Aires Libres version 2016. «Au lieu de mettre des clôtures (barrières Mills) aux coins des rues, comme à l’habitude, on va placer des grands bacs avec des plantations, cela ajoutera une touche encore plus estivale avec des plantes et des fleurs. C’est moins monotone et plus joli que des barrières en métal !», dit Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la SDC.
 
Pendant l’été 2012, les gens avaient été emballés de pouvoir gravir des marches pour avoir la vue au-dessus des boules roses… «L’escalier avait recueilli un grand succès, les visiteurs voulant se faire prendre en photos avec ce paysage-là en toile de fond. Cette année, nous allons donc ramener cet escalier et je n’ai pas de doute qu’il connaisse autant de succès que par le passé surtout que beaucoup de gens possèdent maintenant un téléphone intelligent et que la mode est aux selfies…», continue M. Brossard.
 
Les artistes d’Aires Libres
Comme chaque année maintenant, plusieurs artistes verront leurs œuvres exposées sur la rue Sainte-Catherine. C’est sous le titre «Tout le nécessaire» (en anglais: All the things I need) et avec le thème de l'autarcie que Aseman Sabet, la commissaire à l’art public de la SDC du Village, a fait son choix pour l’édition 2016. Aseman Sabet invite les artistes de la programmation à «réfléchir sur la notion d'autarcie à l'ère contemporaine, autrement dit la possibilité (ou l'impossibilité) de vivre de manière autosuffisante aujourd'hui. Plus largement, l'autarcie renvoie à toute structure ou système autonome, et permet de rejoindre différentes ramifications idéologiques, sociologiques ou politiques priorisant une position indépendante. Les artistes invités à produire une sculpture pour l'édition 2016 pourront ainsi mettre de l'avant leur perspective personnelle quant à cette notion aux consonances multiples. En ce qui concerne les oeuvres en deux dimensions, la commissaire a sélectionné des artistes qui répondent en toute subtilité à certaines interrogations que suscite cette thématique».
 
Aseman Sabet a jeté son dévolu sur six artistes, soit David Armstrong, Mathieu Latulippe et Jonathan Villeneuve pour ce qui est des sculptures et à Dean Byington, Alicja Dobrucka et Josée Pedneault pour les oeuvres en deux dimensions (sur les 10 modules rétroéclairés qui ont fait leur apparition lors de la dernière édition d'Aires Libres).
 
Maintenant, concernant les 6 grands panneaux lumineux coin Wolfe et Sainte-Catherine, il y aura, évidemment, du changement… Jusqu’à récemment, on pouvait voir l’œuvre de Glasgow Studio et de ses créateurs, Brice Salmon et Mélanie Ouellet, intitulée «Une journée à la montagne». Comme d’habitude, on a une nouvelle présentation pour cette édition d’Aires Libres. On a fait ici appel à Michelle Furlong qui a concocté un univers totalement différent pour revêtir les panneaux. «L’œuvre qui en ressort engage le spectateur dans un environnement aquatique au sein duquel les déambulations piétonnières se mêlent aux nageurs et à leurs différents accessoires de jeu», explique Mme Sabet. Mais il ne faut pas en dire plus pour l’instant car on désire créer un effet de surprise…
 
boules roses