Tapette

Un court métrage sur l’homophobie dans le sport

Samuel Larochelle
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Tapette

Alexis, jeune hockeyeur abitibien de 16 ans, est témoin des «blagues» et des insultes de nature homophobes dans les ves-tiaires de son équipe et à l’école. Lui-même homosexuel, mais dans le placard, il sera témoin d’un geste d’intimidation envers Eliot, un ado ouvertement gai avec qui il est secrètement ami. Le sportif sera alors placé devant un dilemme troublant : protéger son ami au risque d’être lui-même rejeté ou conserver son statut d’hétérosexuel présumé en abandonnant son confident.

TapetteTelle est la prémisse du court métrage Tapette, réalisé par Olivier Perrier, un étudiant en cinéma à l’Université Concordia. «J’étais en train d’écrire un roman sur l’homophobie dans le sport et j’ai décidé d’adapter mes idées pour le film, explique-t-il. Je n’ai jamais fait de hockey, mais ayant grandi à Rouyn-Noranda, j’ai été entouré de joueurs de hockey dans ma famille et à l’école. Lorsque j’ai fait mon coming out en troisième secon-daire, j’ai été victime d’intimidation. La plupart du temps, ça venait de joueurs de hockey. J’ai donc eu envie de parler du machisme dans le hockey et à l’école secondaire.» 
 
En plus de montrer l’envers de la médaille de notre sport national, le jeune homme de 21 ans désirait mettre en lumière une autre facette de la communauté lgbt. «Dans mes études en cinéma, j’ai beaucoup analysé les films queer et j’ai remarqué qu’on voyait surtout des personnages plus efféminés et artistiques. C’est correct de les montrer, car ils existent. Mais il manque souvent une représentation de gais plus sportifs ou virils. Si on en voyait plus, peut-être que certains hockeyeurs gais auraient moins peur de sortir du placard.»
 
TapetteBasé à Montréal pour ses études, Perrier n’a eu aucun mal à trouver deux adolescents prêts à jouer des personnages identifiés homosexuels. «Beaucoup de jeunes sont venus en auditions. Je pense que depuis quelques années, les ados gais s’affichent plus qu’avant. Et de toute façon, dans le film, il n’y a pas de geste d’affection entre eux. Elliot et Alexis se prennent seulement par la main.»
 
Pendant trois jours en février, le jeune réalisateur a dirigé pour la première fois un plateau de tournage et une équipe de vingt acteurs et techniciens. Une expérience rendue possible grâce aux équipements, d’une valeur de 70 000 $, prêtés par l’université. Olivier Perrier a également lancé une campagne de sociofinancement sur le site Haricot pour couvrir certaines dépenses. « Chaque journée de tournage coûtait environ 1000$ pour transporter l’équipement et les acteurs, et nourrir tout le monde. Les fonds amassés servent donc à payer ça, certains frais de montage et d’inscription pour les festivals de cinéma. »
 
Le court métrage Tapette sera projeté lors du Festival de cinéma de Concordia, début mai. Olivier Perrier aimerait aussi l’inscrire à d’autres festivals dans la région de Montréal, à celui de l’Abitibi-Témiscamingue et à l’extérieur du Québec. Par la suite, le film sera disponible sur le web.